Le manque de neige causé par le changement climatique a des conséquences tangibles pour les stations des montagnes centrales cet hiver. Plus de la moitié des pistes de ski en France ont été fermées. Cela n’empêche pas le remplissage des stations : selon l’Observatoire National des Stations de Montagne, les lits restent pleins à 70 %. Une légère baisse de quatre points par rapport à la saison précédente.

Ne faudrait-il pas repenser toute l’économie des stations de montagne ? Le manque de neige conduit à une variété d’activités, en particulier pendant la saison estivale moins populaire.

Cependant, la plupart des stations de ski se concentrent presque exclusivement sur le ski alpin. L’avenir de ces stations, qui emploient 18 000 personnes en France, dépend donc de ce sport en voie de disparition.

Les taux d’occupation sont, du moins ils l’étaient à Noël. Il y a de fortes chances que les vacances de février soient également pleines. Le ski, tout simplement, ne peut pas être programmé des semaines à l’avance sur un coup de tête. Et tous les amoureux du ski se disent que ça ira, il neigera. La question à se poser est la suivante : enfouissons-nous la tête dans le sable ou est-il temps de poser la question fâcheuse : les skis sont-ils morts ? Toute l’économie des vacances à la montagne est-elle à repenser ?

Nous savons que les stations cherchent à se diversifier. D’ailleurs, on l’a vu dans le Covid et dans cette période ridicule où on nous permettait d’aller à la montagne mais pas d’utiliser les remontées mécaniques. Dans cette saison-là, certaines personnes sont venues faire autre chose, mais toujours -70% d’affluence au compteur. Vous pouvez toujours faire de la randonnée, de la luge, du VTT, des activités de plein air, de la tartiflette, mais la plupart de nos domaines skiables sont orientés presque exclusivement vers le ski alpin.

Sans enneigement et sachant que l’enneigement artificiel est une hérésie écologique, faut-il se poser une question sur l’avenir de toutes ces stations, et elles sont si nombreuses, totalement dépendantes du ski ? Devons-nous renoncer à une partie de ce que nous faisons ? Peut-on encore tout changer ? Peut-on envisager des vacances au ski avec moins de ski ou pas de ski du tout ? Certes, ce sont des vacances très chères, mais le ski c’est quand même près de 100 000 emplois. D’un point de vue économique, cela pèse lourd dans certaines régions.

S’il y a toujours autre chose à faire en dehors du ski en montagne et en station, si l’on peut proposer des activités alternatives, cela ne suffira pas à résoudre le problème de l’économie qui tourne autour des remontées mécaniques. Cependant, face au réchauffement climatique, les territoires doivent s’adapter et penser à leur manière pour penser autrement l’attractivité de la montagne.

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L’attrait de la montagne repose avant tout sur le ski et la neige

Le modèle économique des stations de montagne repose essentiellement sur le ski alpin, qui résonne dans les esprits comme un déterminant culturel fondamental. Sauf qu’aujourd’hui il neige, mais avec une plus grande variabilité, ce qui oblige à recourir à de la neige artificielle pour sécuriser le début et la fin de la saison. Alexandre Maulin explique que « comme pour beaucoup d’activités humaines, nous essayons de sécuriser toute l’économie, qui repose essentiellement sur le ski, les remontées mécaniques, qui comprend 120 000 emplois directs et 300 000 emplois indirects ».

« Sans neige de culture, aucune station ne peut fonctionner aujourd’hui »

Tout un ensemble économique et social qui dépend essentiellement de la neige. Cela signifie qu’aujourd’hui, poursuit Guillaume Desmurs, « aucune station ne peut fonctionner correctement sans neige de culture ». Même utilisé de manière plus éco-responsable, avec une production vertueuse réalisée quand il fait le plus froid possible, double peine : « il faut trois ressources (eau, froid et électricité) pour faire de la neige de culture pour que ça marche » ont également récemment été soumis à de fortes tensions.

Une diversification des modèles de station loin d’être évidente

Comment attirer vers la montagne, quand on sait que désormais l’enneigement est beaucoup plus variable face aux enjeux du réchauffement climatique ? De nombreuses stations rouvrent depuis longtemps les voies d’accès aux sites naturels, les sentiers de randonnée, développent encore le VTT, les événements festifs, les loisirs culturels, pour cultiver une autre satisfaction et une autre vision de la montagne, malgré le manque de neige. Pourtant, la culture du ski est trop importante pour les vacanciers, explique Alexandre Maulin : « Même s’il y aura toujours des possibilités de s’adapter par d’autres moyens, en jouant aussi à la saison estivale, on ne trouvera pas de produit de développement qui se développera autant que le ski. et ce qui rend moins dépendant du ski Si de plus en plus de stations diversifient leurs activités, gèrent les richesses naturelles et culturelles avec d’autres ressources que le ski depuis plusieurs années. Mais le ski alpin reste la principale activité sur laquelle les stations misent intelligemment, mettant tout en œuvre pour réduire l’impact environnemental. Ce sont les activités directement liées au ski qui permettent de financer toutes les activités annexes et alternatives au domaine skiable.

Guillaume Desmurs, à son tour, l’assure que l’entretien de la station par d’autres moyens que les remontées mécaniques restera très compliqué : « Il ne faut pas oublier que tout repose sur le ski alpin. Le cœur du modèle économique est le ski. Donc aujourd’hui tout ce que vous pouvez imaginer en termes de diversification, même en été, la diversification restera marginale en termes de chiffre d’affaires.

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