Venant d’un expert-comptable qui a un « passé » avec Evoliz, logiciel de gestion et de facturation électronique, cette affirmation n’est pas simple. 20 ans en entreprise m’ont permis de constater que le processus comptable utilise beaucoup de ressources : temps des collaborateurs, experts ou clients, outils divers et variés et contrôle administratif.

Malgré les taxes d’ingéniosité qui ont été déployées, les processus comptables et fiscaux sont encore mal articulés aux processus métiers et administratifs dans les TPE/PME. Entre ces deux « mondes », beaucoup de temps et d’efforts. Les besoins budgétaires d’un État, auxquels chacun aujourd’hui ne cesse de répondre, conduisent à cette réforme de la facturation électronique qui fédère des pans des processus administratifs et fiscaux (TVA).

Quelle place la réforme laisse-t-elle à la comptabilité ? Quel rôle demain pour le premier soutien des entreprises qu’est l’expert-comptable ?

Un ERP pour TPE/PME, comme Evoliz, s’adresse aux entreprises, mais aussi indirectement à ceux qui les accompagnent. A ce titre, notre mission, apporter la meilleure solution d’administration électronique, ne peut se faire sans réfléchir aux implications pour la profession, qui sont aussi les miennes.

En préparation, Evoliz propose désormais plusieurs services de facturation électronique : Factur-x systématisé, facturation électronique « PPF » vers ChorusPro gratuitement et connexion « PDP » avec jefacture.com.

Nous proposons en effet depuis 10 ans à nos clients de traiter leurs flux administratifs (ventes, achats et bancaires) dans un outil ludique, simple et intégré couplé aux outils de production comptable.

Cette réforme, nous l’attendons donc.

Les deux « jambes » de ce dernier ont pour objectif principal de lutter contre la fraude à la TVA (estimée à 15 milliards d’euros) en acheminant un flux de documents commerciaux, des factures, par les services de Bercy avant déduction ou remboursement de la TVA.

A terme, l’administration indique vouloir pré-remplir directement la déclaration de TVA pour les entreprises, comme elle le fait déjà pour les déclarations de revenus des particuliers. Glooper.

Les 2 systèmes de facturation électronique (e-reporting et e-invoicing) comportent des obligations universelles, pour toutes ou presque toutes les entreprises, liées à :

Sans entrer dans le détail des délais propres à chaque flux, nous traduisons pour vous : les fréquences sont telles que sans implication directe de l’entreprise, la tâche est colossale pour le couple entreprise/comptable. A partir de juillet 2024, toute entreprise pourra effectuer une facturation électronique en envoi et en réception. Les obligations sont étalées dans le temps, mais cette date marque la pleine mise en œuvre.

Le standard Factur-X sera un format autorisé pour ces échanges de factures. Il s’agit d’un fichier dit hybride, lisible aussi bien par les humains que par les machines. Il ne peut être généré que par un logiciel.

Dans ces formats de facturation électronique, il n’y a pas de comptabilité, pas le moindre compte comptable à se mettre sous la dent ! Seules les informations administratives, les informations de gestion, servent l’entreprise, son client… Et le gouvernement bien sûr.

Une facture de vente ou d’achat électronique ne permettra donc pas d’assurer une comptabilité correcte. Les applications de comptabilité et de comptabilité anticipée s’en chargeront plus facilement qu’aujourd’hui. Mais ce n’est pas le plus important. Cette facture électronique et les informations de paiement transmises suffisent pour remplir une déclaration de TVA. Chacun d’eux sera en fait un mini avis de TVA.

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On touche ici à un aspect méconnu de cette réforme : la déclaration de TVA ne sera plus établie dans quelques années sur la base des pièces comptables. Sans aucun doute, la place de la comptabilité dans notre fiscalité sera réduite. Il ne disparaîtra pas, bien sûr, mais il perdra son rôle central dans le calcul du premier impôt français.

A titre d’illustration, l’impact de cette réforme est sans commune mesure avec la réforme sociale de la DSN. Le cabinet post-DSN a toujours la maîtrise du bulletin pour le compte de son client et des déclarations sociales qui en découlent. En comparaison, l’entreprise n’a jamais maîtrisé la facture à la source, elle ne maîtrisera bientôt plus complètement la déclaration de TVA, et la « valeur » des lignes comptables va diminuer. Bien sûr, de nombreux clients voudront des chèques, des chèques. Mais nous savons que faire et réviser sont deux choses fondamentalement différentes.

Dans cette perspective, la profession comptable doit s’interroger : la facturation électronique étant un « lien continu » entre l’administration et la fiscalité, comment ne pas se retrouver « décroché » d’un forfait qui avance ensemble ?

Comment faire valoir les services du cabinet dans le cadre de cette nouvelle donne ? Et d’ailleurs à quoi pourrait-elle bien ressembler ?

Rappelons que la facturation électronique existe déjà pour les administrations publiques (ChorusPro). Et laissez-le fonctionner. Cela fonctionne même très bien, inspirons-nous-en :

Il est frappant de voir à quel point les informations transmises (dans les deux sens) à travers cette chaîne de facturation électronique s’apparentent à un flux de validation de facture d’achat ou de vente « partagé » entre clients (en l’occurrence la fonction publique) et fournisseurs. Et c’est probablement la facture électronique généralisée à toutes les entreprises :

Puisque ces processus administratifs sont aussi la principale source de matériel comptable, le cabinet doit et peut en être l’architecte. La comptabilité est un processus en aval, l’entreprise doit désormais contrôler en amont si elle veut écrire son avenir en majuscules. La plupart des TPE/PME sont incapables d’anticiper ces changements. Sauf pour ceux, minoritaires, qui disposent depuis plusieurs années d’un ERP ou d’une plateforme de gestion pour traiter tous ces flux de manière intégrée et simple.

De plus, cette réforme n’est pas critique pour l’avenir des entreprises, elle leur apportera des limites et des gains importants, mais elle ne s’en « détachera » jamais. Pour la profession, c’est différent : soit elle prend les devants et s’affirme avec le client, soit elle risque de redescendre lentement mais sûrement.

Car des solutions logicielles adaptées existent. Vous devez l’attraper. C’est là que se joueront les armoires du futur :

La proximité avec l’entreprise, toute cette expérience et cette confiance accumulée donne une place unique et une longueur d’avance sur la profession par rapport aux éditeurs et réseaux bancaires « disruptifs ». Ce progrès doit être exploité.

Être en charge de la digitalisation des processus permettra aux entreprises de « maîtriser la facture » en maîtrisant une bonne partie de la chaîne administrative-comptable sous-jacente.

Ainsi, tout en laissant filer sans regret la déclaration de TVA, le cabinet s’installera dans le quotidien de son client en tant qu’acteur de sa transformation digitale.

Sur ces bases, les entreprises pourront sereinement évaluer le post-comptable : informations en temps réel, missions d’assistance administrative et gestion de trésorerie, entre autres. Ces avantages ont un tel potentiel que toute entreprise regardant dans cette direction devrait être optimiste.

Julien Chevry Auditeur agréé, ancien associé chez Yzico, spécialiste ERP et directeur commercial chez Evoliz