Le chef d’entreprise Pierre Coppey et l’ancienne syndicaliste Marilyne Poulain demandent à l’Etat, dans une tribune du « Monde », de régulariser la situation des travailleurs illégaux, qui « contribuent à l’activité économique, à la vie sociale de notre pays ».

Publié aujourd’hui à 05:30, mis à jour à 05:30 Temps de lecture 3 min.

Aujourd’hui, les contradictions de notre politique migratoire sont évidentes. Des centaines de milliers de personnes vivent en France sans statut, sans papiers et sans perspective de régularité. Nos systèmes médico-sociaux et éducatifs leur assurent malheureusement une certaine protection : l’aide médicale de l’État, l’hébergement d’urgence et la scolarisation des enfants sont garantis, du moins en principe.

Mais ils n’ont pas le droit de travailler ni de vivre ! Cela rend le travail social des associations chargées de l’hébergement d’urgence indéfendable, contraint les sans-papiers à la clandestinité et les condamne à la désocialisation. Comment peuvent-ils intégrer la peur dans leur estomac des contrôles d’identité et de l’expulsion, tout en récupérant leurs enfants à l’école ou en se rendant au travail ?

Pourtant, ces personnes, avec leurs collègues de travail, contribuent à l’activité économique, à la vie sociale de notre pays. Dans nos restaurants, ils font la vaisselle et la cuisine. Dans nos immeubles, ils nettoient les bureaux et s’occupent des parties communes. Dans nos rues, ils travaillent sur les chantiers et les travaux publics. Dans nos boutiques, ils pétrissent le pain et coupent la viande. Dans nos villes, ils collectent et trient les déchets. Dans nos foyers, ils s’occupent de nos enfants et ils s’occupent de nos aînés. Dans nos supermarchés, ils travaillent à la manutention, au rayonnage et à la sécurité. Dans nos fermes, ils cueillent les fruits et s’occupent des animaux. Dans les grandes entreprises de logistique, ils préparent les commandes et assurent leur livraison. Dans nos industries, ils produisent. Sur tout notre territoire, ils livrent des repas à domicile, posent des voies ferrées et installent la fibre optique.

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Une cohorte précaire et dévalorisée

On les voit, on le sait. Ces personnes ont été en première ligne, durant la pandémie, pour assurer la continuité des activités essentielles à nos vies. On les voit, on le sait. Le président de la République l’a dit lui-même, le 13 avril 2020, lors de la première livraison, qu’ils font partie de ceux « qui reconnaissent notre économie et que notre économie récompense si mal ». Ils sont une cohorte précaire et dévalorisée qui nous empêche d’ignorer la simple morale.

La compréhension de l’histoire et la justice la plus fondamentale est de les reconnaître. Pour vivre ensemble, tout en créant une société, il ne faut pas accepter leur invisibilité sociale, qui en fait trop souvent une absence de débat public.

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