Gérard Köhler présente ses photographies cyanotypes à la Galerie du chemin de Juigné-sur-Sarthe jusqu’au 18 décembre 2022. © Ouest-France

La Galerie du Chemin, de Juigné-sur-Sarthe, expose les clichés de Gérard Köhler jusqu’au 18 décembre 2022. Le photographe amateur travaille le thème de la mémoire. Une exploration esthétique, sensorielle et philosophique associée au cyanotype, une technique d’un autre temps.

« Un bon éclairage change tout. » : Gérard Köhler découvre ses photographies à la Galerie du chemin de Juigné-sur-Sarthe (Sarthe). Son œuvre finement accrochée attire l’œil de l’artiste. « Voici l’escalier qui mène à la maison de ma jeunesse. Je photographie la mémoire, la mémoire. Mes images évoquent des temps passés. Couvert de feuilles d’automne, le passage semble désaffecté depuis longtemps. Sous l’objectif du photographe amateur, il devient le témoin d’une époque révolue. « C’est le retour de sensations d’enfance, de souvenirs fugaces, d’une ancre accrochée à mon passé », sourit le sexagénaire.

Il y a quatre ans, Gérard Köhler, alors médecin à Laval (Mayenne), a exercé son droit à la retraite, ce qui lui a permis de se consacrer à la photographie. Il essaie le numérique, mais cela ne répond pas à sa quête de nostalgie.

L’artiste amateur revient alors à la technologie cinématographique de sa jeunesse et commence les cyanotypes dans la camera obscura, la chambre noire. « Je développe des cyanotypes grand format. Les résultats sont des images monochromes bleues. Couleur cyan, plus précisément », précise l’artiste.

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Technique d’antan pour un projet photographique commémoratif. Logique. © Ouest de la France

Ce choix n’est pas fortuit. Cette teinte facilite la mélancolie du spectateur qui s’évanouit dans les temps passés, réveillant souvenirs et esprits. Le maître de la peinture abstraite, Wassily Kandinsky, a jugé dans son ouvrage On the Spiritual in Art (1911) que « Le bleu développe très profondément l’élément de calme. Glissant vers le noir, il prend le son d’une tristesse inhumaine… A mesure qu’il s’éclaircit, ce qui lui convient moins, le bleu prend un aspect plus indifférent. »

Gérard Köhler pousse sa logique créative jusqu’à utiliser du matériel devenu obsolète : « Nous sommes peu nombreux à utiliser des caméras. Cela me permet de créer un grand format avec une excellente résolution et j’ai tous les paramètres sous contrôle », justifie l’homme en ajustant la mise au point. Comme par magie, dans l’ombre du rideau qui recouvre l’appareil, l’abbaye de Solesmes apparaît inversée.

L’abbaye de Solesmes semble inversée. Il est temps de vérifier les verticales, les horizontales et la mise au point © Ouest-France

Cliquez sur. C’est dans la boite. « Le cadrage, qui évoquera des souvenirs, est le fruit d’une longue réflexion. Et c’est le prélude à un processus tout aussi long d’élaboration de l’image pour créer l’impression recherchée », conclut-il en posant la plaque photosensible.

A la Galerie du Chemin de Juigné-sur-Sarthe, jusqu’au 18 décembre, du vendredi au dimanche, de 15h à 19h.

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