Je ne crois pas en Dieu, je le vis

Textes choisis et présentés par France-Marie Chauvelot, préface du Père Marc Donzé

L’Éditeur Passeur, 384 pp, 9,50 €

« Parfois, le mot mystérieux fait peur, car il évoque parfois des expériences avec Dieu qui sont en dehors de la réalité ordinaire. Mais ce n’est pas ainsi que Zundel le voit. Lui, en revanche, parle d’un mysticisme réaliste », souligne le père Marc Donzé, président de la Fondation Maurice-Zundel, dans la préface de cette anthologie composée de citations tirées de sermons, d’articles, de conférences et de retraites, dont certaines sont inédits. , et organisé en trois parties : « Quel homme ? », « Quel Dieu ? », « Confessions ».

Un chemin de dépouillement

L’exploration de ces pages confirme l’affirmation de l’avant-propos : Maurice Zundel (1897-1975) ne parle pas de Dieu de manière désincarnée. Le prêtre suisse évoque son exploration des chemins de l’intérieur inspirée par la conversion de saint Augustin ainsi que le mariage de saint François d’Assise avec Dame Pauvreté, à une époque où lui-même vivait une période de grand besoin. « C’est alors qu’il se sentit visité dans sa pauvreté par le Dieu pauvre », suggère l’orateur.

C’est à ce chemin du dépouillement que Maurice Zundel invite ses auditeurs et lecteurs qui cherchent Dieu. « Dieu ne se définit pas, Dieu s’expérimente lorsque nous nous éloignons de nous-mêmes », écrit le poète et mystique. Pour « toucher le fond de notre être », il faut « cesser de se regarder », « cesser de se salir », sinon nous manquerons l’accord avec Dieu « souverainement personnel » et « fragile » « que nous avons caché au plus profond de nous-mêmes. nous ». « Dieu fragile est l’élément le plus poignant, le plus écrasant, le plus récent, le plus important de l’évangile. Un Dieu fragile a confié notre conscience. Dieu si fragile et désarmé qu’il ne tient qu’à nous de le protéger de nous-mêmes. »

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« Faire silence de soi »

« Dieu est toujours déjà là, c’est-à-dire que Dieu est toujours donné, donné, donné », insiste Zundel. Et si Dieu nous semble absent, c’est que nous sommes absents à nous-mêmes. Personne, quelle que soit son histoire personnelle, ne peut donc désespérer de faire l’expérience de Dieu.

Mais il faut accepter de se décentrer, de « s’éclaircir » : « Nous pouvons toujours être pour Dieu un espace de lumière et d’amour qui lui permette de s’exprimer, de se révéler et de communiquer. Je n’ai pas besoin de profiter de ma vie, de mon point de vue.(…) Ne perdons pas de temps à nous demander dans quelle mesure nous avons trahi Dieu ou dans quelle mesure nous avons réalisé sa présence en nous. commence aujourd’hui. Pour Zundel, Dieu est déjà présent en nous et il a tellement hâte de nous rencontrer.