Parmi les enjeux du marché immobilier, le crédit est une composante essentielle de l’accès à la propriété. Mais le contexte économique, axé sur l’inflation, change la donne et de plus en plus d’affaires ne passent pas à la hache des banques. Blâmez le taux d’attrition qui bloquera de nombreux projets.

Selon les estimations de la Banque de France, les taux des crédits immobiliers ont atteint en moyenne 1,72 % fin septembre 2022, contre 1,58 % fin août. Cette hausse des taux immobiliers est la conséquence directe du resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui entend lutter contre l’inflation. Cet ajustement n’est pas sans conséquences pour un grand nombre de Français en matière d’emprunt.

Une remontée importante depuis le 1er octobre 2022

Car il intervient directement sur le taux d’intérêt qui définit le taux annuel effectif global (TAB) maximum auquel les banques et autres établissements de crédit peuvent prêter de l’argent en France. Il comprend le taux d’intérêt de base, les frais et les primes d’assurance-prêt. Et lorsque le taux d’intérêt de la banque augmente, l’emprunteur est mathématiquement plus proche de l’usure. Jugée trop faible, l’usure (car il en existe plusieurs selon les catégories de prêts définies par la Banque de France, ndlr) connaît une augmentation significative depuis le 1er octobre 2022. Ils sont passés de 2,60 % à 3,05 %. Hypothèque à taux fixe sur 20 ans, pour une durée plus courte elle passe à 3,03%. Une hausse de 0,45 % en un trimestre, ce qui n’est pas du tout inconnu.

Plus vous êtes âgé, plus il est difficile d’emprunter

Il faut dire que le sujet est important. « Ces taux pénalisent clairement les prêts de plus de 50 ans », souligne Pascal Llopis, mandataire et agent immobilier chez Bompas. « L’assurance de prêt est aujourd’hui la plus problématique. Plus on est âgé, plus il est difficile d’emprunter, car on approche très vite du taux de dépréciation. Et peu importe le niveau de revenu », poursuit le courtier.

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Pour mieux comprendre, le taux d’érosion est utilisé pour éviter le surendettement. Mais selon les courtiers, il pénalise les emprunteurs de plus de 50 ans à cause de l’assurance prêt incluse dans l’offre de prêt (qui représente une grande partie du coût d’un crédit immobilier). « Par exemple, si vous gagnez 4 000 $ par mois, cela veut dire que vous voulez faire un achat de 200 000 $ avec 50 000 $ ou plus. Vous devez donc emprunter 150 000 $. Mais si vous avez plus de 50 ans, il y a un problème : l’assurance-prêt devient beaucoup plus cher », a encore expliqué Pascal Llopis. Et lorsque l’organisme prêteur calcule le coût total du crédit pour ces personnes, le TAEG (taux annuel effectif global que la banque propose pour un prêt) peut parfois être supérieur au taux d’amortissement, et le l’offre de prêt ne peut être légalement accordée. .le demandeur

De nombreuses demandes pourraient encore être refusées dans les mois à venir

Le risque de blocage du marché est pourtant bien réel. Principalement parce qu’après ce coup de pouce en octobre, les taux d’intérêt devraient rester fixes à 3 % alors que les taux immobiliers continueront de monter. C’est en tout cas ce que les notaires ont aussi peur. « Il est vrai que le taux d’attrition deviendra problématique si les taux d’intérêt bancaires remontent. Dans les mois à venir, de nombreux dossiers pourraient encore être refusés, mais surtout, les gens auront peur de présenter les dossiers », a également précisé Me Cristell. Canovas-Gadel, président de la Chambre des notaires des Pyrénées-Orientales.

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