Pendant plus de 6 mois, un jeune Dogue des Canaries a été abusé sexuellement par un couple à Cintray (Eure). Une audience aura lieu au tribunal d’Evreux le jeudi 10 novembre.

Les faits sont d’une rare cruauté. Les gendarmes de Verneuil-d’Avre-et-d’Iton (Eure) ont interrogé un couple qui a abusé sexuellement de leur chien de 3 ans. C’est l’association Stéphane Lamart qui fait la lumière sur les faits.

L’animal aurait été maltraité pendant plusieurs mois à Cintray (Eure) entre 2018 et mi-2019. « Sur des vidéos immondes enregistrées dans un sous-sol, l’homme a brutalement tenté de pénétrer sexuellement le chien. La femme a filmé les scènes et donné les consignes, elle a aussi activement aidé son mari en tenant les pattes de Mya et en demandant au chien de lui lécher le sexe. » de l’homme », révèle notamment l’association de défense des animaux. D’autres faits, très violents, sont également rapportés. « L’animal a été traumatisé », résume Stéphane Lamart, président de l’association du même nom.

Mya, 3 ans, 6 mois abusée à Cintray (27)

© Association Stéphane Lamart

Le 14 juin 2019, un couple a porté plainte à la gendarmerie de Verneuil-d’Avre-et-d’Iton contre un homme qui les a menacés de mort. Après plusieurs auditions, les gendarmes ont découvert que le couple, libertin, réalisait des vidéos pornographiques et zoopornographiques qui étaient envoyées à une personne avec qui la femme avait une liaison. Vingt vidéos de zoophilie ont été trouvées. Lors de son audition, la femme a expliqué qu’elle avait réalisé des vidéos de son mari en train de coucher avec leur chien.

Le ministère public a demandé la confiscation de l’animal au profit de l’association Stéphane Lamart. Le diagnostic du vétérinaire a révélé que Mya était « anormalement maigre, boitait et avait une jambe tordue ». Elle a été récupérée le samedi 15 juin 2019 à l’orphelinat d’Aunay-sur-Odon (Calvados). Elle est maintenant en sécurité avec sa famille d’accueil. « Mya a été suivie par un expert en comportement pour lui redonner confiance dans les gens, explique Stéphane Larmart. Ça a été un long travail, mais elle s’en sort bien aujourd’hui. »

L’association Stéphane Lamart s’est constituée partie civile. Le couple a été convoqué au tribunal d’Evreux le 10 novembre 2022. « Les animaux ne sont pas des objets sexuels mais des êtres sensibles. Le viol peut causer des problèmes de comportement chez les animaux tels que l’auto-isolement, l’agressivité, une peur constante des autres en plus de dommages internes extrêmes et importants », rappelle l’association. Au tribunal, le couple risquait jusqu’à 3 ans de prison et une amende de 45 000 €.

À Lire  Doubs : le juge condamné pour avoir proposé à sa fille de 12 ans dans un site de rencontre libertin

Le fait de révéler ou non une maltraitance grave ou de commettre un acte de cruauté envers un animal de compagnie, de l’apprivoiser ou de le garder en captivité, est passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende.

Au bout du compte, le bilan est décevant : 18 mois de prison avec 2 ans de mise à l’épreuve avec obligation de vigilance pour le couple, et 15 mois de prison avec 2 ans de mise à l’épreuve pour le troisième homme, avec obligation de vigilance. De plus, il est interdit au couple d’interagir avec la tierce personne et vice versa.

Interdiction à vie de détenir un animal pour les trois, confiscation du chien Mya au profit de l’association Stéphane Lamart, qui perçoit près de 11 000 euros de réparation pour préjudice moral et matériel et pour les frais de justice auxquels les prévenus ont été condamnés.

Patrice Grillon, avocat de l’association Stéphane Lamart

« Cette décision est un signal fort de protection des animaux avec une juridiction qui n’a pas pu aller en prison en raison du casier judiciaire vierge des trois individus, mais est suffisamment élevée pour qu’il soit clair que les animaux doivent être respectés. Mya ne sera plus croiser leur chemin et ils ne pourront plus jamais avoir d’animaux avec eux, ce qui est une satisfaction supplémentaire », poursuit l’avocat.

« D’habitude les zoophiles obtiennent juste un sursis. Ce n’est pas assez », se plaint M. Lamart. A l’image de la maltraitance de « Mya », le nombre d’agressions a énormément augmenté ces 5 dernières années, révèle le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.