La première réunion de concertation sur les retraites, mercredi 5 octobre, entre le ministre du Travail Olivier Dussopt et les partenaires sociaux s’est déroulée, selon le ministère, dans une ambiance « apaisée » et « constructive ».

« Il s’agissait de préciser la méthode et le calendrier de la concertation », explique Rue de Grenelle, Olivier Dussopt annonçant « trois cycles » de réunions entre le ministre et chaque organisme : d’abord sur l’emploi des personnes âgées et sur l’usure professionnelle ( à partir du lundi 10 octobre), puis sur l’équité et la justice sociale (à partir du 17 novembre), avant de se concentrer sur l’équilibre du système de retraite (à partir du 28 novembre).

« Un calendrier tendu qui, nous l’espérons, s’apaisera », souligne Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT, qui se réjouit d’avoir entendu une « clarification au sujet de la réforme » : « Il s’agit en fait de consolider et d’accompagner la système, ne finançant pas d’autres domaines. »

« Étudier tout ce qu’il y aura sur la table »

Pour le ministère du Travail, il s’agit « d’étudier tout ce qui sera sur la table et de comparer toutes les propositions ». « A terme, nous aurons des points d’accord mais il est clair que nous ne serons pas d’accord sur tout », reconnaît Yvan Ricordeau.

Alors que le ministre a confirmé l’objectif de faire adopter un projet de loi « d’ici la fin de l’hiver, dont les premières dispositions entreront en vigueur à l’été 2023 », la fâcheuse question de l’abaissement de l’âge légal de la retraite à 65 ans, il y a n’en a pas été question lors de la réunion, soulignent les syndicats, satisfaits de la volonté du gouvernement d’avancer d’abord sur les questions de fond.

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« Partir de la petite pointe du télescope de 65 ans ne résout rien des vrais problèmes des allocataires sociaux, souligne Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’UNSA. J’ai ressenti une réelle envie d’avancer. »

Le recul de l’âge de départ n’a pas été abordé

Cela ne veut pas dire que la question ne se posera plus, notamment en ce qui concerne l’équilibre financier du système.

« Mais je crois que si, par exemple sur l’emploi des seniors, on peut trouver des solutions qui génèrent des marges financières suffisantes, peut-être qu’il ne faudra pas changer l’âge de départ », veut croire Dominique Corona. Ce dernier se réfère à l’étude de la chaire « Transitions démographiques, transitions économiques » publiée au printemps dernier, selon laquelle « dix points d’emploi de plus pour les seniors, c’est 50 milliards d’euros de revenus en plus ».

Pour autant, la mesure de l’âge reste une ligne rouge pour les syndicats, comme le rappelle Michel Beaugas de Force ouvrière : « Si le gouvernement persistait dans ce sens, FO, comme les autres organisations, inviterait les salariés à se mobiliser. »