« Ici s’arrête le monde connu », de la réalisatrice guadeloupéenne Anne-Sophie Nanki, a remporté le prix du meilleur court métrage au Festival du film panafricain de Cannes. Le film propose de porter un autre regard sur les débuts de la présence européenne aux Antilles.

Jeanne Pérou-Gelly

Publié le 6 novembre 2022 à 17h27,

mis à jour le 6 novembre 2022 à 17h38

Guadeloupe, 1645. Ibátali, un jeune Kalinago des indiens d’Amérique fuit l’immigré qui l’a fécondé. Alors qu’elle s’apprête à accoucher dans la forêt, elle rencontre Olaudah, une esclave marron, qui s’est également échappée.

‘Ici finit le monde connu’, le premier film de la réalisatrice guadeloupéenne Anne-Sophie Nanki, est une caméra ouverte qui suit ces deux réfugiés au début du colonialisme français. Le film a récemment remporté le prix du meilleur court métrage de fiction au Festival du film panafricain de Cannes. Il sera diffusé sur France 2 l’année prochaine.

Anne-Sophie Nanki réalise déjà des films, mais pour son premier court-métrage, elle a voulu travailler sur une « histoire importante ». « C’était important pour moi de traiter cette question pour mon premier film en tant que réalisatrice », explique la jeune femme née en Guadeloupe, mais qui a quitté l’île enfant pour vivre à Paris.

Les salaires augmentent. Outre le prix au Festival du film panafricain de Cannes, le film a également été nominé au Festival CinéMartinique, au Festival international du film Cinéstar et à la sixième édition de La Toile des Palmistes. Pour le réalisateur, ces récompenses prouvent que « c’est une histoire qu’on n’a jamais vue au cinéma ». Il s’étonne : « Pour moi, les marrons et les Indiens d’Amérique sont l’Adam et l’Eve de tous les peuples des Caraïbes. »

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La relation entre eux n’est pas facile car ils viennent de l’enfer colonial des plantations, ils se voient donc tous les deux à travers un prisme colonial déformé. Il ne le voit que comme un monstre noir qu’il peut utiliser à des fins personnelles, et il ne voit qu’un traître, un traître, qui le vendra à la première occasion. Traverser l’île, c’est aussi pour l’un comme pour l’autre une envie de retrouver leur individualité.

Anne-Sophie Nanki, réalisatrice