Il veut former les habitants en « première ligne ». Le chef du groupe paramilitaire russe Wagner, Evgueni Prigojine, a réaffirmé vendredi que son organisation entraînera des miliciens et construira des forteresses dans deux régions de Russie frontalières avec l’Ukraine, celles de Koursk et de Belgorod.

« La société militaire privée Wagner aide et aidera la population des territoires frontaliers à recevoir une formation, à construire des installations, à préparer les gens et à organiser des milices », a déclaré Yevgeny Prigozhin, cité par le service de presse de sa société Concord. Il avait déjà annoncé la semaine dernière la création de ces centres, soulignant qu’un habitant de ces régions, « qui connaît les lieux mieux que personne » pourra « porter le premier coup s’il le faut ».

« Un grand nombre de locaux sont déjà prêts. Nous devons être pleinement préparés à protéger notre terre, et personne ne devrait en donner la permission à qui que ce soit. Il est accordé à tous les Russes », a-t-il déclaré. « Celui qui veut la paix se prépare à la guerre. Vous devez toujours être prêt à défendre votre terre », a-t-il ajouté.

Un groupe actif depuis huit ans

Depuis 2014, des mercenaires du groupe Wagner sont accusés de servir les intérêts du régime de Vladimir Poutine dans de nombreuses zones de conflit, allant de la Syrie à l’Ukraine, en passant par l’Afrique et l’Amérique du Sud. Ces derniers mois, le groupe a été actif sur le front ukrainien, pour soutenir l’armée russe. Il est accusé d’avoir fait le tour des prisons russes pour recruter des détenus pour combattre en Ukraine, en échange d’une réduction de peine.

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Evgueni Prigojine, 61 ans, a reconnu en septembre avoir fondé cette organisation de milice après des années de déni. Cette semaine, il s’est également vanté d’avoir mené des opérations d’influence électorale aux États-Unis.

Il est désormais pleinement opérationnel en Russie à visage découvert, signe d’une certaine montée en puissance depuis l’offensive du Kremlin en Ukraine et le début de la mobilisation militaire dans le pays après les défaites de l’armée russe au front. En octobre, il inaugure en grande pompe, dans un bâtiment vitré de Saint-Pétersbourg, le siège de la « compagnie militaire privée Wagner ».