Accès à l’eau potable, cherté de la vie et chômage des jeunes : un an après la crise sociale qui a secoué la Guadeloupe, les mêmes problèmes qui ont provoqué des semaines de troubles demeurent, malgré les tentatives d’action des pouvoirs publics.

« Je ne sais pas pour les autres, mais je n’ai pas remarqué de changement chez ceux dont je m’occupe, les jeunes de Carénage », soupire l’éducatrice de ce quartier délaissé de Pointe-à-Pitre, qui souhaite rester anonyme. .

En mars 2022, l’ancien ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a présenté un « Plan d’action interministériel pour la jeunesse ». Il prévoyait entre autres des fonds importants pour l’éducation et le renforcement des aides à l’insertion des jeunes dans le milieu professionnel.

« Il n’existe pas encore de guichet unique pour les jeunes politiques », note Nicolas Joachim-Eugène du réseau Media Young, qui rassemble des jeunes de tous horizons sur diverses questions. « C’est long, mais il y a une dynamique qui existe et tout le monde lui fait confiance », souligne-t-il.

Du côté des pouvoirs publics, le président du conseil départemental Guy Losbar rappelle que les élus locaux pour la réponse à la crise de 2021 se sont réunis pour « élaborer une plateforme de recommandations ».

« Parmi elles, un certain nombre de mesures ont déjà commencé à être mises en place », ajoute-t-il, et estime qu’elles sont « nécessaires à la co-construction des politiques publiques » avec l’Etat et les collectivités.

Début novembre, l’Etat, le ministère, la région et le syndicat paritaire chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement en Guadeloupe ont signé un plan commun sur le sujet, suscitant la colère de l’opposition et les moqueries des syndicats. Ces derniers critiquent le contrôle de l’État sur le système alors que les dirigeants locaux exigent plus de pouvoir.

– Les soignants toujours suspendus –

« On voit que nos élus sont contents de voir que le pays a alloué quelques millions à ce dossier, mais on sait qu’il faut plusieurs milliards pour réparer les canalisations et les usines », a déclaré le patron de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe. (UGTG) a récemment commenté ). ) Maïté Hubert M’Toumo lors de la manifestation de soutien aux soignants suspendus, pour qui la situation n’a pas changé.

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Parmi les personnels hospitaliers, 2% sont toujours suspendus pour avoir refusé de se faire vacciner contre le covid-19 et ont rejeté toutes les propositions du gouvernement pour sortir de la crise, selon l’ARS.

Du point de vue du coût de la vie, et malgré le « bouclier qualité prix » mis en place depuis 2012 pour limiter les prix des biens de consommation, ces derniers ont continué à augmenter. Moins vite qu’en France métropolitaine, tant pour les biens que pour les services, note l’Insee, qui note une hausse locale de 3,5 % sur 14 mois.

Un an après, « rien n’a vraiment changé », constate Olivier Nicolas, chef de file des socialistes guadeloupéens, opposés à la direction locale. Selon lui, il y a un « sentiment d’impuissance publique » croissant parmi les habitants en raison du manque de réponses aux « questions économiques, sociales ou climatiques ». « La Guadeloupe est un pays volcanique. Une accalmie entre deux éruptions ne signifie jamais que le volcan s’est miraculeusement éteint », ajoute-t-il.

Les émeutes de 2021 ont déclenché « 93 enquêtes », dont « 14 pour tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique », a déclaré à l’AFP le procureur de la ville de Pointe-à-Pitre, Patrick Desjardins. 73 condamnations ont été prononcées, « allant du travail d’intérêt général à la réclusion criminelle avec mandat d’arrêt », a également précisé le parquet.

Le dossier le plus important reste celui des soi-disant « grands frères », pour lequel le tribunal interrégional spécialisé de Fort-de-France a été saisi : en janvier, le parquet de Pointe-à-Pitre a révélé la composante organisationnelle précise des émeutes, qui figuraient des chefs de gang qui doutaient de leurs liens avec le syndicat, ainsi que des politiciens locaux.