« Le risque d’une panne cet hiver semble s’amenuiser », a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement Olivier Véran à propos de possibles pannes. Mais elle n’a peut-être pas eu les yeux sur la Guadeloupe : engluée dans un conflit social depuis plusieurs semaines, EDF Production électrique insulaire a entamé vendredi des coupures temporaires, privant « 35.000 clients » d’électricité sur l’île.

Le délestage électrique consiste à couper temporairement l’électricité d’une partie du réseau pour éviter la saturation due à une demande excédentaire. Le fournisseur a indiqué qu’il prévoyait « un téléchargement tournant d’une à deux heures avec un pic de consommation » vendredi soir.

Des coupures se produisent déjà régulièrement aux heures de pointe en raison, notamment, d’un mouvement d’ouvriers à la centrale thermique au diesel de Jarry (capacité de 211 MW) qui a été mise en service le 19 décembre. C’est la plus grande installation de production d’électricité de l’île, fortement dépendante des combustibles fossiles.

Un dialogue interrompu le 3 janvier

La branche énergie de la CGT Guadeloupe (CGTG) dénonce « de graves manquements des employeurs vis-à-vis du Code du travail », a expliqué son secrétaire général, Jimmy Télémaque. Ce dernier indique avoir « saisi l’inspection du travail pour venir constater ces manquements » et affirme que la direction « n’a accepté de discuter qu’une fois les moteurs de la centrale diesel arrêtés ».

Plusieurs rounds de négociations ont déjà eu lieu, mais le dialogue a été brusquement rompu le 3 janvier par la direction, qui a déclaré que les discussions ne reprendraient qu’au redémarrage de l’usine.

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Le blocus « fait désormais référence à des demandes d’augmentation de salaire alors que le 14 décembre dernier l’entreprise vient de signer un accord salarial ambitieux avec ses syndicats représentatifs », a-t-il ajouté. Cet accord prévoit une augmentation de « plus de 10% de la masse salariale d’ici 2023 », selon la même source.

Grève reconduite jusqu’au 27 janvier

Cependant, la CGTG a annoncé dans une lettre son intention de prolonger la grève jusqu’au 27 janvier, accusant la direction d’un comportement « irrévérencieux ».

Vendredi soir, le ministre délégué aux Outre-mer, Jean-François Carenco, a demandé aux parties de renouer un « dialogue social de qualité », alors que la menace de coupures à répétition affecte le quotidien des habitants de l’île. La FE-CGTG a toutefois indiqué que « des accords ont été passés avec les grévistes pour renforcer le réseau électrique de Guadalupe afin de limiter le rejet ».