Installé à Saint-Pierre-de-Bat, Jean-Paul Lacaze a pu acheter la maison qu’il habite depuis plus de quatre ans. Cependant, comme l’homme perçoit l’allocation adulte handicapé, l’homme n’est pas pris en charge par les banques susceptibles de l’aider à concrétiser son projet. Il est possible d’apporter un soutien par le biais d’une taxe de solidarité

Cet article a été initialement publié le 19 novembre 2022 ;

Jean-Paul Lacaze a longuement hésité avant de franchir le pas. Il a sondé son entourage pour voir si sa démarche serait mal perçue. Puis il a commencé, en quelques lignes. « Ma pierre à l’édifice », est le titre du court texte accompagnant son kit solidaire déposé au site Leetchi.

« La maison, que j’occupe en tant que locataire depuis quatre ans et demi, est à vendre, écrit-il. (…) Pendant quatre mois, je suis le seul acheteur possible. Bien sûr dans ma situation, avec mon âge et mes revenus, je ne pourrais pas tout financer avec un prêt bancaire. Mais le prix est tellement attractif que je n’ai pas pu résister à me positionner ».

L’appel est lancé, l’objectif est fixé à 15 000 euros. « Aujourd’hui on voit des jackpots pour un oui ou un non, parfois pour des choses anodines, et je ne voudrais pas que ça soit perçu comme ça. Mais là je me dis que cette contribution va me rendre un peu plus crédible avec mon projet avec les berges », commente-t-il. Ce projet en est un pour la vie. Depuis plus de quatre ans, Jean-Paul Lacaze est locataire d’une maison située à Saint-Pierre-de-Bat dans le sud de la Gironde. C’est ici, dans cette commune de 300 habitants, qu’il s’est installé dans un T2 de 54 mètres carrés. « Pour une personne seule et avec autant d’extérieurs, c’est le top ». Les vignes (bio) sont juste devant la porte, le terrain est grand , et la maison fait partie d’un grand complexe avec un sous-sol.

Et c’est cet ensemble, soit 300 mètres carrés, que son propriétaire a mis en vente. Le prix est fixé à 70 000 euros net vendeur. Un cadeau pour Jean-Paul, qui s’imagine déjà vieillir dans cette maison de plain-pied, aménager les lieux et même avoir un petit revenu locatif pour améliorer l’âge minimum qui l’attend à la retraite.

Le financement reste à trouver. Jean-Paul AAH allocataire séropositif et une préretraite. Au total, ses revenus s’élèvent à 1 400 euros par mois. Et les premiers accords avec les courtiers ne sont pas très encourageants. C’est au niveau de l’assurance que le bât blesse. Jean-Paul peut rembourser 400 euros par mois, soit le montant de son loyer actuel. Cependant, après avoir rempli le questionnaire médical, le prix de l’assurance augmente et les mensualités atteignent 700 euros par mois.

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J’ai l’espérance de vie de quelqu’un. Mais tout de suite, compte tenu de ma situation, les avertissements s’allument comme si j’étais une personne à risque.

à l’éditeur web de France 3 Aquitaine

En invalidité, Jean-Paul Lacaze doit faire face aux réticences des banques, réticentes à lui prêter de l’argent

© JPL

D’où le chaton, relayé via Twitter. Sur ce réseau social, Jean-Paul Lacaze, qui compte plus de 7 300 abonnés, a raconté son histoire, appuyé des images et décrit en détail le travail qu’il fait et la manière dont il se projette si son projet aboutit. . « J’imagine déjà avoir la sécurité en matière de logement, sans craindre d’être licencié du jour au lendemain. Pouvoir utiliser le vignoble pour bricoler et en faire profiter d’autres : bricoleurs, musiciens, sculpteurs… ». A ce jour, le montant du chaton a atteint 4 000 euros.

Comme Jean-Paul, de plus en plus d’acquéreurs potentiels doivent faire face aux réticences des banques. Avec la hausse des taux d’intérêt, il devient de plus en plus difficile d’obtenir du crédit. Et la situation se complique encore lorsque vous avez dépassé un certain âge ou lorsque vous rencontrez des problèmes de santé. Et comme Jean-Paul, c’est généralement au niveau de l’assurance emprunteur, presque systématiquement, que le dossier se bloque.

« Parfois, la compagnie d’assurance refuse de couvrir l’emprunteur dans des conditions standards car il juge son profil trop risqué », analyse Mathieu Robin, responsable adjoint des études à l’UFC-Que Choisir. Sinon, on sera d’accord pour assurer, mais en fait, le taux qui lui est proposé est tellement élevé qu’il conduit à dépasser le seuil d’usure, c’est-à-dire le taux maximum que les banques ont le droit de prêter au consommateur.

Des écueils qui ne justifient pas d’abandonner. Il existe des solutions alternatives, rappelle le spécialiste, qui conseille surtout de faire jouer la concurrence pour éviter les offres standardisées. Mieux vaut donc se rapprocher d’un courtier d’assurances, différent d’un courtier en crédit immobilier, qui sera plus spécialisé dans les personnes âgées ou de santé plus fragile. Et qui peut orienter l’emprunteur vers des compagnies d’assurances plus au fait de ces conditions particulières.

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