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21 / 10 / 22

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Pourquoi ma prime d’assurance augmente ?

Matthieu

Si l’inflation pénalise le pouvoir d’achat des Français, le changement climatique coûtera aussi cher aux assurés en 2023. Les premières estimations* tablent en effet sur une hausse de 3 à 5 % des tarifs de l’assurance automobile et jusqu’à 8 % pour l’assurance habitation. Face aux futures hausses tarifaires, l’exécutif a demandé aux assureurs de faire un « effort sur les primes d’assurance journalières »: un cap difficile à entreprendre compte tenu de la fréquence et de l’intensité des sinistres enregistrés depuis le début de l’année.

* Faits sur le Cabinet & Chiffres, projections publiés le 14 septembre 2022

Les tarifs d’assurance auto devraient augmenter de 3 à 5%

Paquet anti-inflation pour lutter contre les hausses des taux d’assurance

Analyse des raisons qui ont conduit à la hausse des prix des assurances auto, habitation et santé en 2023…

L’assurance repose sur le principe de la mutualisation des risques : les assurés partagent des risques de même nature, mais dont la probabilité de se produire au même moment et au même endroit est différente. S’ils se produisaient en même temps pour toutes les personnes du groupe, l’assureur ne serait alors pas en mesure de les indemniser.

Afin de garantir aux assurés qu’ils recevront toujours une indemnisation contractuelle en cas de sinistre, la loi impose aux assureurs de disposer d’un capital suffisant pour couvrir ces risques. La compagnie d’assurance doit donc toujours disposer d’un capital de solvabilité minimum : si ses actifs sont inférieurs à ce montant, son agrément lui est retiré.

« Si la fréquence des sinistres et le coût des indemnisations augmentent, l’assureur doit reporter cette augmentation sur les cotisations de ses adhérents car il ne doit pas être en déficit », explique Julien Fillaud, PDG d’Hyperinsur.

Mardi 20 septembre, Bruno Le Maire a convoqué les responsables des assurances et mutuelles à une réunion de travail dans le but d’enrayer la hausse des tarifs d’assurance à venir.

Les primes d’assurance auto devraient en effet augmenter de 3 à 5 %, mais plusieurs ententes ont été conclues pour limiter la flambée des prix. Parmi les mesures phares de ce « paquet anti-inflation » : la délivrance d’un chèque auto de 100 € aux chômeurs de moins de 25 ans, l’utilisation de pièces de réemploi lors des réparations ou encore la suppression de la vignette verte en 2023.

Assurance habitation : les sinistres climatiques ont coûté cette année 5,2 milliards d’euros  

Cependant, ces mesures sont palliatives et l’ajustement des primes d’assurance automobile semble inévitable à long terme.

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Premièrement, la flotte de véhicules compte aujourd’hui davantage de SUV (42 % des ventes), d’hybrides et de véhicules électriques à forte valeur d’achat. En cas d’accident, les réparations sur ce type de voiture coûtent également plus cher en raison de la multiplication des technologies embarquées, mais aussi en raison de la hausse des prix des matières premières liée à l’inflation. L’indemnité est donc plus élevée pour l’assureur.

Deuxièmement, les huit premiers mois de cette année ont été marqués par les dommages climatiques : la grêle et les tempêtes ont causé d’importants dommages aux véhicules pour lesquels l’assureur devra verser une indemnisation monétaire.

« Les assureurs sont tenus de disposer de fonds propres suffisants pour assumer des variations importantes », commente Julien Fillaud. « Les assureurs sont aujourd’hui dans une situation compliquée et n’ont d’autre choix que d’augmenter leurs tarifs. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’assurance auto ne donne qu’une marge de 1,2 %.

Les taxes représentent 28 % de la prime d’assurance : un levier concret pour l’action de baisse du prix de l’assurance automobile et de préservation du pouvoir d’achat des Français.

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1,2 million de sinistres en assurance habitation déclarés entre janvier et août. 5,2 milliards d’euros de dommages et intérêts. Ces huit premiers mois ont déjà coûté 1,5 fois plus que la redevance totale généralement constatée sur l’ensemble de l’année (3,5 milliards d’euros). Inondations, tempêtes et sécheresses à répétition, d’une ampleur sans précédent, grèvent les comptes des assureurs.

« En MRH, le coefficient* combiné était de 98,1% en 2020 et de 99,8% en 2021, ce qui veut dire que la marge réalisée était de 0,2% », ajoute le directeur d’Hyperassur « qui est bien en deçà des autres secteurs de l’assurance ».

*rapport entre les décaissements et les recettes : un ratio combiné supérieur à 100 % indique que les dépenses sont supérieures aux recettes.

Faire jouer la concurrence pour contenir la hausse des tarifs d’assurance

Il est facile d’imaginer les problèmes que le réchauffement climatique et les catastrophes naturelles présentent aux assureurs avec des sinistres de plus en plus intenses, fréquents et répandus à travers le pays. Les primes d’assurance habitation pourraient ainsi augmenter de 3 à 5 %, parfois jusqu’à 8 % selon les profils.

L’inflation et la hausse des coûts des matières premières en cas de réparation contribuent également à l’augmentation des factures des assureurs.

Malheureusement, l’assurance maladie n’est pas une exception dans le paysage assurantiel : le cabinet envisage en effet d’augmenter les primes des mutuelles entre 3 et 5% pour l’année prochaine.