Quand on est enceinte, on reste une femme, avec ses envies, sa libido… Heureusement, ces 9 mois ne sont pas des mois d’abstinence ! Pour une femme enceinte, comme pour le couple, il est même indispensable de vivre sa sexualité sans tabous, sans gêne et sans peurs. Or, on sait que pendant la grossesse, la libido fait le yoyo. Parfois très bas, parfois, aussi, très haut… Mais encore une fois, il n’y a pas de « normes » : à chacun de vivre cette période comme il l’entend !

Le plaisir féminin, malheureusement souvent plus tabou

Le plaisir féminin, malheureusement souvent plus tabou

Certaines civilisations prônaient le libertinage chez les femmes enceintes, le sperme étant censé nourrir le fœtus. Cependant, encore aujourd’hui, et dans la majorité des cultures, la sexualité pendant la grossesse reste souvent un tabou. Ou pour être plus précis, la sexualité féminine ! Pour un homme, on est généralement d’accord que rien ne change : qu’il garde des désirs quand sa compagne attend un enfant, on l’accepte très bien. Mais qu’une femme, qui va devenir mère, exprime ses propres désirs sexuels est beaucoup moins valorisée.

Évidemment, une grossesse épanouie prédispose à accueillir chaleureusement le futur bébé et l’entente sexuelle contribue grandement à l’harmonie d’un couple. Mais, même si les mentalités évoluent, les préjugés persistent, avec leur lot d’idées reçues sur la sexualité pendant la grossesse, qui peuvent faire des ravages au sein d’un couple, déjà dans une période quelque peu déstabilisante.

En effet, le désir d’une femme enceinte suit rarement un cours régulier. Pas question de généraliser, mais il y a cependant quelques constantes, liées à l’évolution du corps et de sa physiologie, tout au long de ces 9 mois. Écoutez-vous, autant que possible, pendant cette période et n’ignorez pas votre libido lorsqu’elle se manifeste.

Positions sexuelles : comment faire l’amour enceinte ?

Positions sexuelles : comment faire l’amour quand on est enceinte ?

Dans la grande majorité des situations, il n’y a pas de contre-indication à pratiquer une position sexuelle particulière. En revanche, inutile de se faire mal : les positions sexuelles à éviter sont donc tout simplement celles qui seront gênantes, désagréables, voire douloureuses. Et s’il s’avère que la position du fœtus ou toute observation médicale rend impossible la pratique d’une position sexuelle, votre sage-femme ou votre gynécologue n’hésitera pas à vous le faire savoir. De votre côté, posez-leur aussi toutes les questions que vous voulez : aucune n’est bête, inutile ou inappropriée !

Premier trimestre de grossesse : peut-on faire l’amour quand on apprend qu’on est enceinte ?

Premier trimestre de grossesse : peut-on faire l’amour quand on apprend qu’on est enceinte ?

Il y a d’abord l’euphorie de la bonne nouvelle : l’heureux événement tant attendu arrive ! Une grosse bouffée d’amour gonfle les cœurs et incite les corps à se retrouver… Pourtant, apprendre que l’on est enceinte, cela soulève bien des questions ! Cela peut bouleverser de nombreuses femmes, notamment dans leur sexualité.

Un fossé peut se développer au sein du couple. Certaines femmes enceintes se projettent comme mères dès la conception, tandis que certains hommes ou coparents ne se sentent pas ainsi jusqu’à la naissance de leur enfant. Pas toujours facile, donc, d’être sur la même longueur d’onde, que ce soit au quotidien ou au lit. La future maman peut aussi être inquiète pour son futur bébé. Dans ce cas, elle ressentira potentiellement le besoin de « s’extraire » de son couple. Elle met alors une certaine distance entre elle et son compagnon ou partenaire, et devient moins exigeante et moins réceptive aux caresses.

Une peur en particulier peut retenir de nombreuses femmes enceintes : le bébé va-t-il « tenir le coup » ? Il est alors possible de craindre qu’avoir des relations sexuelles ne provoque une fausse couche. Complètement faux : faire l’amour ne présente aucun danger pour le bébé !

Les divers désagréments physiques n’arrangent pas les choses. Fatigue, somnolence, éventuellement nausées et vomissements, seins lourds et douloureux… Cela n’incite pas à faire des câlins, plus ou moins énergiquement !

Que ressent le fœtus quand on fait l’amour ?

Que ressent le foetus quand on fait l’amour ?

L’autre futur parent est souvent tout aussi déstabilisé par les bouleversements du premier trimestre. Il ne sait pas comment réagir face à ce comportement différent de son compagnon, changements dont on parle souvent peu dans l’espace public.

Et une question fréquente inquiète le couple (plus l’homme, en moyenne) : le fœtus ressent-il quelque chose ? Peut-on lui faire du mal ? Bien sûr, il est impossible de le toucher, de lui causer la moindre douleur… Et il ne nous voit pas non plus ! Encore une fois, rappelons qu’il ne faut pas hésiter à poser toutes nos questions aux soignants qui nous entourent et qu’ils pourront nous prévenir si une pathologie pendant la grossesse entraîne des contre-indications aux rapports sexuels.

Si tout va bien, mais que la fréquence des rapports diminue, il n’y a aucune raison pour que le plaisir ne soit pas au rendez-vous. Trois mois de calme relatif, dans une ambiance tendre et sensuelle, ne signent pas l’échec d’un couple. En revanche, trois mois de silence morne et de malaise peuvent laisser des traces. Nous n’hésitons pas à communiquer !

En vidéo : Peut-on faire l’amour pendant la grossesse ?

En vidéo : Peut-on faire l’amour pendant la grossesse ?

Deuxième trimestre de grossesse : une amélioration pour les relations sexuelles du couple

Deuxième trimestre de grossesse : une embellie pour les rapports sexuels du couple

Au fil du temps, le placenta prend le relais du corps jaune pour produire les hormones nécessaires au développement harmonieux de la grossesse. Avec ce changement, les petits bobos des premières semaines disparaissent peu à peu. Fini la fatigue, les nausées et ce drôle de goût métallique dans la bouche !

La future maman est particulièrement belle, et elle le sait ! Son teint éclatant lui donne une allure superbe. Ses craintes de fausse couche ont disparu. La grossesse « tient » et a pris son rythme de croisière. Le conjoint se sentira certainement à nouveau très désiré, car, du côté de son partenaire, la production de progestérone, l’hormone de la désinhibition, bat son plein !

L’orgasme, parfois plus facile à atteindre pendant la grossesse !

L’orgasme, parfois plus facile à atteindre pendant la grossesse !

De plus, le plaisir féminin gagne en intensité. La peau et les zones érogènes – dont le clitoris – deviennent plus sensibles. L’encombrement du petit bassin provoque un afflux de sang dans le vagin qui, de plus, le « torrent hormonal » lubrifie davantage. Wow, c’est parti pour le Kamasutra de la grossesse !

Commence souvent une bonne période pour la sexualité du couple, qui peut briser les verrous, explorer les corps avec plus d’audace, s’aventurer vers de nouveaux plaisirs. A chaque couple de trouver ce qui lui convient !

Bébé se fait sentir…

Vers 5 mois de grossesse, les mouvements du fœtus deviennent perceptibles, parfois lors des rapports sexuels. Cela peut distraire les futurs parents, les ramenant à cette réalité : bientôt, ils vivront à trois, et non plus à deux ! L’idée prend forme… Mais la plupart des blocages, qui peuvent aller jusqu’à l’impuissance passagère chez l’homme, ont d’autres raisons plus secrètes qui relèvent toutes du fantasme :

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En revanche, ce que le futur bébé apprécie, ce sont les caresses sur le ventre de sa maman. Formalisé sous le nom d’haptonomie, cet échange tactile à trois fait partie des préparatifs à la naissance. Une autre méthode accorde une grande importance aux massages prodigués par le futur père ou l’autre mère : la méthode Bonapace.

Enfin, la grossesse est souvent une période riche en rêves érotiques. Preuve que les hormones et l’inconscient travaillent fort ! Pas de panique, c’est normal ! Parlez-en ensemble, cela peut vous inspirer…

Troisième trimestre de grossesse : une période mitigée pour la libido

Troisième trimestre de grossesse : une période mitigée pour la libido

A partir de la 32ème semaine, commence une période délicate, généralement déconcertante pour les deux partenaires.

La future maman n’est souvent pas au mieux de sa forme. Son ventre, de plus en plus proéminent, l’encombre. Les difficultés « techniques » que cela pose au moment des câlins se résolvent facilement en adoptant des positions adéquates. Mais peut-être a-t-elle du mal à s’aimer ainsi, avec son « gros » ventre, sa mobilité de plus en plus réduite, son souffle court, ses jambes lourdes… Si elle doute de son pouvoir de séduction, la sollicitude de son compagnon ou partenaire pourrait la réconforter.

La date d’accouchement approche, ce qui reste un moment effrayant pour la plupart des femmes, surtout lorsqu’il s’agit du premier enfant. Cette inquiétude envahit l’esprit – dans certains cas au point de provoquer un retrait, ce qui n’encourage pas les câlins.

Prématurité : balance tes peurs !

De plus, le huitième mois inquiète presque toutes les femmes à cause du risque de prématurité. Et ce, même lorsque la grossesse se déroule à merveille et qu’aucun signe annonciateur n’a été décelé par le médecin (le seul à pouvoir renseigner sur ce point, rappelons-le). La poursuite des relations sexuelles n’augmente en rien le risque de prématurité, contrairement aux idées reçues. Non, les prostaglandines contenues dans le sperme ne peuvent en aucun cas provoquer un accouchement prématuré, malgré leur réputation de favoriser l’ouverture du col de l’utérus. Bébé ne risque pas non plus de se retourner sous l’effet des secousses. Dès lors, on peut faire l’amour, sans aucun risque, jusqu’au jour de l’accouchement, tant que l’envie et la forme sont là !

Une petite phrase peut prêter à confusion : « Tout va bien… mais la tête du bébé est un peu basse… » Et le couple (l’homme, en général) d’imaginer que le pénis, lors de la pénétration, pourrait heurter ce petit innocent tête. C’est strictement impossible ! Le fœtus flotte doucement dans sa « poche », complètement à l’abri.

Durant les dernières semaines, et jusqu’au dernier jour, rien ne vous empêche de continuer à faire l’amour. Mais il se peut que nous en voulions moins. Le couple est entré dans l’attente : à chaque instant, l’accouchement peut survenir… Ce n’est pourtant pas une raison pour dire adieu à toute sensualité. L’attention et la tendresse réciproques établissent un lien renforcé dont les bienfaits se feront particulièrement sentir après la naissance.

Parfois, le comportement sexuel de la future maman devient paradoxal au cours du dernier trimestre de la grossesse. Parfois très exigeant, parfois fuyant. Et le partenaire peut avoir du mal à décoder son désir. Cela peut amener l’autre futur parent à se poser des questions. Comme au début de la grossesse, elle ne sait plus comment se comporter. Cela peut donner lieu à un nouveau questionnement : après la naissance de leur enfant, quelle femme sera-t-elle ? Certains hommes, au fond, s’inquiètent.

Dans tous les cas, une urgence : parlez-vous ! Se dire les choses, simplement, sincèrement, apaise bien des tensions et évite les situations bloquantes.

Parler de sexe pendant la grossesse : l’importance de la communication

Parler de sexualité pendant la grossesse : l’importance de la communication

En effet, on parle encore peu de sexualité au sein du couple pendant la grossesse, voire pas du tout. Erreur, car en parlant on évacue les interrogations, les peurs… La situation, totalement inédite, laisse souvent les deux partenaires démunis. Non seulement nous peinons à comprendre nos propres réactions, mais, en plus, nous ne savons pas ce qui provoque celles de l’autre. Comment s’inscrire? Surtout, en s’initiant aux réalités de la grossesse, communes à tous les couples.

Votre médecin ou votre sage-femme sont les premiers points de contact. Ils vont remettre les pendules à l’heure, et tordre le cou de légendes tenaces en démontrant scientifiquement leur manque de fondement. Ils connaissent leur métier et peuvent répondre à toutes les questions. S’ils n’abordent pas la sexualité alors que vous ressentez le besoin d’éclaircir certains points, n’hésitez pas à leur poser des questions ! Ils connaissent aussi parfaitement l’état de santé de la future maman. S’il devient nécessaire pendant votre grossesse que vous ralentissiez votre activité sexuelle, ils vous le diront clairement en vous disant pourquoi, comment et pour combien de temps.

Ils inciteront également le deuxième futur parent à s’impliquer, à suivre les étapes de la grossesse en participant, au moins, aux consultations clés : la déclaration de grossesse, les trois échographies… Autant d’occasions de s’informer sur le plan physique et psychologique bouleversements qui vous concernent tous les deux.

Peut-être lui sera-t-il conseillé de rejoindre un groupe de soutien, comme certaines maternités s’organisent à l’usage des futurs pères ? Le principe : exprimer ses inquiétudes, afin de voir qu’elles sont partagées par de nombreux hommes. Des professionnels encadrent les échanges, répondent, informent, rassurent… Les femmes, souvent moins réticentes à aborder leurs préoccupations intimes, évoquent plus spontanément leurs expériences. Mais il ne faut pas sous-estimer le poids des tabous, ni la gêne que l’on ressent à reconnaître que, en matière de sexe, ce n’est pas terrible ! Vider son cœur avec un professionnel de la santé peut être utile.

Un couple averti, donc rassuré, sera moins hésitant à se confier ses questions. Si ceux-ci ne sont pas exprimés, ils risquent de créer des malentendus, avec leur cortège de frustrations qui peuvent se transformer en véritables « tueurs d’amour »… Alors on n’hésite pas à parler de sexe à son conjoint !

Face à une situation nouvelle, de nouvelles envies, voire des difficultés « techniques », il n’est pas rare que le couple réagisse avec une inventivité renouvelée. Ce qui semblait être un obstacle devient alors une opportunité. Certaines femmes tirent même une nouvelle confiance de leur « état »… Plus épanouies que jamais, et se sachant prioritaires, elles s’affirment, osent exprimer leurs propres envies, prennent l’initiative. N’oublions pas que concevoir un enfant, c’est aussi réaffirmer son amour !

Fille ou garçon : le sexe du bébé a-t-il des conséquences sur une baisse de notre libido ou une augmentation de l’envie de faire l’amour ?

Fille ou garçon : le sexe du bébé a-t-il des conséquences sur une baisse de notre libido ou une envie croissante de faire l’amour ?

Une baisse ou une augmentation de notre libido pourrait-elle indiquer le futur sexe de notre bébé ? Certains prétendent qu’un ralentissement de notre désir sexuel est le signe d’un bébé garçon à venir, alors que d’autres prétendent que ce sera forcément une fille… Vous l’avez compris, notre libido pendant la grossesse n’a aucune corrélation avec le sexe du fœtus ! Si ces données sont très importantes pour nous, il suffit d’attendre l’échographie du deuxième trimestre.

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