Télévision «  Prendre la pilule  », «  Faire des enfants  »… Autant de mandats qui influent sur la charge mentale des femmes. Mais qu’en est-il des hommes ?

Pendant des décennies, ce sont les femmes qui ont dû réfléchir aux méthodes contraceptives et planifier les visites chez le gynécologue. Certains ressentent des effets secondaires après avoir pris la pilule : baisse de moral, augmentation de la pilosité, perte de cheveux, perte de libido, voire des problèmes plus graves. Si entre 2010 et 2016 la prise de pilule a baissé de 8%, c’est parce que beaucoup de femmes se méfient des hormones. Pourquoi les femmes portent-elles seules ce fardeau ? Océane Lerouge et Marie Dubois présentent dans ce documentaire les possibilités alternatives de contraception pour les hommes.

Sur un ton détendu, les réalisateurs rencontrent différents profils : couples, célibataires, scientifiques, médecins. La maman d’Océane explique à quel point les femmes de sa génération ont été ravies de l’arrivée de la pilule. Les suivants sont gris : « Nous en avons marre de porter tout ce fardeau sur notre dos », explique une des jeunes femmes interrogées. « J’ai besoin que la pilule puisse être prise en toute sécurité », répond un jeune homme.

Le mythe de la « puissance sexuelle »

La pilule pour femmes existe depuis les années 1960. La pilule pour hommes avait déjà été essayée dans les années 1980, sans succès. Les laboratoires ne s’y sont pas vraiment intéressés et la crise du sida a éclaté : la protection contre les MST a pris le pas sur la contraception. Quarante ans plus tard, la pilule contraceptive masculine n’est pas encore devenue populaire. Cependant, à part le fameux préservatif, d’autres moyens existent : anneaux, vasectomie réversible, injections de testostérone.

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Si certaines hésitent à utiliser un contraceptif, c’est aussi à cause du mythe de la soi-disant « puissance sexuelle ». Pourtant, sans être majoritaires, les hommes prennent leurs responsabilités. C’est le cas de Florian, qui souhaite prendre la relève de sa compagne Émeline. Après moult discussions entre eux et recherches, elle opte pour la contraception thermique. « Je suis l’homme viril de demain », explique-t-il. Florian s’est inscrit à un atelier associatif pour créer des culottes contraceptives. Et c’est dans la bonne humeur que ces hommes parlent de leurs exploits.

Sans aucun doute, les personnes interrogées représentent une minorité. Mais c’est par sa voix et son engagement pour l’égalité contraceptive qu’ils servent d’exemple. Ce film, qui propose des solutions que chacun est libre de choisir ou non, est en tout cas plein d’espoir.