Alors que nous avons jusqu’ici emprunté sans rien, la fin 2022 a été un coup dur pour les demandeurs d’immobilier… et à cet égard, 2023 n’est pas bonne ! Entre la fermeture de la carte de crédit et le blocage du mauvais crédit, obtenir un prêt hypothécaire est devenu particulièrement compliqué, car le pouvoir d’emprunt des acheteurs diminue à mesure que les taux d’intérêt augmentent. Sans vouloir vous offenser!

Moins de crédits octroyés

La forte tendance des Français à épargner ces dernières années a permis de lever tellement d’argent qu’il est encore plus avantageux pour les banques d’investir sous forme de prêts, plutôt que d’y mettre de petits montants. Ainsi, « il y a une production record de prêts sur les quatre premiers mois de 2022 et certains établissements ont atteint leurs objectifs pour l’année depuis le début de l’été », a indiqué Sandrine Allonier, porte-parole de la bourse Vousfinancer.

Dans le même temps, une augmentation significative du taux d’intérêt sur les bons du Trésor (0,30 % en janvier à 2,80 % en novembre), qui est la référence du secteur, et du taux d’intérêt sur les placements a modifié la situation du marché . La suite logique : « Aujourd’hui, ce n’est pas rentable pour les banques de donner des crédits immobiliers, précise Sandrine Allonier. C’est plus intéressant pour elles d’investir cet argent. Du coup, les établissements préfèrent ne pas prêter, au lieu de prêter à perte » .

Comme l’a confirmé Maël Bernier, porte-parole du réseau MeilleurTaux, « certaines banques envoient quasiment des versements d’intérêts, sachant qu’aucun portefeuille ne passera, tandis que d’autres annoncent qu’elles n’accorderont plus de prêts aux maisons tant que la situation ne se sera pas stabilisée ».

Le taux d’usure, variable d’ajustement

Ce blocage est le résultat de l’incapacité des banques à augmenter les taux d’intérêt comme elles le souhaitent. En effet, afin de protéger ceux qui utilisent de l’argent illégal, la loi prévoit un taux d’intérêt, c’est-à-dire un plafond à l’emprunt. Et attention, c’est là que le taux annuel effectif global (TAEG) plus tous les frais, y compris l’assurance, comptent.

Cependant, même si la Banque de France actualise le taux d’intérêt tous les 3 mois en fonction des taux pratiqués par les établissements bancaires, tous majorés d’un tiers, ce plafond est actuellement inférieur à la demande du marché. Au 1er octobre, il est passé à 3,05 % pour les crédits immobiliers sur 20 ans.Mais au bout d’un mois, la plupart des banques affichent un taux d’intérêt de 2,30 à 2,40 % sur cette période, auquel il faut ajouter l’assurance-crédit. Résultat : même avec un bon profil, ça ne passe pas.

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Vers un repli du marché

La solution? Malheureusement, il n’y a rien de clair à ce sujet. La hausse mécanique du taux d’intérêt chaque trimestre devrait laisser un peu de temps pour donner des dossiers, mais tant qu’elle ne permettra pas aux banques de leur prêter à un taux favorable, cela ne suffira pas à rouvrir la carte bancaire.

De plus, chaque hausse des prix réduit le pouvoir d’emprunt des demandeurs d’immobilier et leur nombre, alors que les prix de l’immobilier ont augmenté depuis le Covid… Un « double coup dur pour les acquéreurs », qui devrait faire contracter le marché en réduisant la demande, selon Sandrine Allonier.

Un constat partagé par Maël Bernier qui a ajouté : « Le nombre de vendeurs devrait également diminuer puisque ceux qui achetaient à 1 % il y a quelques années devront attendre la revente en raison de la situation actuelle du crédit ». Et de conclure : « Nous prévoyons un effondrement du marché et une baisse des transactions en 2023 ».

Les astuces à exploiter

Face à un environnement hostile, de nombreuses cordes aident à obtenir un prêt. Certaines banques proposent des prêts bonifiés aux primo-accédants, pour constituer leur crédit. Selon Sandrine Allonier, « vous pouvez par exemple obtenir 20 € ou 30 000 € à 0,5 % ou 1 % sur 15 ou 20 ans, en plus du prêt classique, ce qui permet de réduire le montant total du prêt et le niveau. » et AVR ».

De la même manière, la banque aura plus intérêt à faire un effort sur le taux si vous lui restituez non seulement vos revenus, mais aussi votre épargne et pourquoi pas une assurance habitation.

Enfin, vous pouvez jouer sur le taux d’assurance du prêteur : si vous en achetez deux, vous pouvez assurer celui qui a les revenus les plus élevés à 60 % et l’autre à 40 % pendant que vous obtenez le prêt. Mais cela ne devrait être qu’une stratégie temporaire ! Dès que vous avez ce sésame, vous devez lever votre couverture au plus vite (beaucoup de dégâts ne marchent pas) puisqu’il s’agit de payer votre prime mensuelle en cas d’événement majeur (décès, invalidité, voire chômage). . A partir du 1er septembre 2022, vous pouvez bien sûr proposer une assurance à tout moment.