La parité chez SSE : l’entreprise donne l’exemple. Crédit : iStock

L’égalité femmes-hommes est considérée comme l’un des enjeux majeurs de l’économie sociale et solidaire. La Commission pour l’égalité femmes-hommes du Conseil supérieur de la solidarité économique et sociale (CSESS) a publié en octobre 2021 son deuxième rapport triennal sur l’égalité hommes-femmes dans l’ESS. A l’époque, on parlait de « petits progrès » par rapport à la situation en 2017. Et un an après ? La rédaction s’est empressée d’en savoir plus après la publication de plusieurs avis où certaines structures de l’ESS semblent bien placées sur le sujet. Décryptage.

Pas d’évolution dans les chiffres, mais des avancées

Pour Élisa Braley, présidente de la Commission à l’égalité femmes-hommes du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS), certains travaux récents se sont penchés sur cette question. « Coop.fr a publié une étude en mars 2022 sur l’égalité femmes-hommes dans les coopératives. La semaine dernière, la Fondation de France a dévoilé les premières figures équivalentes dans le corps », nous a-t-il expliqué. Bien sûr, le sujet semble compter, mais les chiffres ne bougent pas beaucoup.

Ce sont les instances les plus hautes qui ont du mal à ouvrir des postes aux femmes. Pour elle, les exemples de fondations et de dotations séduisent : « Plus les structures sont grandes et anciennes, plus il y a de fonds à gérer, moins il y a de femmes, tant au gouvernement que dans les équipes salariées aux postes à responsabilité. »

Pourquoi ? Ce plafond de verre intemporel touche toujours une femme sur deux. Et c’est d’ailleurs l’accès à l’exercice du pouvoir dans ces instances qui semble inaccessible. « Coptation, sécession, cumul de mandats, tous ces biais persistants entravent la parité dans les instances de régulation du secteur », estime Élisa Braley. Il faut une action multidimensionnelle. « Cependant, la parité dans la structure renforce leur attractivité, leur représentativité et leur exemplarité », a-t-il expliqué.

Comment la parité est devenue un enjeu à La Maif ? 

L’enjeu réside dans la visibilité de ce sujet de l’égalité. C’est aussi l’objectif du projet Matrimoine porté par l’ESS France. « Pour l’instant, c’est un portrait contemporain qui se dessine chaque mois des femmes menant l’ESS aujourd’hui, au gouvernement ou à des postes de direction. Pour mettre en lumière les femmes qui ont construit cette économie sociale et solidaire, un livre retraçant 200 ans d’histoire sera publié en 2023.

Entreprise de l’ESS, La Maif a récemment défrayé la chronique en se classant troisième du classement 2022 du magazine Forbes sur la représentation des femmes dans les instances dirigeantes des 400 entreprises les plus engagées pour l’égalité femmes-hommes. , représentation des femmes au niveau de la direction et du conseil d’administration du conseil d’administration.

À Lire  Toute la Corse est un désert médical

« Nous en sommes au quatrième accord triennal qui a commencé autour du sujet de l’égalité femmes/hommes, et qui va aujourd’hui plus loin sur les thèmes de l’égalité professionnelle, comme l’âge, l’origine sociale, la santé ou le handicap », explique Évelyne Llauro. -Barrès, DRH à La Maif, répondant à cette notation.

Les entreprises ont pu mettre en place des outils et trouver des critères pour lutter contre les préjugés liés à l’embauche et les rendre plus inclusifs. « Il s’agit d’arriver à diversifier les sources de candidats, en misant sur l’expérience et les compétences sans biais cognitifs ou culturels », explique-t-il.

Autre spécialité, l’entreprise est composée à 69% de femmes et à 31% d’hommes. Cette proportion est inversée dans les postes de direction. « Pour les premiers postes de direction d’entrée, nous avons 58 % de femmes. Au niveau de direction supérieur, 47 % et au niveau de la direction générale, nous avons 41 % de femmes. Par conséquent, même dans les entreprises où les femmes sont majoritaires et où les politiques RH sont inclusives, le plafond de verre est une réalité. « Mécaniquement, la proportion de femmes diminue, donc parfois pour certains postes d’encadrement, je n’ai pas de candidatures féminines. »

Le secteur du care : la parité « inversée »

Comment inverser la tendance ? La réalisatrice nous a expliqué que ce phénomène de plafond de verre est très puissant, notamment dans les croyances des femmes. « C’est une question de fond et de culture. Certaines femmes se mettent une barrière mentale. Et ce qui est encore plus frappant, c’est qu’au niveau des instances dirigeantes comme le Comité de Direction, sur huit personnes, trois sont des femmes ; au Conseil d’administration, les femmes représentent 42 % et au niveau de l’ensemble des cadres dirigeants de l’entreprise, on compte 38 % de femmes (33 % en 2018).

Des chiffres en augmentation, mais qui restent inférieurs à la moyenne du secteur de l’ESS avec 45% de femmes administratrices et 37% de femmes présidentes (source UDES, 2021). Pourtant, le secteur de l’économie solidaire a eu du mal à devenir égalitaire, mais pas comme ces grandes organisations.

Un autre secteur où la parité est unique est celui des soins infirmiers. Dans l’ADMR, par exemple, l’enjeu est la diversité par la masculinisation positionnelle. Soignants, infirmiers, éducateurs, aides ménagères, 96% des salariés sont des femmes.