De quoi parlons-nous

Face à un problème de santé, il est tentant de rechercher sur Internet quelques mots-clés en sachant que vous obtiendrez immédiatement de nombreuses réponses. Mais alors, il peut être difficile de faire le tri…

Il existe notamment un risque bien connu : découvrir une liste de symptômes courants peut vous donner l’impression que vous souffrez de telle ou telle maladie, et que vous n’avez pas encore consulté de médecin. . Prenez, par exemple, la sensation d’avoir « des fourmis dans les mains ». Cette sensation peut être due à une mauvaise posture, révéler la présence d’une affection sous-jacente ou être le signe annonciateur d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ! Combien de personnes ont déjà paniqué en lisant ce genre d’informations ? Ce phénomène a été décrit dans les médias sous divers noms, tels que « internetose » et « cyberchondrie ». « Acquérir des informations via Internet est possible, mais il y a quelques bonnes pratiques à suivre », prévient Franck Schneider, responsable de la communication numérique aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Les enjeux

Dans l’ensemble, l’information médicale en ligne s’est améliorée au cours de la dernière décennie. En effet, de plus en plus de professionnels de santé ont renforcé ou renforcent leur présence en ligne pour pallier la diffusion d’informations peu fiables. Par exemple, les HUG ont enrichi leur site de centaines de vidéos éducatives sur toutes sortes de problèmes de santé, d’un atlas médical interactif et d’articles populaires. « Nous savons que les patients ont de toute façon le réflexe de chercher des réponses à leurs questions sur Internet. Alors les sites internet des hôpitaux et les réseaux sociaux s’adaptent », explique Franck Schneider.

Plus les patients sont bien informés sur leur santé et à l’aise avec l’information médicale, plus ils peuvent devenir acteurs de leur propre santé. La recherche montre qu’ils se sentent mieux physiquement et mentalement, participent plus activement aux décisions de traitement qui les concernent et sont plus impliqués dans le traitement ; bref, ils ont tendance à prendre leur santé en main.

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La capacité à comprendre l’information sur la santé porte un nom : la connaissance médicale. Cependant, une partie importante de la population souffre de réels handicaps dans ce domaine. Environ 16% des Suisses auraient du mal à interpréter et combiner des informations similaires dans des textes pourtant cohérents et relativement simples[1].

Que faire

Où puis-je trouver des informations précieuses sur Internet ? Si vous effectuez une recherche via Google, Yahoo ou Bing, vous obtiendrez probablement un nombre impressionnant de pages de résultats, mais le contenu ne sera probablement pas aussi clair que si vous parcouriez des portails de santé ou des sites spécialisés comme Planète Santé (www.planetesante. ch) et Mon bébé est malade (www.monenfantestmalade.ch).

Pour améliorer la qualité de vos résultats, affinez vos mots clés. Si vous connaissez déjà le diagnostic de la maladie que vous recherchez, utilisez-le. Il est fort possible qu’il existe un site spécifique (comme www.ligues-rhumatisme.ch, www.liguecancer.ch ou encore www.info-Maladies-rares.ch).

De manière générale, privilégiez les sites et plateformes de source officielle : universités, hôpitaux publics, autorités compétentes en la matière, associations professionnelles médicales ou associations de patients.[2]

Intéressé par les auteurs du site : qui sont-ils et que font-ils ? Leur objectif est-il d’informer ou de promouvoir des produits spécifiques ? Vérifiez leurs qualifications, leurs connaissances et leur indépendance, par exemple vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique. Pages « À propos de nous » ou « Qui sommes-nous ? » devrait vous éclairer.

Regardez bien le contenu : est-il basé sur des sources scientifiques ? Si oui, peuvent-ils être trouvés et proviennent-ils de revues réputées ?

Quant aux réseaux sociaux, ils sont très riches en témoignages de patients ; cela peut être utile pour approfondir vos propres connaissances et en discuter ensuite avec votre médecin. « Cependant, il est important de prendre du recul lorsque le contenu vient d’amateurs », conseille Franck Schneider.

Quelques conseils

[1] https://www.ibe.uzh.ch/static/all/docs/773-0300.pdf

voir aussi : https://nces.ed.gov/surveys/all/

[2] https://www.hug.ch/comment-trouver-des-informations-medicales-fiables