La Société de l’assurance automobile du Québec suspend immédiatement le permis de conduire des conducteurs diagnostiqués avec un trouble neurocognitif (par exemple, la maladie d’Alzheimer). Des milliers de personnes âgées sont concernées.

Souvent, ces usagers de la route, pour la plupart des personnes âgées, doivent être accompagnés par un professionnel ou un examinateur de la conduite pour utiliser leur véhicule. «Plusieurs de ces automobilistes pensaient pouvoir conduire seuls», a déclaré Gino Desrosiers, porte-parole de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Nous voulions dissiper toute confusion. C’est pourquoi nous allons bientôt suspendre la licence de ceux qui sont diagnostiqués avec des troubles neurocognitifs. »

Cependant, tout n’est pas perdu pour ces conducteurs. « Ceux qui pensent pouvoir conduire seront testés sur la route », a-t-il déclaré. Nous pourrons donc voir s’ils sont capables de le faire ou s’ils représentent un risque. S’ils réussissent le test, ils reçoivent à nouveau leur licence. »

Il est difficile de prédire le nombre de conducteurs qui seront touchés par cette nouvelle mesure, mais un porte-parole de la société d’État parle de « quelques milliers ». En 2020, 4 000 conducteurs présentant un trouble neurocognitif peuvent conduire accompagnés. Il n’y en avait que 2 500 en 2021.

Moins d’accidents que la moyenne

C’est tout petit par rapport aux 1,2 million de Québécois de 65 ans et plus qui possédaient un permis de conduire en 2020. Ces conducteurs représentaient 22 % des titulaires de permis au Québec alors que, de tous les décès par accident, seulement 16 % impliquaient un conducteur âgé de 65 ans ou plus.

Quant aux accidents avec blessés graves, 12 % d’entre eux impliquaient un conducteur de ce groupe.

A noter que les conducteurs âgés sont plus étroitement surveillés afin de conserver leur permis. Ainsi, à partir de 75 ans, ils doivent remplir un formulaire d’auto-examen médical. Désormais, à partir de 80 ans, les usagers de la route doivent être examinés par un médecin ou un infirmier diplômé et subir un examen de la vue par un ophtalmologiste, tous les deux ans par la suite.

La décision de la SAAQ aura un impact sur le quotidien des adultes, pour qui permis de conduire est souvent synonyme d’autonomie. La suspension ou la perte de ce permis peut amener les aînés à s’isoler, ce qui peut entraîner une rétrogradation, observe le Réseau FADOQ, un organisme représentant les personnes âgées de 50 ans et plus.

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Des services sont offerts aux personnes âgées qui ne conduisent plus, afin de soutenir leur participation à la société et leur autonomie. Par exemple, dans le Grand Montréal, plusieurs organismes offrent des services de chauffeurs bénévoles aux personnes âgées qui doivent se rendre à leurs rendez-vous médicaux ou faire leurs courses, comme Les Accordailles. Au Québec, l’organisme Le Rayon de soleil offre le même type de services.

Par contre, dans certaines régions, les personnes âgées ont peu ou pas accès à ce transport. En dehors des grands axes, le manque de moyens de transport alternatifs est un réel problème, insiste le Réseau FADOQ.

Les adultes qui n’ont plus de permis de conduire peuvent toujours utiliser le transport en commun ou le transport adapté. Mais, là encore, ce service offert devrait être promu, notamment hors de la capitale, selon l’organisation : « Avec la bonne offre en termes de transports en commun, les services d’escorte et de voyage seraient, au moins, importants pour les citoyens voyageurs, notamment les seniors ». . »

Autres suspensions pour raisons médicales

Outre les problèmes neurocognitifs, d’autres raisons médicales peuvent entraîner la suspension du permis de conduire des Québécois de tous âges. C’est ce qui arrive, par exemple, aux conducteurs souffrant d’épilepsie ou de diabète non contrôlé, qui ont subi un accident vasculaire cérébral ou qui se sont fait amputer la jambe. En 2020, près de 8 000 licences ont été suspendues pour raisons médicales.

« Lorsque vous êtes examiné par un médecin, le médecin peut voir que la maladie affecte votre capacité à conduire une voiture. Il mentionnera son diagnostic dans un rapport médical que vous nous ferez parvenir », indique la SAAQ sur son site Internet.

Un conducteur avec un permis suspendu peut demander une revalidation. Cependant, il doit prouver, en fournissant un rapport médical, que les nouvelles conditions le rendent apte à conduire en toute sécurité. Cela peut provenir de l’amélioration de son état de santé, d’une intervention chirurgicale, d’un traitement, de la pose d’une prothèse ou de la découverte de nouvelles compétences.

Sachez que conduire avec un permis suspendu est passible d’une amende de 300 $ à 600 $, en plus des frais juridiques et administratifs. De plus, sa voiture peut être saisie pendant 30 jours.

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