Ces culottes suscitent l’enthousiasme des utilisatrices. Mais les fabricants doivent améliorer les performances et la durabilité de leurs produits.

Les culottes menstruelles font fureur. Qui séduisent-ils ? Les femmes de tous âges qui veulent protéger l’environnement et se protéger des substances nocives dans les protections jetables – rappelons que 60 millions de résidus de pesticides, dérivés halogénés, dioxines…

Le match entre culottes et serviettes

Les témoignages que nous avons reçus en réponse à un questionnaire en ligne sont souvent pleins d’enthousiasme. Mais signalent moins souvent l’efficacité de ces culottes absorbantes.

Pour connaître leurs performances réelles, nous avons comparé huit modèles à débit moyen avec trois serviettes jetables (un protège-slip, une serviette régulière et une serviette régulière avec ailettes).

Quelles sont les culottes les plus efficaces ?

Plim, Moodz, Blooming, Nana, Dim… Nous avons testé 8 modèles de culottes menstruelles. Quelles sont leurs performances, efficacité d’absorption, efficacité de contrôle des odeurs, solidité au lavage ? Voir les résultats détaillés dans le numéro de novembre 2021 de 60 millions de consommateurs.

Elles absorbent souvent moins qu’un protège-slip

Le constat est décevant : les capacités d’absorption mesurées restent bien en deçà des promesses. La moitié des modèles testés absorbent moins qu’un protège-slip au total. Lors des lavages, nous avons aussi remarqué que toutes les culottes de notre test perdaient leur capacité d’absorption.

Si la protection contre l’humidité est tout à fait satisfaisante, elle reste inférieure à celle des protections jetables. Quant à l’effet anti-odeur, il apparaît insuffisant pour quatre références de notre sélection.

A LIRE AUSSI >>> Culotte menstruelle : arrêtez l’arnaque !

Des fuites prématurées sur les côtés

La plupart de ces sous-vêtements de cette époque présentent également une mauvaise dispersion en surface du plasma synthétique que nous avons utilisé lors de nos tests. Il s’étire sur la largeur au lieu de la longueur, ce qui nuit à l’absorption et provoque des fuites prématurées sur les côtés, au niveau de l’entrejambe.

À Lire  Entre les mains de l'Alpina - Mina Sidi Ali - Sortez !

Les fuites constatées sur le mannequin de laboratoire sont confirmées en vrai. Les fuites dont témoignent les utilisateurs se produisent majoritairement sur le côté. Le sang traverse la couture ou la soudure sur le côté et se répand en dessous puis entre en contact avec les tissus, notamment en position assise.

Seule la culotte Nana sort du lot…

Les culottes menstruelles sont certes plus saines et plus écologiques que les serviettes hygiéniques traditionnelles, mais pour l’instant il faut accepter qu’elles soient moins efficaces.

Un seul slip testé sort vraiment du lot : c’est le slip Intimewear Bikini de Nana. Il ne fuit pas et sa capacité d’absorption est supérieure à celle d’un tampon normal. L’oreiller plus épais que les autres n’y est probablement pas étranger.

… mais elle contient des ions d’argent et de cuivre

Le tampon absorbant de ce slip Nana est également le seul à mentionner l’inclusion d’ions argent, cuivre et zéolithe. Il affiche le label Oeko-Tex, qui certifie l’absence de substances nocives dans le tissu en contact avec la peau. Rien ne dit donc que ces composés entrent en contact avec les muqueuses. Mais rien ne dit qu’ils ne migreront pas non plus du tampon à la surface au fil des lavages.

Il y a donc fort à parier que la présence de ces ions est plus un défaut qu’un avantage pour les consommateurs en attente d’une protection sans produits chimiques. De plus, toutes les autres marques insistent sur l’aspect naturel de leur culotte.

A LIRE AUSSI >>> Tampons et gobelets : un choc toxique suffit

Journaliste : Adélaïde Robert. Ingénieur : Axelle Leroy