Alors que le nombre de cas de Covid-19 remonte, le variant dominant BA.5 est en passe d’être supplanté.

Le 8 novembre, BQ.1.1 a été trouvé dans 40% des échantillons d’eaux usées à Genève.

Il y a eu Alpha, Delta, puis Omicron et sa série de variantes : BA.1, BA.2 et le très portable BA.5 qui s’impose depuis des mois. D’autres émergent, parfois avec des noms encore plus barbares comme XBB et BQ.1.1. Ce dernier est également en passe de remplacer ses camarades : le 8 novembre, BQ.1.1 était détecté dans 40% des prélèvements d’eaux usées à Genève – contre 25% il y a un mois – alors que BA.5 ne « presse » plus que 57 %.

Alors que la charge virale détectée dans les eaux usées connaît actuellement une forte augmentation et que le nombre d’hospitalisations augmente – sans provoquer de surcharge – cette sous-variation peut-elle bouleverser la dynamique épidémiologique ? Que savons-nous à ce sujet?

L’évolution virale est beaucoup plus rapide que l’acquisition de connaissances scientifiques sur l’effet biologique de cette évolution, reconnaît Manuel Schibler, chef du laboratoire de virologie au Service des maladies infectieuses des Hôpitaux universitaires de Genève.

BQ.1.1 ne semble pas présenter de symptômes spécifiques, bien que des problèmes digestifs aient été mentionnés. « Ceux-ci sont observés depuis le début de la pandémie et ne semblent pas avoir été spécifiquement attribués aux sous-variantes d’Omicron », note l’expert.

Échappement aux anticorps

Les dernières données sur la présence de BQ.1.1 dans la population genevoise datent de deux semaines. On peut raisonnablement s’attendre à ce que sa présence soit plus importante aujourd’hui. Manuel Schibler confirme la théorie tout en rappelant que BQ.1.1 n’est pas seul dans le combat et qu’il pourrait aussi plafonner à un certain pourcentage.

Contrairement à la période précédant l’arrivée d’Omicron, note-t-il, on ne voit pas, aujourd’hui, de variante remplacer complètement la précédente. « Nous sommes maintenant confrontés à une soupe de sous-variantes d’Omicron, y compris BQ.1.1, qui ont été sélectionnées pour certaines mutations courantes qui confèrent un avantage dans le transfert et la fuite des anticorps. »

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Cela signifie-t-il qu’être infecté dans le passé ne confère plus de protection ? « Les informations actuelles sont basées sur des études in vitro montrant que les anticorps monoclonaux sont abrogés par la neutralisation de ces sous-variants, dont BQ1.1 (ndlr : protéines développées en laboratoire qui miment la réponse du système immunitaire contre le Covid) qui est disponible dans le commerce. comme traitements. Cependant, il est raisonnable de penser que les anticorps développés après infection par BA.5 conservent une certaine capacité de neutralisation contre BQ1.1 et compagnie.

Pas très différent de BA.5

Quid des vaccins : les premières versions et les bivalents, protègent-ils encore efficacement contre les formes sévères ? Si les vaccins disponibles ne permettent plus de prévenir l’infection, précise Manuel Schibler, ils permettent tout de même d’offrir une protection contre les maladies graves, « surtout si l’on favorise régulièrement l’immunité, ce qui est particulièrement important pour les personnes vulnérables ». Bref, les vaccins et leurs rappels restent un moyen efficace de prévenir les maladies graves. »

Dans l’état actuel des connaissances, peut-on dire que BQ.1.1 n’est pas très différent de BA.5, et ne devrait pas conduire à une explosion des cas graves, ou à une surcharge hospitalière ? « Exactement, c’est ce qu’il semble raisonnable de penser. Il convient également de rappeler que le SRAS-CoV-2 reste un type de virus et que l’immunité acquise lors d’une infection antérieure, quelle que soit la variante ou la sous-variante, protège contre la maladie potentiellement grave associée à une nouvelle infection. »

Aurélie Toninato est journaliste au département de Genève depuis 2010 et diplômée de l’Académie du journalisme et des médias (AJM). Après s’être spécifiquement occupée du domaine de l’Education, elle est aujourd’hui en charge de la Santé, notamment du Covid.Plus d’infos

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