Une étude récente a révélé les raisons de la perte de l’odorat en cas de Covid long ouvrant la voie à des options thérapeutiques.

Publiée dans la revue Science Translational Medicine, une étude américaine rapporte qu’une anosmie (trouble olfactif) à long terme après une infection au Covid-19 pourrait être le résultat d’une inflammation du tissu du nez où se situent les cellules nerveuses olfactives. Les chercheurs ont également mis en évidence la perte de neurones olfactifs dans le nez par rapport au groupe témoin.

Et l’étude explique, dans ce processus, le rôle des lymphocytes T, dont la tâche est, normalement, de s’attaquer aux particules étrangères pour aider l’organisme à lutter contre un virus. « Cela ressemble presque à une sorte de processus auto-immun dans le nez », a déclaré Bradley Goldstein, l’un des principaux auteurs de l’étude.

15 millions de malades

Moins fréquente depuis l’apparition de la souche originelle d’Omicron, la perte de l’odorat est l’un des principaux symptômes du Covid-19, revenu en force au printemps 2022 avec l’apparition des sous-variantes BA.5 et suivantes. Environ 15 millions de patients souffrent d’une perte permanente de l’odorat.

Si la perte momentanée de l’odorat semble relativement bien expliquée, l’origine des formes persistantes d’anosmie n’est pas toujours très claire.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont utilisé des échantillons de biopsie épithéliale olfactive de neuf patients atteints d’anosmie persistante dans le cadre d’un Covid prolongé. Les échantillons ont été soumis à divers tests très poussés, mais leur nombre limité est la principale limite de cette étude.

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De nouvelles stratégies thérapeutiques

Si le résultat est quelque peu technique, il permet aux chercheurs d’orienter les solutions pour soigner l’anosmie persistante. Ainsi, les découvertes réalisées offrent un potentiel pour le développement d’options thérapeutiques pouvant être administrées par voie topique directement dans le nez.

Ainsi, les auteurs de l’étude suggèrent « de nouvelles stratégies thérapeutiques possibles » telles que « le blocage sélectif des cellules immunitaires pro-inflammatoires locales ou l’inhibition directe de nœuds de signalisation spécifiques ».

Et les chercheurs appellent à « d’autres études testant des thérapies sur des modèles animaux et humains, et un suivi plus long des patients souffrant de dysfonctionnement olfactif » pour fournir des informations vitales qui soulageraient des millions de personnes dans le monde. En effet, il est désormais admis que jusqu’à 5% des survivants du Covid subissent une perte d’odorat à long terme.