La pandémie de Covid-19 en Francedossier

La Chine n’a fait état mercredi d’aucun nouveau décès lié au Covid-19, malgré une vague de pollution sans précédent dans le pays pour son ampleur grâce à un changement controversé de la méthode de comptage du nombre de victimes.

Malgré la fin de sa politique ultra-restrictive « zéro Covid » sur les libertés publiques, la Chine ne regrette pas de nouveaux décès liés au coronavirus ce mercredi. comment ? Grâce à un changement de méthodologie dans la façon dont il compte les décès de Covid. Pourtant, le nombre de cas explose.

Les autorités ont précisé mardi que seules les personnes décédées directement d’une insuffisance respiratoire liée au Covid-19 seront comptabilisées dans les statistiques. Cette méthodologie, qualifiée de « scientifique » par le gouvernement chinois, exclut notamment toute personne qui souffre d’une autre pathologie que le Covid aggraverait. « Après l’infection par le variant Omicron, la principale cause de décès (des patients) sont les maladies sous-jacentes. Seul un petit nombre meurt directement d’une insuffisance respiratoire provoquée par le Covid », explique Wang Guiqiang, un responsable de la santé de la ville de Pékin.

«Renversement de la norme internationale»

Ce changement hautement politique laisse l’expert en santé Yanzhong Huang du Council on International Relations, un groupe de réflexion américain, sceptique. « Cette nouvelle définition est un renversement de la norme internationale qui prévalait […] et comptait comme un décès du Covid toute personne décédée du Covid », explique-t-il, arguant que la variante Omicron n’attaque pas autant les poumons que les autres souches de Covid. -19.

Hong Kong a connu une vague omicron lorsqu’elle a abandonné sa politique zéro covid en mars dernier. La mortalité dépassait alors 35 décès par jour et par million d’habitants. « Si on extrapole la situation de Hong Kong à la Chine continentale, il faudra prévoir 1,5 à 2 millions de morts », estimait Antoine Flahault, dans Libération en juin. Après tout, dans les deux territoires, la population la plus âgée, et donc la plus à risque d’une forme grave, est aussi la moins bien vaccinée.

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Les Etats-Unis proposent leur aide

Mais si les statistiques officielles ne font état que de six (initialement sept) décès depuis la levée des restrictions, le terrain dit autre chose. Les crématoires sont à la peine, certains hôpitaux sont débordés, tandis que les médicaments antigrippaux sont difficiles à trouver en pharmacie. Le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se dit même « très préoccupé » par la situation dans le pays. Tedros Adhanom Ghebreyesus demande « des informations plus détaillées sur la gravité de la maladie, les admissions à l’hôpital et les besoins en soins intensifs », lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

Et pour cause, le virage de la politique de santé est brutal. Contrairement à la doctrine jusque-là en vigueur, plusieurs villes permettent désormais à leurs habitants de travailler normalement même s’ils présentent des symptômes du Covid-19. Quelques semaines auparavant, ils auraient été envoyés dans un centre de quarantaine au nom du « zéro Covid ». Le gouvernement a suspendu la plupart de ces mesures face à la frustration croissante du public, trois ans après l’émergence du Sars-Cov-2 à Wuhan (au milieu). Un mouvement national de protestation remettant en cause le régime est né dans le pays cet automne.

Les Etats-Unis se sont dits mardi prêts à fournir des vaccins contre le Covid-19 à la Chine. « Il est dans l’intérêt de la communauté internationale que nous puissions collectivement aider la Chine à maîtriser (l’épidémie) », a déclaré à la presse le porte-parole du département d’Etat, Ned Price. Pas sûr que cette offre d’aide soit bien vue à Pékin.