Dans le numérique, la qualité est le dernier enjeu encore trop peu pris en compte par les entreprises. Cependant, comme dans l’industrie, le manque de qualité a un impact financier et écologique réel et mesurable.

L’assurance qualité web, sœur de la qualité industrielle

L’assurance qualité dans le numérique répond aux mêmes enjeux que dans l’industrie. Il permet de maîtriser la qualité des productions et de limiter les risques en termes de conception, de réalisation ou d’utilisation, grâce à un ensemble de normes, de référentiels et de méthodes. Le coût du manque de qualité est encore très peu pris en compte dans le domaine du web et du numérique, du fait de la jeunesse et de l’évolution rapide de cette « industrie ». Dans une étude récente consacrée au manque de qualité*, l’AFNOR indiquait que pour 53% des entreprises ce coût était compris entre 1% et 5% du chiffre d’affaires, et pour 34%, entre 5% et 10%, ce qui est absolument colossal.

Des risques et des coûts majeurs

Les acteurs du numérique et du web font face à des risques croissants. Avec le RGPD et les sanctions associées, ils doivent porter une attention particulière au traitement des données personnelles. Ils doivent également veiller à ce que leurs sites et outils numériques soient accessibles aux personnes en situation de handicap, et ils doivent assurer la sécurité de ces outils. Enfin, ils doivent limiter l’impact écologique de leurs activités numériques. A ces obligations et sources de risques s’ajoutent d’autres difficultés potentielles pour les utilisateurs des sites et les équipes chargées de les produire. Il ne s’agit pas seulement d’assurer la qualité des sites et des applications en ligne, il s’agit de gérer et de prévenir les risques. Cependant, malgré l’importance de ces enjeux, les agences web, les RSE et les annonceurs restent encore minoritaires face à la problématique. Il est urgent de se saisir du sujet et d’entraîner avec lui les autres acteurs.

Un gouffre financier peu identifié

Le manque de qualité Web et numérique a un coût élevé pour les organisations, à la fois directement et indirectement. Si l’on ajoute les coûts de réparation et de traitement des erreurs sur les chantiers, les coûts indirects des équipes (démissions, turnover, licenciements), la perte directe de chiffre d’affaires (clients et contrats perdus), de commerce et de communication (rabais, crise). gestion) et, enfin, les coûts directs pour les clients et les utilisateurs, les montants sont importants. Même avec une hypothèse minimale de 5% du chiffre d’affaires de sa structure, chaque manager verra rapidement les avantages de la démarche qualité web dans son entreprise ! C’est une source de performance à laquelle on ne pense pas assez.

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Et l’impact écologique ?

L’enjeu climatique nécessite d’évaluer le coût d’une mauvaise qualité en tenant compte de son impact écologique. Le temps passé à faire tourner des machines pour rien, le stockage inutile des données, le poids des sites et des applications créent une surconsommation d’équipements de requêtes et de serveurs et un véritable gaspillage d’énergie. De plus, la mauvaise qualité des sites a des impacts réels à travers le temps nécessaire pour résoudre les erreurs dans les sites et les applications, le temps et l’activité supplémentaires qu’ils nécessitent de la part des utilisateurs, liés aux commandes échouées ou à la logistique de retour aux expéditeurs. pour ne citer que quelques exemples. L’assurance qualité Web limite l’impact direct et indirect des logiciels et des applications. Une pratique gagnante qui nous permet de conserver nos ressources énergétiques et d’offrir une meilleure expérience utilisateur. La mise en place d’un référentiel d’assurance qualité web va faire basculer l’ensemble de la chaîne de production dans un mouvement vertueux, avec pour maîtres mots performance, éco-conception et simplicité.

Une marche à suivre impérativement !

Participer à une démarche d’assurance qualité web répond à une démarche transversale qui doit être menée par les entités QSE (Qualité, Sécurité, Environnement) existantes dans l’industrie. Elle devrait être complétée par l’inclusion, l’accessibilité et la confidentialité pour les personnes handicapées. Cette préoccupation ne peut être réservée aux seules équipes techniques, elle doit aussi être prise en compte par le management. Toutes les fonctions connectées de près ou de loin au web doivent être sensibilisées et formées aux enjeux de l’assurance qualité du web, et les managers doivent être formés à ce sujet : c’est une des conditions de l’efficacité du processus de transformation numérique.

*Source : https://telechargement-afnor.org/qualite-etude-cout-de-non-qualite