Avec 51,3% de bonnes réponses à l’épreuve théorique et 59,8% à l’épreuve pratique en 2020, le permis de conduire est plus sélectif que le baccalauréat obtenu par plus de 90% des candidats. C’est cette sélectivité qui la rend chère : pour aspirer à gagner la conduite, les élèves prennent bien plus de cours que le minimum légal de vingt heures. La moyenne -non officielle- serait trente-deux heures avant le premier examen. Multipliez par 35 à 65 euros de l’heure.

Et ceux qui ont échoué et qui ont attendu entre un et quatre mois pour le reprendre doivent prendre de nombreuses leçons pour rattraper leur retard. Le prix moyen du carton rose est donc bien supérieur aux 1 600 euros annoncés par les administrations publiques. « Limiter le coût du permis, c’est d’abord l’obtenir du premier coup », précise Julien Gourdel, inspecteur des permis aux Yvelines. Et pour cela, la qualité de la formation est primordiale. »

Choisissez l’apprentissage précoce de la conduite

Choisir l’apprentissage anticipé de la conduite

L’apprentissage précoce de la conduite (EAC) détermine le taux de réussite le plus élevé : environ 75,9 % pour ceux qui le pratiquent, contre 52 % de réussite pour les adeptes de l’apprentissage traditionnel. Accessible dès 15 ans, l’AAC permet, depuis juillet 2019, d’obtenir le permis à 17 ans, bien qu’il ne puisse être conduit seul qu’à partir de 18 ans. L’élève peut avoir différents accompagnants dans ou hors du cadre familial. , titulaires d’un permis B depuis plus de cinq ans, déclarés à l’assurance et inscrits au carnet d’apprentissage. L’AAC réduit la durée de la licence d’essai à deux ans, au lieu des trois années de formation traditionnelle, durant lesquelles la licence est sanctionnée de 6 points (au lieu de 12 points). Après chaque année, la licence augmente de 3 points, tant que vous ne commettez pas d’infractions entraînant une perte de points.

« Malheureusement, l’AAC n’est pratiquée que par un quart des candidats, avoue Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention Routière. Ce sont plus les ruraux qui ont plus de possibilités de conduire accompagnés et les classes aisées qui anticipent dépenser plus facilement. Parce que payer plus tôt signifie souvent payer moins. Le coût de l’AAC peut se résumer au paiement des vingt heures de cours et des deux « rendez-vous pédagogiques » (de 30 à 50 euros) nécessaires pour sortir en duo, plus quelques cours de révision avant l’examen. Bien moins que la moyenne de trente-deux heures… et avec 50% de chances de succès en plus.

C’est aussi avantageux pour les assurances : la plupart des compagnies divisent par deux le montant et/ou la durée de la majoration « jeune conducteur », ou ne la comptabilisent pas du tout.

Et la conduite-supervisée ?

Il s’adresse à tout étudiant âgé de 18 ans ou plus ayant obtenu le code et ayant suivi un minimum de vingt heures de cours de conduite. Accessible avant l’épreuve pratique ou après un échec, elle se pratique dans les mêmes conditions que l’apprentissage précoce de la conduite, mais sans réduire la durée du permis d’épreuve ni la prime d’assurance.

Passer un permis d’embrayage automatique

Passer un permis à embrayage automatique

Depuis 2017, les candidats qui optent pour un permis BEA (permis B à embrayage automatique) voient le temps de conduite minimum de vingt heures ramené à treize. Ils peuvent aussi, trois mois après l’examen, avec sept heures de formation hors examen effectuées dans une école labellisée « conduite de qualité », obtenir un permis B normal ou être satisfait de leur BEA. La transmission automatique représente 40% des ventes neuves, 100% des hybrides et électriques, elle devient courante et abordable dans les petites voitures d’occasion et tous les loueurs en proposent.

Avec l’AAC, c’est l’autre moyen d’obtenir une licence à un coût vraiment moindre. « Il faut huit à dix heures pour maîtriser une boîte de vitesses classique, précise Philippe Colombani, président de l’Union nationale des automobilistes indépendants (Unic), ça ne s’arrête plus, ça démarre en montée, roule dans le bon rapport et gère ensuite le placement sur la route. la trajectoire, la vitesse, la signalisation en même temps… Le permis BEA fait gagner beaucoup de temps, c’est vraiment une solution d’avenir. »

Choisir son auto-école

Les prix et les taux de réussite varient beaucoup d’une auto-école à l’autre, mais plusieurs critères objectifs peuvent vous aider à choisir.

La présence d’un numéro d’homologation dans la fenêtre et sur la documentation. Obligatoire et délivré par le préfet pour 5 ans, cet agrément garantit que l’auto-école respecte un certain nombre d’obligations (dimension des locaux, nombre maximum d’élèves par rapport au nombre d’enseignants, etc.).

Le taux de réussite des établissements, disponibles en préfecture, tient parfois à la fois au pourcentage d’élèves en AAC et au talent des enseignants. Pour améliorer le score, certains patrons rejettent ou découragent les mauvais candidats, d’autres exigent quarante ou cinquante cours avant l’examen. « Ce taux de réussite doit être mis en relation avec le nombre d’heures travaillées par les étudiants », précise Philippe Colombani.

Les tarifs sont obligatoirement affichés en vitrine et à l’intérieur : prix TTC et durée des cours, ainsi que le forfait actuellement pratiqué (la plupart du temps, code plus vingt heures). La révision du code coûte 30 euros et l’examen de conduite est désormais gratuit, hors frais d’accompagnement du moniteur et de votre voiture (le prix d’une heure de conduite).

Depuis le 1er juin 2020, la présentation d’un modèle de contrat pour le permis B est obligatoire, il indique les frais de dossier et d’inscription et le nombre d’heures estimé, ce qui permet une comparaison plus aisée des établissements et préserve les candidats des surcoûts, devenus interdit.

Enfin, depuis 2018, le Gouvernement et la Délégation à la circulation et à la sécurité routière ont lancé le label « Auto-école de qualité » pour aider les candidats à choisir une école qui propose une formation de qualité. Pour trouver les écoles agréées près de chez vous, consultez la carte sur le site Autoecoles.securite-routiere.gouv.fr.

Attention aux faux bons plans !

Dans les grandes villes où la concurrence entre établissements est féroce, gare aux forfaits trop attractifs comme vingt heures et un code à 500 ou 600 euros. « Compte tenu des marges dégagées dans cette activité, l’étudiant qui obtiendrait sa carte à ce prix perdrait de l’argent à l’école », explique Philippe Tissot, responsable de l’auto-école de Pont-l’Abbé (29). Ce business model repose sur le fait que le candidat ne reprend pas les heures. Qui sera facturé à un tout autre tarif !

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Autre piège, les leçons solitaires dans un simulateur pas toujours à la pointe de la technologie. « Pour contenir le prix du permis, la loi autorise désormais jusqu’à dix heures de simulateur dans le forfait minimum de vingt heures mais, malheureusement, sans imposer la présence d’un moniteur, déplore Anne Lavaud. Le simulateur est utile pour assimiler le maniement de la boîte de vitesses, affronter des situations dangereuses sans risque, mais il ne vaut pas de vraies leçons. Un forfait avec seulement dix heures de conduite réelle n’offre presque aucune chance de succès.

Quant aux cours collectifs où deux ou trois élèves se relaient au volant pour un long trajet, « c’est une bonne méthode avec un excellent échange d’expériences, mais seul le temps de conduite réel doit être compté dans l’apprentissage et facturé à chacun. « , prévient-il. Philippe Tissot. Plus généralement, le taux horaire est issu du salaire du moniteur… et de sa motivation. Les salariés au salaire minimum ne sont pas les plus investis dans la réussite des élèves. Enfin, vous pouvez désormais changer d’auto-école sans payer de frais de dossier, mais avec des frais de perte si vous vous êtes inscrit pour plusieurs heures. Il vaut mieux, avant de signer un forfait, prendre quelques heures pour évaluer le professeur. Si vous n’expliquez pas, ne conseillez pas, ne parlez pas ou, pire encore, n’utilisez pas votre smartphone – ce qui est interdit – mieux vaut chercher ailleurs.

Le code moins cher

L’examen théorique se passe désormais en candidat libre, pour 30 euros, sans délai d’attente, dans certains bureaux de poste ou centres d’examens privés, comme Point Code, Code’n’Go, Exa code, SGS Objectif code ou encore Dekra. En étudiant vous-même le code, puis en vous entraînant avec un DVD ou sur Internet, enregistrez le paquet de code de l’auto-école. Ce qui n’a d’intérêt que si un moniteur est présent lors des épreuves collectives, ce qui est rare. Des livres et des DVD sont souvent disponibles à la médiathèque.

En tant que candidat libre avec une auto-école en ligne

En candidat libre avec une auto-école en ligne

Cette pratique s’est beaucoup développée -près de 3% des candidats et jusqu’à 10% en métropole- avec l’arrivée des auto-écoles en ligne, comme Ornikar ou Envoituresimone, qui mettent en relation élèves autonomes et moniteurs. Au menu, des forfaits pas chers et une grande flexibilité des horaires car certains moniteurs pratiquent cette activité en dehors du travail rémunéré. « L’élève s’inscrit à l’examen en candidat libre, mais il peut aussi être dans une auto-école et simplement nous appeler en complément, précise Benjamin Gaignault, fondateur d’Ornikar. Sur le site il paie entre 37 et 40 euros de l’heure et nous reversons entre 25 et 27 euros au moniteur. Loin des taux de réussite étonnants revendiqués par les plateformes, les statistiques officielles créditent les candidats libres d’un taux de réussite de 44 %, contre 58,3 % de ceux présentés par les auto-écoles classiques.

Tout moniteur, même indépendant, doit être diplômé Bepecaser. Méfiez-vous de ceux qui sous-traitent leurs cours à des non-diplômés. Demandez une copie de votre diplôme avant de prendre un cours.

Les aides financières

De nombreux organismes publics et mairies proposent des aides qui, pour la plupart, doivent être demandées avant l’inscription dans une auto-école, qui doit parfois se faire dans un établissement partenaire.

« Pôle emploi propose une aide pouvant aller jusqu’à 1 200 euros aux demandeurs d’emploi âgés d’au moins 18 ans non indemnisés ou ayant perçu des minima sociaux et inscrits depuis au moins six mois (trois mois en cas de promesse d’emploi). travail). Cette aide peut être cumulée avec celle des collectivités locales », explique Firmine Duro, directrice des associations à Pôle emploi. Les chômeurs qui ont besoin de l’autorisation « soit pour travailler, soit parce que les horaires ou la situation géographique ne leur permettent pas d’arriver en transports en commun » peuvent également bénéficier d’une aide individuelle à la formation (AIF), sans limitation de montant. Enfin, les demandeurs d’emploi qui souhaitent utiliser leur compte personnel de formation (CPF) pour financer leur congé peuvent solliciter une contribution équivalente auprès de Pôle emploi, si leurs droits acquis sont insuffisants, sur l’application ou sur le site Moncompteformation.gouv.fr.

Le permis à un euro par jour concerne les jeunes entre 15 et 25 ans. Ce prêt de 600, 800, 1 000 ou 1 200 euros, dont les intérêts et la garantie sont à la charge de l’Etat, est remboursable par mensualités de 30 euros maximum sur une durée de 20 à 40 mois. En cas d’échec à l’examen, un prêt de 300 euros peut être demandé pour financer une formation complémentaire. A noter qu’il s’agit du seul dispositif (en dehors de l’apprentissage du conducteur) pouvant financer l’apprentissage précoce de la conduite (EAC) pour un mineur. Pour en bénéficier, il faut s’inscrire dans une auto-école agréée avec le label « qualité de la formation en auto-écoles » ou une équivalence et avoir signé une convention type avec l’Etat. Une fois le budget établi et le contrat de formation signé, le prêt doit être sollicité auprès d’une institution financière partenaire.

Depuis 2019, l’Etat accorde une aide de 500 euros aux apprentis d’au moins 18 ans pour passer leur permis B. Cumulable avec le reste de l’aide perçue par le bénéficiaire, elle n’est accordée qu’une seule fois. La demande se fait auprès du Centre de Formation d’Apprentis (CFA).

Quant aux personnes handicapées, elles peuvent utiliser une partie de la prestation de compensation d’invalidité (PCH) pour financer des cours de conduite. De même, si leur insertion professionnelle nécessite l’utilisation d’un véhicule, ils peuvent solliciter une aide économique auprès de l’Agefiph ou du Fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (Fiphfp). Il est conseillé de se renseigner auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).

Les communes, conseils généraux et régionaux participent également au financement du permis (souvent en échange d’heures de bénévolat), ainsi que les missions locales, les caisses d’allocations familiales (CAF) et de nombreuses associations. Malheureusement, il n’y a pas de guichet unique : il faut faire le tri entre les différentes aides possibles, cumulables ou non, qui n’ont pas les mêmes conditions et obligations.