En mars dernier, elle a participé aux qualifications, aux côtés d’autres sommeliers français. Elle l’a abordé à contre-courant, persuadée qu’elle n’avait pas la préparation mentale ni la condition physique pour bien faire dans ce genre de compétition. « J’ai beaucoup de travail à New York et peu de temps pour travailler sur la théorie, je ne pense pas être assez prêt », avait alors déclaré La RVF. Cependant, elle souhaitait faire partie de « l’équipe de France », désireuse de la rejoindre afin de maintenir de bons liens avec ses homologues d’outre-Atlantique.

Cependant, son envie de revenir est exagérée et sa surprise est totale lorsqu’elle apprend qu’elle représentera son pays au concours du Meilleur Sommelier du Monde. « J’ai besoin d’être formée pour les autres », a-t-elle déclaré en mars.

Moins de trois mois avant la compétition, elle part quelques jours en France pour un entraînement intensif dans la région bordelaise.

La RVF : Comment se passe votre entraînement en France ?

Pascaline Lepeltier : « Les dernières 48 heures ont été intenses mais très intéressantes. C’est toujours bien de découvrir des domaines que l’on ne connaît qu’en théorie ou uniquement en travaillant dans la restauration. On a vu des producteurs et des scientifiques, auprès desquels j’ai eu l’occasion de apprendre beaucoup sur l’idée de base, par exemple, je sais que, dans le concours, il peut y avoir une question sur le type de vieillissement du vin, nous sommes donc à l’Institut des sciences de la vigne et du vin pour faire un arôme aléatoire exercice pour comprendre l’effet du bois sur le vin.

Depuis combien de temps vous entraînez-vous ?

C’est une question difficile. J’ai essayé de continuer à m’améliorer et à apprendre, je m’entraîne comme ça depuis le début ! Spécialement pour le concours MSM, j’ai commencé à m’entraîner en décembre 2021. Depuis ma qualification, je m’entraîne tous les jours. Au restaurant, je travaille tous les soirs en me montrant, comme si j’étais en compétition. Je m’assure que mes mouvements sont automatiques. J’ai des sessions de formation hebdomadaires avec des collègues sommeliers sur des sujets spécifiques. Je vis beaucoup de choses au quotidien, mais en ce moment je travaille beaucoup sur la théorie : quatre heures le matin, puis j’y reviens le soir en rentrant du restaurant. C’est comme une compétition sportive, qui allie physique et théorie !

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Derrière votre entraînement, il y a la « team France ». Quel est son rôle ?

Ça peut être incroyable de savoir qu’il y a une équipe derrière moi ! Lorsque le concours est sorti dans les années 1960, les concurrents le faisaient souvent seuls, ou avec deux ou trois amis. Mais ce produit est limité, et le Sommelier de France s’est progressivement rendu compte que malgré la richesse des compétences individuelles, il n’y a aucun lien entre les candidats et leurs connaissances.

Sur l’idée du sommelier Olivier Poussier, ils ont décidé de monter un atelier professionnel du vin, afin que nous puissions nous former et gagner du temps. Certains pays, notamment les pays nordiques, ont déjà commencé à utiliser cette méthode, qui porte probablement ses fruits car ils sont bien organisés.

Est-ce plus facile de préparer ce concours à New-York ?

Oui! Pour la simple et bonne raison que personne ne connaît mon titre à New York (Meilleur sommelier de France et Meilleur sommelier de France, ndlr) ! Je suis juste « Pascaline au resto » et ça m’aide à garder les pieds sur terre. De plus, le concours est en anglais, donc ça me donne une chance de travailler.

Vous avez même fait appel à un coach pour travailler votre gestuelle sur scène !

J’ai eu la chance d’être pris en charge par un professionnel qui travaillait à Broadway, où nous avons chanté et où nous avons dansé sur scène. J’en ai besoin, car c’est très stressant d’être dans une telle situation. Cela m’aide aussi à communiquer efficacement en public.