Le 6 novembre 2022, la finale tant attendue du concours du meilleur sommelier français aura lieu à Paris. Pierre Vila Palleja, Xavier Thuizat et Mikael Grou se sont brillamment qualifiés. Mikaël Grou, qui a un parcours classique dans l’hôtellerie et la restauration, rappelle que son premier amour était dédié à la gastronomie. Le sommelier se souvient d’avoir eu des étoiles dans les yeux lorsqu’il découvrait dans sa jeunesse des mets raffinés et des hors-d’œuvre dans des restaurants haut de gamme. Il décide de se concentrer d’abord sur la cuisine. C’est à cette occasion qu’il rencontre son professeur Christian Stévanin à Dinard. Il bénéficie de l’enseignement de cet homme passionné et très théâtral qui dirige également la classe de sommelier. Mikaël découvre alors l’autre face du métier, l’espace, et décide de s’y consacrer. Après sept ans chez Georges V, où il a grandi, Mikaël a voyagé entre autres à Londres, en Australie, et s’est finalement installé en Suisse, où il a travaillé comme chef sommelier au Beau-Rivage Palace de Genève et au restaurant Le Chat. Frappé* pendant trois ans.

Vous avez déjà été sélectionné plusieurs fois pour rentrer chez vous lors du concours MSF. Avez-vous été surpris par le niveau d’options ?

C’est toujours une nouvelle expérience dont on attend un haut niveau. Mais j’adore ce genre de challenge ! Je participe à ce concours pour la sixième fois, certains millésimes sont réussis et d’autres moins. Je ne suis donc pas étranger à l’ambiance, ayant fait 2010, 2012, 2014, 2016, 2020 et 2022. Avec le recul, je ne dirais pas que j’ai été surpris du niveau. Si l’on décide de participer à une telle course, on ne peut pas s’attendre à une course en douceur ! C’est exigeant et extrêmement gratifiant à la fois en termes de connaissances et d’expérience en tant que telle. Une certaine maîtrise et donc une connaissance de soi est requise.

Avec quelles parties vous êtes-vous senti le plus à l’aise ?

J’aime l’anglais. Cela en soi ne permet pas de gagner plus de points, mais lorsqu’il s’agit de s’exprimer dans cette langue, cela devient beaucoup plus facile pour moi. J’ai la chance d’avoir vécu dans des pays anglophones et pratiquer l’anglais me calme. J’aime beaucoup l’approche du vin dans cette langue, c’est plus clair pour moi. Après avoir dit qu’on est plus à l’aise avec la dégustation ou les connaissances théoriques, c’est tellement large et les sujets sont toujours surprenants que je ne m’exprimerai pas sur ce sujet. Comme vous le goûtez, vous devez savoir que c’est une école d’humilité. Alors je m’entraîne. Plus on ouvre de possibilités sur le vignoble du monde, plus l’exercice devient périlleux. Par exemple, si on vous donne une dégustation à l’aveugle de cinq vins et qu’on vous dit qu’ils viennent de France, il y a un cadre. Par contre, si on vous propose la même chose avec pour seule instruction de les identifier, cela veut dire que ces vins pourraient provenir de n’importe où dans le monde, donc c’est beaucoup plus compliqué.

À Lire  Heineken : Jefferie réitère son opinion et son objectif

Selon vous, quelle partie est la plus pertinente à travailler ?

La preuve de l’appariement du saké de Mimoleti m’était inconnue, mais je n’ai pas été surpris. Lorsque vous entrez dans ce type de compétition, vous devez vous attendre à tout et même à des choses auxquelles vous ne penseriez pas. L’examen demandait autrefois une dégustation de thé avec un service correct… Je ne me souviens pas de tous les tests que j’ai passés, mais à mon insu, oui, il y en a beaucoup ! C’est vrai, quand je suis entré dans cette salle avec quatre verres à dégustation et un mimolet, je me suis dit qu’on pouvait s’attendre à tout. Il faut garder l’esprit ouvert. Et en même temps, on recherche la capacité d’adaptation et la capacité du candidat à s’exprimer de manière intelligible même lorsqu’il est surpris voire instable. « Avez-vous des projets après le meilleur sommelier de France ? » Je suis déjà concentré sur cet événement qui demande beaucoup de préparation. À l’avenir, j’ai toujours aimé organiser des compétitions, donc quel que soit le résultat du 6 novembre, oui, je relèverai d’autres défis. Au fil du temps, cependant, d’autres besoins émergent, comme fonder une famille. Peut-être la prochaine étape, car professionnellement je me sens tout à fait bien et à ma place. Et il fait bon vivre à Genève !