Pour les groupes de travail lancés par la Conférence épiscopale de France (CEF), l’enjeu est de taille en ce mois de septembre 2022. Plus d’un an plus tôt, la CEF annonçait la création de neuf formations, toutes animées par des laïcs, pour faire des propositions concrètes pour combattre les agressions et les violences sexuelles dans l’Église. Alignées sur les 45 recommandations de Ciase, elles se sont progressivement constituées en février 2022 pour aborder spécifiquement « la confession et l’accompagnement spirituel », « l’accompagnement des prêtres concernés » et « la manière de relier les laïcs au travail du CEF ». .

La présidence du CEF a donc confié à un laïc la mission d’animer bénévolement ces rassemblements : Hervé Balladur, 61 ans, cadre retraité d’un cabinet de conseil en nouvelles technologies. En tant que membre du Conseil Pastoral de Crète, son rôle est d’établir un climat de travail commun, plus proche du monde de l’entreprise, sans hiérarchie ni spiritualisation excessive.

Ainsi, il apparaît comme un simple coordinateur de ces groupes composés des deux tiers de laïcs et d’un tiers du clergé, ainsi que de l’évêque. Leurs neuf pilotes sont des personnalités bien connues de la sphère catholique, comme Vincent Destival, délégué général du Secours Catholique, chargé de « l’échange de bonnes pratiques » en cas de maltraitance, et Florence de Leyritz, co-fondatrice du parcours de foi. en France Alpha, chargé de « suivre les services épiscopaux ».

Une liberté de méthodologie

Hormis le pilote, chaque formation est composée de 9 à 15 membres, dont les deux tiers sont des laïcs, dont le CEF ne dévoile pas l’identité. Ainsi que l’avancement des travaux des groupes, vaguement évoqué sur le site. Certains déplorent également le manque de transparence. « On comprend l’impatience, mais on voulait avancer avant de communiquer sur le sujet. Former les groupes et apprendre la méthodologie a pris plusieurs mois, le travail de réflexion ne fait que commencer », assure une source du CEF.

Environ 60% des membres du groupe ne résident pas en région parisienne, dans un souci d’une bonne représentation de la France entière. Presque toutes les équipes comptent dans leurs rangs des victimes de violences sexuelles commises par des prêtres. « Ils viennent d’un collectif de personnes victimes d’abus dans l’Eglise, car nous avons lancé une invitation à tous les collectifs existants en France pour qu’ils nous rejoignent », a expliqué le CEF. Il était important de les entendre et de les inclure dans notre travail. »

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Dans ces groupes, selon CEF, tout le monde est égal. Chaque section a décidé de sa propre méthodologie, après une phase de rencontre et de prise de connaissance des membres en mars 2022. « Ils ont la liberté de faire ce qu’ils veulent, défend le CEF. Certains se réunissent deux fois par mois, d’autres moins. Certains se sont constitués en sous-groupes, d’autres font beaucoup d’auditions… »

Le bilan au printemps 2023

La phase d’audition a été lancée à l’été 2022 : il s’agit d’un échange avec les fidèles sur la manière de prévenir et de gérer la violence dans l’Église. Neuf groupes tentent surtout de s’adresser à des jeunes professionnels ou à des personnes en situation de précarité, souvent moins bien intégrés dans les institutions ou la vie paroissiale. Début juillet 2022, Marguerite de Lasa, bénévole au café-atelier Dorothy Christian Association à Paris, assiste à ces échanges : « Dorothy a un centre de jour pour les personnes en situation de précarité, explique-t-elle. Hervé Balladur est venu parler à quatre ou cinq bénévoles de leur rapport à la foi et à l’Église. En particulier, une dame nous a dit qu’elle se sentait jugée par l’Église, qu’elle avait l’impression de ne pas y appartenir. »

Le but des neuf commissions n’est pas de s’arrêter à l’étape de la délibération, au risque de faire une copie du rapport Sauvé. Les résultats des travaux seront partagés avec tous les évêques de France lors de l’assemblée plénière de mars 2023. Leur objectif est d’apporter des solutions très concrètes pour « réparer les dysfonctionnements et transformer l’Eglise ordinaire », selon le CEF, qui précise bien qu' »il s’agit d’un changement permanent de culture dans l’institution ».

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