Le sucre, ami ou ennemi ? Les enfants et les adolescents ont besoin d’énergie pour grandir mais la modération dans la consommation de sucre est recommandée. Comment faire pour qu’ils n’en mangent pas trop ?

Nous développons déjà un goût pour les sucreries dans l’utérus. C’est un avantage évolutif qui nous pousse à apprécier la douceur du lait maternel et à rejeter naturellement les goûts amers et acides, une aversion censée nous protéger de la consommation d’aliments toxiques, rarement sucrés.

Ce goût pour les sucreries est très présent chez beaucoup d’entre nous pendant l’enfance et au-delà. Le problème, c’est que nos enfants sont plongés dans un univers doux du matin au soir. Qu’il s’agisse de sucre caché ou visible, nos enfants sont constamment tentés, surtout après 3 ans. Sodas, céréales du petit déjeuner, gâteaux, bonbons, biscuits, tablettes de chocolat… Tout est bon pour leur bec sucré. Le sucre consommé sans modération affecte réellement leur santé et leur bien-être.

Alors, comment réduire la tentation ? Comment les rendre moins addictifs ? Sans forcément remplacer les sucettes par des bâtonnets de carottes…

Une sensibilité différente de chacun au sucre

Les enfants ont besoin de sucre, ils l’aiment et ils peuvent en manger. Il s’agit de trouver la bonne mesure et le juste équilibre, qui n’est pas le même pour tout le monde. En matière de consommation de sucre, nous ne sommes pas tous égaux, et les enfants non plus. Certains sont plus susceptibles que d’autres de devenir dépendants. Certains auront également un risque plus élevé de développer une obésité.

Le médecin Reginald Allouche l’explique : « La sensibilité au goût sucré est très différente selon les individus. Il y en a qui vont fabriquer un peu de dopamine. Tout ira bien. C’est addictif. […] Cela dépend entièrement de les enfants. Par rapport à ces produits, il y a des gens qui sont instantanément accros. Certaines personnes, par exemple, ne devraient jamais rencontrer la molécule. Et puis il y en a d’autres qui peuvent l’ingérer sans problème. »

Les invités offrent tout de même quelques conseils que tout le monde peut suivre.

Quelques conseils pratiques

Selon le Dr. Des alternatives allouches doivent être trouvées. Le sucre ne peut être ni un remerciement ni un régulateur des émotions – si l’enfant est triste, par exemple. Il explique : « Il faut trouver d’autres façons de remercier et de récompenser les enfants. On a trop ce réflexe, car on vient aussi d’une génération de grands-parents avec des conflits. Ils manquaient de sucre, de farine, de beurre et ils avaient tendance à rattraper pour ce qu’ils ont manqué. »

À Lire  Chimiothérapie : 10 conseils pour réduire les effets secondaires

Si l’enfant est en bonne santé, il vaut mieux ne pas faire de régime. dr. Alllouche explique : « Les régimes pour enfants doivent être évités. Ils ne sont pas faits pour les régimes. L’orthorexie doit être arrêtée. »

Selon lui, si on interdit totalement le sucre aux enfants, la fameuse crise des ados, ils vont tout rejeter : les parents, la nourriture, etc.

Il est bon d’expliquer aux enfants ce que sont les glucides, les graisses, etc. et comment ils affectent le corps (bien que vous devriez déjà le savoir vous-même !). Selon Bérengère Philippon, coach en nutrition, il faut répéter cela plusieurs fois à l’école : « Les enfants ont besoin de répéter ça régulièrement pour se le mettre dans la tête. Alors je le répète sans trop les stresser, rien de plus. »

Le sucre est caché dans tous les produits de consommation, parfois sous d’autres noms comme l’amidon de blé, le sirop de glucose-fructose, le sirop de sorbitol, l’amidon de riz, le saccharose, etc. Manger du sucre de temps en temps n’est pas un problème, mais cela devient un problème lorsque la quantité s’accumule entre le sucre que nous voyons et tout le sucre que nous ne voyons pas.

Pour le dr. Pour Allouche, le plus important est que les enfants et les jeunes bougent. Il explique : « C’est la clé absolue, car vous pouvez réguler tout ce que vous voulez, vous construisez de la masse musculaire dans l’enfance et l’adolescence. Plus tard, cela vous assurera d’avoir un métabolisme basal, qui brûle des calories, même sans mouvement. un enfant ou un adolescent n’a pas de muscles, il sera très difficile de les construire après 25, 30 ans. C’est vraiment très important. »

Bien sûr, les parents ne devraient même pas se blâmer s’ils ne suivent pas tous les conseils et instructions, car la culpabilité est le pire conseiller.

Avec

Laure Geisler, médecin généraliste, collabore avec la chaîne LE COEUR NET (Instagram, Tiktok), co-auteur du livre « Devenir père pour les abrutis » (avec Benjamin Muller, Adrien Gantois, Cristelle Kallmann, Romuald Jean-Dit-Pannel, première édition, mai 2022) .

Bérengère Philippon, coach nutrition. Auteur de livres de cuisine/santé à faible IG et animateur du compte Instagram @0sucre. Auteur de « Zéro sucre & IG bas, le clic santé » (Larousse, septembre 2022) et « Je réussis ma détox sucre » 1 et 2 (Larousse, 2021-2022).

Olivia Beziat, diététicienne nutritionniste spécialisée en pédiatrie. Auteur de « Moins de sucre, Mon petit carnet » (Éditions Solaires, avril 2022).

Dr Reginald Allouche, médecin généraliste et ingénieur en biologie médicale, auteur du livre « La méthode hépato-détox », (Albin Michel, septembre 2022).

Petit focus : Patricia Chairopoulos, journaliste pour 60 millions de consommateurs

Gwenaëlle Boulet pour sa chronique « Ma vie de parent ».