Le film Sans filtre de Ruben Östlund, Palme d’or cette année à Cannes, est à voir à Brest.

Par Côte Brest. pour écrire

Publié le 8 octobre 22 à 8h00

Divisé par la Palme d’or au dernier festival de Cannes avec Sans filtre, Ruben Östlund rejoint l’équipe très fermée des doubles palmés (il avait reçu son premier en 2017 pour Le Carré) tels que Coppola, Imamura, Loach, Haneke et les Dardenne frères…

Quand les masques tombent

Pourquoi ce palmier ? Chacun y trouvera sa réponse. Si le sujet n’est pas nouveau, à savoir une vision satirique de la société de consommation et de ses dérives, le réalisateur suédois dessine un film à la fois intellectuel, qu’il ridiculise jusqu’au ridicule, sans être intellectuellement ridicule… Que récompenser ? Peut-être…

Le jeune mannequin Carl (Harris Dickinson) et sa petite amie influenceuse Yaya (Charlbi Dean Kriek, décédée d’une maladie pulmonaire soudaine le 29 août à 32 ans) partagent une conversation stérile sur la place et le rôle de l’homme et de la femme : l’esprit sarcastique derrière le la caméra est indispensable.

Le spectateur est ensuite invité, avec ce couple, à bord d’une croisière de luxe ou chacun des passagers (oligarque polygame, revendeurs d’armes philosophes et richissime homme d’affaires) porte en lui l’irrévérence du pouvoir et de l’ argent. Égocentrique et déconnecté, ce petit monde est écœurant et vous pensez ne pas très bien lire ! Ruben Östlund assure que l’explosion, au propre comme au figuré, fait tomber le masque des apparences.

Bloqués sur une île après une tempête, les rôles sont inversés et la petite équipe prend le relais, prouvant une fois de plus que les plus forts ne sont pas toujours gagnants.

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Un film pénétrant en forme de rebondissements qui nous ramène tous à notre simple égalité, qui n’appartient qu’aux hommes.