Défis – Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’assurance, dans un domaine qui est loin de votre spécialité ?

Christophe Dandois – J’ai passé vingt ans à travailler dans la transformation digitale. L’assurance est le dernier secteur qui n’a pas mis la technologie au service du client. Nous avons voulu créer Leocare avec l’idée d’offrir plus de simplicité et de flexibilité, offrant la meilleure garantie au bon moment avec un prix compétitif. Certes, je suis complètement nouveau dans le domaine de l’assurance, mais Elon Musk n’était pas un expert de l’automobile avant de fonder Tesla.

Comment vous différenciez-vous des assurances traditionnelles ?

Avec notre application pour smartphone, vous pouvez répondre à un devis en une minute avec seulement quelques questions. Vous pouvez être sûr en cinq minutes. Et puis vous pouvez mettre à niveau votre garantie pour économiser de l’argent. Par exemple, si vous laissez votre voiture ou votre moto sur le parking pendant une longue période, vous pouvez baisser le niveau de garantie. Vous prenez une photo avant et après pour passer au niveau supérieur. Au final, des économies entre 15% et 20%.

Une personne avec un smartphone, âgée de 28 à 48 ans : des digital people actifs, pas seulement des digital natives. En matière d’assurance, on commence à se poser des questions lors de l’achat d’une voiture ou d’un bien immobilier. On devrait atteindre 55 millions d’euros de primes d’assurance d’ici la fin de l’année, assurance habitation, scolaire et auto.

Pas encore, car nous investissons pour attirer plus de clients. Le coût d’acquisition est supporté au départ et sa rentabilité est plus longue. Depuis notre création en 2017, nous avons levé 118,2 millions d’euros auprès de fonds tels que Eight Roads, Felix Capital, Ventech et Daphni.

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Vous ne correspondez pas au profil typique présenté par les « nations start-up » au fil des ans. Avez-vous souffert?

C’est vrai que beaucoup étaient convaincus que, pour interrompre, il fallait être jeune, parisien, et qu’on avait grandi dans un excellent milieu scolaire. Noureddine Bekrar et moi avons environ 50 ans, nous sommes originaires de province et nous avons étudié en dehors des écoles de Paris. De ce point de vue, nous sommes juste à côté de l’assiette. Sauf que, désormais, on sent une revalorisation de l’expérience. Il est aussi important de savoir gérer l’entreprise, de savoir augmenter ou diminuer sa taille.

Ne craignez-vous pas que grâce aux données de santé collectées, des géants comme Google ou Apple entrent sur votre marché ?

J’ai connu l’époque où Alcatel était un fleuron français des télécommunications. Ensuite, nous les avons pris comme des manches. Si nous ne nous mobilisons pas aujourd’hui sur les questions réglementaires, il sera trop tard dans dix ans.

Capturez tous les Français et Européens comme clients. Notre objectif chiffré : 1 000 milliards d’euros de prime d’ici 2026. Seuil d’acceptation du marché.