Sudouest.fr avec AFPP Publié le 06/01/2023 à 18:46.

Le chlordécone, pesticide utilisé jusqu’en 1993 aux Antilles, mettait 25 % des Martiquans et 14 % des Guadeloupéens à risque de développer la pathologie.

Le risque de développer une pathologie due à une exposition excessive au chlordécone touche un quart des Martiniquais contaminés par ce pesticide et 14% des Guadeloupéens, a rappelé vendredi Edwige Duclay, coordinatrice du programme chlordécone de l’Etat.

« 25% de la population de la Martinique et 14% de la Guadeloupe » seraient concernés par une exposition excessive au pesticide, qui a été utilisé dans les bananeraies jusqu’en 1993, a indiqué Edwige Duclay, citant des données de santé publique françaises. Selon un rapport publié le 6 décembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), près de 90 % de la population de la Martinique et de la Guadeloupe est contaminée au chlordécone.

Mais « les scientifiques ont confirmé que ce n’est pas parce que vous avez du chlordécone dans le sang que vous allez nécessairement tomber malade », a-t-il poursuivi, notant que le seuil de surexposition est fixé à « 0,4 microgramme par litre de sang ». . Edwige Duclay a rappelé les outils qui ont été mis à la disposition de la population pour réduire son exposition, comme les tests sanguins à partir de fin 2020 ou les dépistages au sol.

55 demandes d’indemnisation

Le fonds d’indemnisation créé fin 2020, qui est destiné aux victimes de poisons phytosanitaires dans le cadre du travail, sera également pérennisé. Selon Edwige Duclay, en revanche, en Martinique et en Guadeloupe, « seulement 55 demandes d’indemnisation ont été déposées ».

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Fin 2021, le cancer de la prostate, dont le record du monde est détenu par les Antilles, a été reconnu comme maladie professionnelle chez les opérateurs, agriculteurs et enfants exposés au chlordécone.

Deux juges d’instruction de Paris ont clos lundi sans mise en examen une enquête sur l’empoisonnement de masse au chlordécone aux Antilles. Cette décision hautement symbolique était redoutée par les élus et les habitants de la Martinique et de la Guadeloupe. qui ont régulièrement dénoncé la menace de « déni de justice ». Plusieurs parties civiles ont annoncé qu’elles feraient appel.