AccueilFinanceVoici les trois directions financières de l’année en Provence

L’Association des Directeurs Financiers et du Contrôle de Gestion de Provence (DFCG Provence) a organisé son 11ème trophée à Marseille. L’événement, qui a réuni plus de 150 professionnels de l’industrie financière, a mis en lumière des projets éthiques et durables

Finance Publié le 17 novembre 2022 à 08h00 par Caroline Dupuy

Une soirée dédiée à la réflexion et à la résilience. Tel était le fil rouge de la onzième cérémonie des Trophées Provence Finance et Gestion organisée par la DFCG à Marseille le 15 novembre. Et pour cause, les trois années qui viennent de s’écouler n’ont pas été de tout repos pour les services financiers et le contrôle de gestion des entreprises provençales. « Notre fonction évolue dans un environnement chaotique, rappelle Marie-Hélène Pebayle, présidente de la DFCG Provence, plus que jamais nous sommes des chefs d’orchestre qui accompagnent la stratégie de l’entreprise. La finance intervient au début du projet, à la fin, mais aussi lors de sa mise en œuvre par des indicateurs de suivi.

La remise des trophées est l’occasion de mettre à l’honneur de belles entreprises de la région et de partager bonnes pratiques, parcours et expériences avec le public. L’occasion aussi de découvrir que la direction financière travaille avec d’autres directions comme les ressources humaines, l’informatique et bien sûr la direction générale. Il est à noter que dans un monde qui change, de nouveaux phénomènes ont un impact sur les entreprises. « Il s’agit notamment du développement du big data, de l’intelligence artificielle, mais aussi de la nécessaire prise en compte des facteurs climatiques et environnementaux dans les stratégies de développement des structures », résume le président de la DFCG Provence.

Un jury présidé par Kevin Polizzi

Les sept candidats sont venus présenter leurs créations via vidéo et soutenir Q&A afin que le public soit complètement immergé dans le sujet. A l’issue de la cérémonie, le jury 2022 présidé par Kevin Polizzi, Président du Groupe Unitel, a annoncé les trois projets lauréats. Lors de la cérémonie, un vote du public a également été organisé pour sélectionner le projet le plus ambitieux. « Cette année, les projets avaient beaucoup à voir avec les RH et la dimension sociale des entreprises. La taille des entreprises candidates était plus importante que les années précédentes. De nouveaux secteurs d’activité ont été récompensés », précise Marie-Hélène Pebayle.

NGE reçoit le Prix du jury dans la catégorie Grande entreprise

Le projet de Jean-Sébastien Léoni, directeur général adjoint de NGE, s’inscrit dans le cadre de la restructuration capitalistique de l’entreprise (quatrième groupe de BTP en France) après le départ d’un partenaire financier. Une opération qui a conduit NGE à refinancer l’intégralité de sa dette de 500 millions d’euros. Ce projet, mis en œuvre en un an, a notamment permis le recours à des émissions obligataires avec des critères RSE. Concrètement, cela signifie que NGE dispose d’un taux d’intérêt indexé en fonction de l’atteinte ou non de ses objectifs RSE : réduction de la fréquence des accidents du travail sur les chantiers ; réduction des émissions de CO2 dans le cadre des Accords de Paris de 4 % par an ; et accroître l’équilibre entre les sexes afin d’augmenter considérablement le nombre de femmes occupant des postes de direction.

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Jean-Sébastien Léoni n’en doute pas : « On parle beaucoup de RSE. Nous le faisons depuis longtemps, mais aujourd’hui, nous ajoutons clairement une couche d’engagement car le prêt réduit notre taux d’intérêt si nous n’atteignons pas nos objectifs. » Un défi de taille, car « les objectifs sont tellement difficiles à atteindre qu’on ne pourra pas les atteindre cette année », reconnaît le directeur général adjoint. Et quand on lui parle de retour sur investissement, il le dit très clairement : « il n’y a rien pour le moment. Mais force est de constater que nos clients intègrent de plus en plus des critères RSE dans leurs appels d’offres.

+ Simple reçoit le Prix du jury dans la catégorie Petite et moyenne entreprise

Présenté par Joris Galéa, CFO + Simple, courtier grossiste spécialisé en assurance des indépendants et des TPE et PME, le projet porte sur la mise en place d’un développement commercial. Avec deux axes principaux : générer des synergies de revenus en mettant en œuvre une stratégie de croissance externe et financer cette stratégie. « L’activité + Simple est passée de 2 à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en trois ans. Une croissance très rapide que mon équipe et moi-même organisons et accompagnons dans les fonctions financières, ressources humaines et contrôle interne », précise Joris Galéa. Concrètement, en avril 2022, la structure a levé 90 millions d’euros auprès du fonds d’investissement KKR et Tikehau pour financer son plan de développement externe. A la fin du premier semestre 2022, les équipes de + Simple ont acquis et intégré avec succès huit sociétés en deux ans. C’est cette belle aventure de la société marseillaise, qui ambitionne de transformer le courtage d’assurances en mettant davantage l’accent sur la technologie et la connaissance du client, que le jury a souhaité récompenser.

Fondasol reçoit le Prix Coup de coeur du jury et prix du Public

C’est indéniable : le projet, porté par Caroline Notre Dame, Directrice Administrative et Financière du Groupe Fondasol, a remporté de nombreux suffrages puisqu’il a remporté à la fois le prix coup de cœur du jury et le prix du public. Il faut dire que le Groupe Fondasol (conseil en construction) a décidé de développer l’implication des salariés pour son entreprise. A cet effet, le projet élaboré en moins de trois mois a consisté à créer un bloc majoritaire d’actionnariat salarié. « Cela permet de passer le relais à l’entreprise et d’assurer son développement durable. L’actionnariat salarié majoritaire sensibilise les salariés aux enjeux de performance et financiers et permet une gouvernance plus transparente », conclut Caroline Notre Dame. Cette vision à long terme redéfinit les cartes, mettant le travail et le capital sur un pied d’égalité. « En France, on connaît très peu la valeur du travail. Là, les salariés profitent pleinement de ce qu’ils ont créé, résume le directeur administratif et financier.