l’essentiel

Invité par l’Harmonie Mutuelle et la Mutuelle Nationale Territoriale, Josef Schovanec a animé mercredi une conférence à l’Odeum. Avec gentillesse, bienveillance et une grande rapidité d’exécution, il est revenu sur son engagement pour une société plus inclusive pour les personnes en situation de handicap, quelles qu’elles soient.

Invité de conférences depuis de nombreuses années : quel a été le déclic ?

L’une des raisons est que l’autisme était si mal compris à l’époque qu’il n’y avait pratiquement pas d’adultes autistes qui en parlaient en France. Mais il répondait aussi à une question plus large : celle de la pluralité, de la diversité. J’aime ce mot, mais il est utilisé aujourd’hui d’une manière un peu liturgique, comme s’il suffisait de le répéter encore et encore pour que les choses avancent. Il faut du concret, même si je suis conscient de l’ampleur de la tâche, à mon petit niveau.

Pourtant, il semble que l’on n’ait jamais autant parlé d’inclusion, de prise en compte du handicap…

Il y a eu quelques secousses, notamment en matière de scolarisation. Mais sur l’avenir professionnel des adultes, nous ne sommes pas mieux lotis. À bien des égards, la société devient encore plus dure envers les personnes handicapées. Il y a un siècle, c’était beaucoup plus facile de trouver un logement, ou au pire on le construisait parce qu’il n’y avait pas besoin de permis. Malgré une misère bien présente, cette société était plus facile pour les « différents ». De nos jours, beaucoup de choses deviennent de plus en plus exclusives. Prendre le train, par exemple, devient de plus en plus compliqué. Il y a 50 ou 60 ans, il suffisait de monter dans le train, et puis quelqu’un venait vous demander où vous alliez. Aujourd’hui, si vous êtes aveugle, si vous n’avez ni carte de crédit ni téléphone portable, que faites-vous ? À mesure que notre société devient plus complexe, elle exclut de nouveaux segments de la population.

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Vous considérez-vous comme un exemple, une preuve qu’avoir un handicap ne vous empêche pas d’entreprendre des choses ?

Je ne suis pas du tout « Tik Tok », je ne me vois pas comme un influenceur ! C’est beaucoup plus intéressant de parler des gens en face de moi, de leur histoire, de célébrer autour des réussites des autres. J’ai passé quatorze ans à l’université en tant qu’étudiant, mais j’ai appris davantage des personnes que j’ai rencontrées au détour d’une route, lors de mes voyages ou dans des lieux liés au handicap où personne ne va jamais, dans des établissements fermés. J’y ai vécu de merveilleuses expériences avec des personnes en situation de handicap intellectuel sévère, alors qu’elles ont tant à nous apprendre… Je travaille aussi avec des élèves en situation de handicap très sévère. L’un d’eux n’a presque aucune mobilité, il ne sait pas lire car il ne peut même pas bouger les yeux ni même parler. Pourtant, ces personnes étudient et parfois même réussissent mieux que certains étudiants valides.

Êtes-vous optimiste quant à une meilleure intégration sociale du handicap à l’avenir ?