Pourtant, plus d’un cadre supérieur et cadre supérieur sur deux qui se dit satisfait de son N+1 et de son management envisage de démissionner.

Bientôt, la grande démission de l’exécutif ? Selon une étude Ifop pour le consultant RH Arthur Hunt et l’agence Bona fidé, 58% des cadres et managers de haut niveau se disent « tentés » de démissionner. 40% d’entre eux se déclarent intéressés à entreprendre ou exercer une activité à leur compte.

Pourtant, ces cadres et managers de haut niveau, pour la plupart, ne montrent aucun signe d’insatisfaction ou de dégoût envers leur employeur. 76% d’entre eux se disent « investis et engagés » dans la transformation de leur entreprise.

Aussi 87% (96% des cadres supérieurs et 80% des managers) se déclarent « satisfaits » de leurs relations avec leur N+1 et estiment avoir les qualités requises pour leur poste. Enfin, 84% des dirigeants et managers ont une bonne image de la gestion de leur entreprise.

Une modification structurelle du rapport au travail?

Si ces envies venues d’ailleurs ne viennent pas d’un malaise des cadres et dirigeants, quelle est leur origine ? Pour les auteurs de l’étude, la réponse est davantage à chercher du côté d' »une modification plus profonde et plus structurelle du rapport au travail, avec des attentes grandissantes en matière de sens de son poste, d’éthique et de responsabilité générale de l’entreprise ».

Il ne s’agit toutefois pas d’une démission majeure des cadres français. En fait, il y a souvent un pas entre la volonté d’abandonner et l’acte. Une différence significative mise en évidence par le baromètre de l’assurance maladie d’Alan avec Harris Interactive, qui couvre tous les salariés. Selon ce travail, 44 % d’entre eux songent à arrêter, alors que seulement 18 % disent qu’ils le feraient vraiment.

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Sans compter que la situation économique actuelle pourrait bien agir comme un frein supplémentaire. Interrogé par BFM Business, le PDG et co-fondateur d’Alan, Jean-Charles Samuelian-Werve, estime que cet « effet ciseau » s’explique notamment par « la peur de l’inflation et de la guerre en Ukraine ».

Un marché du travail dynamique

De plus, les caractéristiques de cette tendance à la hausse des démissions ne s’accompagnent pas, dans la plupart des cas, d’une sortie durable du marché du travail. Selon une étude de la Dares publiée le 19 août, au premier trimestre 2022, 510 000 démissions ont été enregistrées, dont 470 000 de personnes en CDI, un niveau record depuis plus de quinze ans.

Selon le co-auteur de cette étude, Michaël Orand, cette augmentation du nombre de démissions s’explique principalement par le dynamisme actuel du marché du travail. « Le taux de chômage étant en baisse, les employeurs qui recrutent doivent naturellement se tourner davantage vers des personnes déjà en poste », a-t-il expliqué sur l’antenne de BFM Business.

Dans le même temps, le taux d’emploi n’a jamais été aussi élevé en France et a atteint 70%, a également souligné Michaël Orand. Huit personnes sur 10 qui ont démissionné ont trouvé un emploi six mois plus tard.

L’étude Ifop pour le consultant en ressources humaines Arthur Hunt et l’agence Bona fidé a été réalisée auprès de 200 cadres dirigeants et 300 cadres d’encadrement d’entreprises de plus de 50 salariés. Les réponses ont été recueillies du 30 août au 14 septembre 2022.