Jusqu’à 90 visites par jour pour les urgences pédiatriques à l’hôpital Sainte Musse de Toulon, dont au moins la moitié pour des bronchiolites, quand la moyenne annuelle tourne autour de 70 consultations par jour. « Là aussi, l’épidémie est arrivée tôt et la situation est tendue, même si le pic de l’épidémie n’est annoncé que dans deux semaines » pointe le Dr Audrey Bersani, chef de service. Les temps d’attente sont parfois longs, jusqu’à 4 heures aux heures de pointe, généralement la nuit et le week-end.

« Sauf urgences réelles, il faut éviter de venir à ces horaires, les équipes sont divisées par deux, l’accès aux soins comme la radiologie est plus lent, prévient le Dr Bersani. On commence à trier, refuser les patients qui ne viennent pas des urgences dans les hôpitaux. de les rediriger vers des maisons médicales d’urgence. Il est également à noter, rappelle-t-elle, qu’après avoir été sélectionnés à leur arrivée, les enfants sont pris en charge par ordre de gravité, et non par ordre d’arrivée. Moins on a de place aux urgences chambre, plus on attend. Tout le monde ne le comprend pas très bien, parfois il faut aussi gérer l’agressivité et la colère. »

Si les six boxes d’examen et les lits du service de pédiatrie ont été rapidement saturés, le service n’a dû procéder qu’à un seul transfert, vers l’hôpital de Hyères. « Pour l’instant » craint le Dr Bersani, et « hormis des transferts systématiques en réanimation pédiatrique à Marseille pour les cas les plus graves », l’hôpital de Toulon ne dispose pas de ce service.

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« Parfois, explique-t-elle, on laisse les enfants rentrer chez eux et on les rappelle le lendemain pour un suivi, car on a des cas plus graves à prendre en charge dans le service. Et on n’est pas encore au top ! On espère qu’on ne va pas on va devoir transférer plus, comme nos collègues de la région parisienne. C’est déjà traumatisant pour des parents d’avoir un enfant à l’hôpital dans la réa, alors imaginez, loin de chez eux ! »

Compliquée par l’afflux précoce d’un grand nombre de cas, la gestion de l’épidémie l’est aussi par les maladies chroniques dont souffre le monde hospitalier, à commencer par le manque de personnel. « C’est stressant au niveau médical, confirme le Dr Bersani. On arrive à tenir le roster mais si on pouvait le renforcer, ce serait mieux… Au niveau infirmier, mais comme partout en France, c’est quand même difficile ! »

Pour autant, cette situation épidémique a eu peu d’impact sur les soins programmés, jusqu’à aujourd’hui « Nous avons dû annuler quelques consultations, mais cela n’a rien à voir avec Marseille, par exemple, où certaines chimiothérapies pédiatriques ont été déprogrammées faute de personnel. »