Il existe à Bordeaux une dizaine de saunas libertins déclarés. Ce mercredi 21 septembre, nous avons frappé à la porte de la Métropole, située dans le quartier des Chartrons. Rapport.

« Vous en avez qui viennent en maillot de bain et sortent de la loge, un peu surpris de voir des gens nus discuter dans le bar », s’amuse Mickaël, neuf ans employé au Métropole, un sauna libertin situé dans le quartier des Chartrons.

A Bordeaux il n’y en a pas moins d’une dizaine. Ces établissements pour adultes, fréquentés plusieurs fois par semaine pour certains, forment une clientèle fidèle.

Le Métropole a ouvert ses portes en avril 2013 et a été fondé par deux hommes. Le premier possédait déjà un autre sauna dans la capitale girondine, le second y était client. La relation client s’est transformée en amitié, l’amitié en association. Ce contexte de camaraderie lors de la création de Metropolis, les habitués le ressentent lors de leur visite.

Des clichés à la peau dure

« Ici, nous recevons beaucoup de compliments sur l’ambiance. C’est convivial et détendu », raconte Mickaël alors qu’il nettoie et prépare les chambres.

A 13h, le sauna ouvre ses portes et accueille ses premiers clients. L’homme derrière le bar discute avec Thibaut, un habitué. Le jeune homme de 29 ans, une serviette autour de la taille, raconte en souriant : « J’avais une image sale et lugubre du concept, mais en fait, quand on est curieux, on dépasse les a priori, on prend le risque… »

« Je crois que personne ne m’a jamais dit qu’il y avait des gens lourds ou insistants », raconte Mickaël. La vente d’alcool est interdite dans l’entreprise, ce qui, selon lui, la rend encore plus rassurante : « Nous n’avons pas l’autorisation d’en vendre, et c’est bien de pouvoir parler aux gens s’il y a un problème. depuis 10 ans dans les discothèques, il estime que « l’alcool laisse place aux sous-entendus et aux malentendus ».

A Métropole, chacun peut se montrer comme il l’entend et adopter ses goûts et ses envies. « Vous savez, l’avantage c’est qu’il n’y a pas de frustration, les clients peuvent être eux-mêmes. » Bruno confirme que c’est un lieu plein de bonne volonté : « Ils poussent à la porte du sauna avec une envie d’échanger. C’est plutôt un tout espace dédié aux rencontres et aux plaisirs. »

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600m2 d’érotisme

En s’aventurant pas à pas dans ces 600 m2 d’érotisme, on découvre ça et là 11 chambres, voire un hammam et un jacuzzi, qui humectent l’établissement de vapeurs humides qui nourrissent un peu plus son côté mystique.

Chaque jour, de De 1h à 1h du matin, les clients, habitués ou non, se mêlent, se rapprochant tantôt en apprenant à se connaître au bar, tantôt en s’emboîtant dans la prise de bec que d’autres ont déjà menée. Beaucoup choisissent de quitter le vestiaire mixte avec la serviette autour de la taille. Les femmes peuvent porter un paréo coloré mais transparent qui révèle les contours de leur silhouette.

Certains tiennent la serviette sur leur épaule alors qu’ils se présentent sous leur forme la plus simple. « Personne n’est obligé de venir complètement nu », explique Thibaut en riant. Le jeune homme, cheveux longs tirés en arrière et abdominaux bombés, insiste sur le fait que certaines femmes sont parfois en « déshabillé » voire en déguisement sexy. « Personnellement, je trouve que ça ajoute au mystère et j’adore ça », commente le client.

L’intérieur de la métropole. (©Lucie Gabryk)

L’intérieur de la métropole. (©Lucie Gabryk)

Une clientèle féminine protégée

L’établissement fournit des préservatifs pour encourager les clients à partager des rapports sexuels protégés. (©Lucie Gabryk)

Seuls ou accompagnés, les futurs libertins entrent dans un lieu aux antipodes de l’image sale et marginale qu’ils peuvent avoir. Les couloirs sont simplement éclairés par une faible lumière rouge. Après tout, le carrelage noir brillant qui recouvre les murs dessine anonymement des silhouettes de libertins. Des canapés et des fauteuils en simili cuir agrémentent l’espace bar du sauna. Les télévisions diffusent des vidéos pornographiques dans toutes les différentes pièces et couloirs.