Publié le 23/12/2015 à 15:04.

, mis à jour le 10/04/2018 à 10h54

Chérie pas ce soir, j’ai une migraine ! Chez les hommes aussi, le désir est fragile… Mais la baisse de la libido masculine n’est pas négligeable. Bilan du désir des hommes en demi-pôle, à cause des remèdes et de Nathalie Giraud Desforges, sexothérapeute.

Erection et désir :  gare au cercle vicieux !

Vous regardez la machine à laver dans le programme « essorage », en lui lançant des regards malicieux. Au restaurant, vous rentrez votre serviette… qui s’avère être votre sous-vêtement. Rien ne fonctionne! Impossible de provoquer un pic de libido, votre homme ne veut plus de vous ! Il est nécessaire d’enquêter sur la cause pour trouver un moyen de le résoudre et de retrouver une sexualité épanouie.

Entre les hommes et le désir, ce n’est pas si compliqué, du moins en apparence. « Pour lui, une érection est un symbole vivant de son désir effréné » résume Nathalie Giraud Desforges. La chaleur dans son membre et la turgescence étaient un signe dont il était fier. Alors, quand son pénis brille de ce manque de panache et ne s’impose constamment pas, il en conclut qu’il n’a aucun désir.

Les raisons de leur manque de puissance sont diverses. La première chose à faire est de faire attention à l’érection du matin. S’il n’y en a pas, on peut suspecter que la dysfonction érectile a une origine physiologique (hormonale, vasculaire, etc.). Sinon, l’origine psychosomatique est favorisée (anxiété, stress, anxiété sexuelle, etc.).

Une panne de désir primaire ou secondaire

Lorsque les pannes deviennent chroniques, elles peuvent provoquer un stress qui entraînera d’autres pannes. Pour arrêter ce cercle vicieux, il est parfois utile de consulter.

Un manque de désir primaire

Une fois la question physiologique écartée, d’autres facteurs peuvent être à l’origine de ce problème. Tout d’abord, un inventaire est nécessaire. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? « La panne du désir peut être primaire ou secondaire » nuance Nathalie Giraud Desforges.

Trop de respect

Pour certains couples, ce désir n’était pas là dès le début de la relation. Elle peut être masquée par la tendresse ou des épisodes amoureux, par exemple, puis briller peu à peu par son absence. « La sexualité ne démarre pas toujours une relation » explique la sexologue. Les femmes peuvent prendre cette attention en signe de respect, ce n’est que plus tard que l’attention se posera, face à ce qui est considéré comme une carence.

La peur des femmes

Parfois, les hommes respectent trop leurs femmes. Il investit alors sa partenaire dans une position « haute » et se sublime. Le sentiment amoureux interfère avec des désirs plus triviaux.

Un manque de désir secondaire

La libération de la sexualité des femmes peut avoir l’effet pervers d’effrayer les hommes. L’affirmation du désir des deux bouleverse le code bien établi de la virilité. Même si un homme le nie, il peine à trouver sa place. De plus, la pression de l’obligation de jouissance de son partenaire est forte. Donc une inhibition. Pour ne pas risquer de se décevoir ou de ne pas y arriver, il évitera le passage à la sexualité.

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Les facteurs émotionnels

Il n’y a pas si longtemps, le simple fait de vous voir en petite culotte rouge ou d’écouter la chanson où vous aviez fait l’amour sauvage pour la première fois suffisait à chahuter ses sens, affoler sa libido… Ce n’est pas le cas ! « Il faut qu’il y ait un déclic, il faut se poser la situation avant, après » explique Nathalie Giraud Desforges.

Le désinvestissement de la relation

Le désir d’un homme est fragile, certains événements peuvent affecter sa libido, sans qu’il s’en rende compte. Un déménagement, un licenciement, la perte d’une mère ou un accident peuvent affecter sa sexualité.

Une infidélité

Le manque de désir peut également conduire à des questions sur la relation. « La perte de libido chez l’homme peut être le signe d’un dysfonctionnement chez un partenaire », explique notre expert. Prenez le pouls de votre relation : « Que faites-vous d’autre ensemble ? C’est le seul domaine où le lien est rompu ? ». Si d’autres domaines que la sexualité sont touchés, la perte de désir est le symptôme d’un trouble majeur dont il faut être conscient.

L’arrivée d’un enfant

La perte de désir de sa part peut révéler la présence d’un autre partenaire. Si c’est le cas, un ensemble de signes devrait soutenir cette possibilité.

Perte de désir : en parler est nécessaire

Parfois la grossesse est vécue en couple comme une nouvelle opportunité érotique, grâce au boulet d’hormones, et le corps aux courbes pleines, est également envisagé. Puis une fois l’enfant arrivé, plus rien. Quel est le problème avec lui? « Le changement de statut en question, le passage de femme à mère, le place aussi dans une position de père » rappelle Nathalie Giraud Desforges. Bien que cela puisse sembler courant et connu, c’est un fait. De plus, s’il assiste à l’accouchement, il peut être influencé sexuellement à son insu. Beaucoup sont vraiment préparés, et beaucoup acceptent sous la pression, avec des effets fâcheux sur le désir.

Si la situation se stabilise, il y a un risque. Surtout si le déséquilibre apparaît avec des demandes de partenaires non satisfaites. « La femme peut être épuisée dans l’attente, ou souffrir du sentiment de rejet » précise notre experte. Les conséquences au quotidien peuvent varier de l’agressivité, à la colère avec l’infidélité, voire la rupture. En parler est nécessaire.

Comment? « Dialogue sur la sexualité et même la perte de désir chez un homme délicat » rappelle Nathalie Giraud Desforges. Choisir le bon endroit et le bon moment est important. Vous avez besoin d’intimité et de temps pour aborder le sujet avec bienveillance. « Éviter de tomber dans les reproches est important, il vaut mieux partir de l’observation des faits et de votre ressenti. Parlez de vous, exprimez ce qui est difficile » a ajouté notre expert. Aussi, gardez vos attentes en perspective. ce temps de dialogue peut ou non conduire au changement. « Les programmes de changement radical, comme par magie, ne sont pas très réalistes » prévient la sexologue. Souvent, c’est la première étape.

Si le problème est chronique, consulter un spécialiste est une solution à envisager. Une fois les aspects physiologiques écartés, vous pouvez contacter un couple sexologue ou psychothérapeute. Cela peut être une approche en couple ou en solo. Dès lors, cette difficulté peut ouvrir de nouvelles opportunités dans le couple, pour une sexualité plus épanouie.