Chaque homme peut faire face à une « panne » de temps en temps, qui ne devrait avoir aucune conséquence. En revanche, si la panne se répète de plus en plus, elle peut devenir un signal d’alarme, à étudier de plus près.

La « rupture sexuelle » est le plus souvent occasionnelle et transitoire. Mais quand cela arrive trop souvent, les médecins parlent de « dysfonction érectile » et on peut légitimement commencer à se poser des questions. Sans trop nous alarmer cependant : quasi banal, le phénomène touche un Français sur trois de plus de 40 ans et peut avoir de multiples causes. Mais certains sont le résultat d’un problème de santé général. Cela explique aussi pourquoi de plus en plus d’hommes, qui vieillissent, sont inquiets (environ 23% de 50 à 59, 38% de 60 à 69, 67% après 70)*. D’où le double intérêt de ne pas avoir peur d’en parler avec son médecin, car son diagnostic peut aussi vous aider à retrouver toute votre vigueur.

Une cause hormonale ? Parfois, mais pas souvent

Une érection efficace nécessite des niveaux suffisants d’hormones mâles. Les androgènes, sécrétés par les testicules et les glandes surrénales, agissent sur les mécanismes de relaxation des artères caverneuses, qui permettent au pénis de se gonfler de sang. Ils exercent également une action primaire au niveau du cerveau, dans les zones qui contrôlent le désir sexuel. C’est pourquoi sa carence entraîne simultanément une diminution de la libido.

Son taux dans le sang diminue naturellement avec l’âge, mais en dessous d’un certain seuil, des conséquences néfastes commencent à se faire sentir : on parle alors d’andropause ou Dla, déficit androgénique lié à l’âge). Si le problème sexuel s’accompagne d’une fatigue générale, de troubles du sommeil ou de l’humeur, d’attaques de sudation, il vaut la peine de consulter. D’autant plus que d’autres maladies hormonales, qui touchent par exemple la thyroïde, peuvent également affecter la qualité de l’érection et de la libido. Des tests et des traitements simples peuvent résoudre rapidement les problèmes.

Une petite déprime ? Pas si rare…

Le stress est également susceptible d’empêcher un relâchement suffisant des parois artérielles du pénis. C’est ainsi qu’un excès d’émotion ou d’anxiété de performance suffit à perturber l’érection. Surmenage, problèmes professionnels, tension chez le partenaire… ces facteurs psychologiques sont les plus fréquents lorsque le trouble touche un jeune homme. Mais, dans de tels cas, les érections nocturnes sont souvent maintenues.

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A moins que les difficultés de la vie ne conduisent à une véritable dépression, caractérisée par une perte d’impulsion vitale qui touche tous les domaines. La diminution du désir sexuel et de l’excitation est parfois le premier symptôme.

Signe d’un début de maladie cardio-vasculaire ? Fréquent

Le remplissage du pénis est assuré par des artères dont les parois doivent se détendre suffisamment pour permettre au flux sanguin d’envahir les corps caverneux, les « tubes » qui parcourent le pénis. Si les parois artérielles sont endommagées ou moins élastiques, le comblement est incomplet voire impossible. Comme ces artères sont les plus petites du corps humain, elles sont souvent les premières à souffrir. Dès lors, les cardiologues insistent sur ce signe d’alerte qui peut prévenir des problèmes plus graves, notamment en cas d’hypertension : 60 % des hypertendus non traités seraient concernés par ces troubles.

Autre fait probant : sur dix hommes apparemment en bonne santé qui ont subi un accident cardiovasculaire, sept ont eu des problèmes d’érection pendant trois ans en moyenne (Montorsi, 2003). Nous avons donc le temps de faire le point. Mais c’est une bonne raison de prendre rendez-vous avec votre médecin.

Symptôme d’une atteinte « nerveuse » ? Trop fréquent aussi

Parmi les origines « physiques » du problème, on pense aux séquelles neurologiques d’une intervention chirurgicale (opération de la prostate, par exemple) qui empêche la contraction des muscles assurant la rigidité du pénis. Mais des lésions nerveuses peuvent également résulter du fait de fumer ou de boire trop d’alcool. De la même façon qu’elles sont plus souvent dues au diabète : 12 % des consultations pour troubles de l’érection permettent ainsi de dépister un diabète non reconnu (Jama, 1980). Sans oublier, bien sûr, les maladies neurologiques, comme la sclérose en plaques, et les traumatismes médullaires.

Il suffit de prendre le sujet à bras-le-corps. Ce qui est rarement le cas, soyons honnêtes. « Mais il ne s’agit pas non plus de trop s’inquiéter », conseille Mireille Bonierbale, notre sexologue. Toute période « non » ne signifie pas que l’on est cardiaque ! Alors restez sain d’esprit, pendant que nous regardons.

* Petit Larousse de la sexualité.