Médecin de garde le soir en semaine et le week-end à l’hôpital de Bagnols.

L’idée est née il y a plus de deux ans, face au manque de médecins de la ville et à l’engorgement des urgences. Avec la crise sanitaire, l’urgence était ailleurs… Et voilà que dans un mois, le Centre Médical de travail (MMG) prend vie. Grâce à la pugnacité d’un petit nombre de médecins, soutenus par l’Ordre des Médecins. Ils ont demandé aux frères de répartir les gardes. Grâce à la riposte des pouvoirs publics alors que les subventions de l’Agence régionale de santé (ARS) n’ont pas encore été débloquées.

Ainsi l’Agglo du Gard rhodanien a versé une subvention de 4 000 € pour un logiciel d’information administrative et médicale, la Ville de Bagnols soutient deux emplois de secrétariat (la commune s’est également occupée du recrutement d’urgence), et grâce au centre hospitalier fournissant locaux et équipements. « C’était un défi de mobiliser les médecins, une trentaine va se présenter pour que la Chambre soit ouverte tous les soirs », a indiqué Julia Fidry, médecin généraliste à Arpaillargues, à l’origine du projet avec Nathalie Frayssines, médecin à Bagnols, et Alexandre. Court, médecin à Saint-Quentin-la-Poterie.

Les trois ont présenté le dispositif hier matin à l’hôpital, entourés de Jean-Christian Rey, président d’Agglo, de Michèle Fond-Thurial, de l’assistante de santé bagnolaise et du directeur de l’établissement hospitalier, Jean-Philippe Sajus.

Appeler d’abord le 15

« Le secteur de garde était déjà large, jusqu’à Roquemaure et Saint-Quentin, a rappelé Nathalie Frayssines. Fin juin, le secteur de Pont-Saint-Esprit nous a rejoints. » Fusion « indispensable ». Cela permet d’augmenter le nombre de pratiquants et d’alléger le secteur du Bridge « en souffrance ». « La population médicale vieillit, beaucoup de gens n’ont pas de médecin traitant. Il fallait trouver une solution. Nous espérons aussi qu’ainsi nous attirerons de jeunes praticiens dans le secteur. la ville et l’hôpital. » En pratique, la MMG ouvre ce jeudi soir, sept jours sur sept, du lundi au vendredi de 20h à 21h. jusqu’à minuit; Samedi, 12h jusqu’à 20h00 ; et le dimanche à partir de 8h jusqu’à 20h Avant de vous y rendre, il faut impérativement appeler le 15. Vous devez disposer d’un moyen de paiement (le patient devra avancer la partie réciproque) et l’accès se fait par l’entrée principale de l’hôpital (et non aux urgences). Les médecins recevront pour la « bobologie », la pédiatrie, les infections urinaires, les petites sutures, etc.

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Ce n’est que le début…

Créée début juin, l’Association des Professionnels de Santé du Bassin Bagnolais continuera d’organiser des rencontres avec tous les professionnels des secteurs médical et paramédical. Il est ouvert à tous les commerces. « Cette Chambre est un des volets de ce qui est mis en place. Les dix prochaines années seront cruciales. Il faut être inventif pour inventer la médecine de garde de demain », ont déclaré les médecins. Paradoxalement, la crise sanitaire aura eu un effet positif : les personnels soignants travaillant ensemble au sein des centres de vaccination ont pu se rencontrer et discuter, ce qui a facilité la création du MMG. La pérennité du projet dépendra du financement de l’ARS, de la création des futurs bâtiments, etc.

Des médecins à bout…

Les trois médecins présents hier ont livré des témoignages émouvants sur leur quotidien. Avec la création de ce Centre Médical de travail, les médecins anticipent une autre réalité, la réquisition judiciaire de l’Etat et de l’ARS qui peut aussi « nous inciter à ne pas prendre ou reporter des vacances ». Une demande mal vécue après « deux années folles », de gestion de la crise sanitaire. « Nous avons tous besoin de repos. Certains ont décompensé. Certains s’effondrent. » Les médecins privés travaillent plus de 50 heures par semaine. Quand ils travaillent le week-end, ils font quinze jours de travail. « Nos horaires dépassent l’entendement. Nous saluons les médecins qui ont accepté de s’organiser, cette mobilisation est incroyable. » Ce dernier n’en pouvait plus d’attendre : « Dans nos cabinets, les gens pleurent, ils n’ont pas de médecin à soigner. C’est notre quotidien.