Tom Tarsiguel a créé Tableaux Paris il y a deux ans. Brunchs, planches apéro ou plateaux de fromages beaux à voir et à manger.

« Quand j’étais jeune, je voulais être fleuriste ou cuisinier. Au début de ses 27 ans, Tom Tarsiguel a réussi à faire les deux grâce à son activité lancée en 2020. Avec Tableaux Paris, il propose des brunchs, des planches apéro ou encore des plateaux de fromages fleuris, sous forme d’œuvres d’art. Comme Arcimboldo dont les créations étaient à déguster, il s’inspire des saisons et des produits qu’il sélectionne avec soin.

Rencontre avec un Parisien ambitieux et travailleur, qui compte bien faire partie du prestigieux classement Forbes « Under 30 ».

Attiré par le luxe et les belles choses 

Depuis son laboratoire du 11e arrondissement, il déroule sa carrière avec fierté. Entre les loges, « c’est fou les fêtes de fin d’année » glisse le chef de formation, et un vaste plan de travail en marbre, revenant sur son ascension notamment grâce aux réseaux sociaux.

« J’ai commencé à travailler à 15 ans », annonce Tom Tarsiguel en préambule. Fasciné par les belles choses et le luxe, il étudie dans des établissements prestigieux. D’abord en Bretagne dont il est originaire, puis à Paris. Fils d’un agent SNCF et d’une mère au foyer, il n’a que 17 ans lorsqu’il quitte sa région pour la capitale.

« Puis très vite, j’ai des démangeaisons aux pieds. » Il s’envole ensuite pour Saint-Barthélemy, dans les Antilles françaises, où il passe six mois dans les cuisines d’un hôtel cinq étoiles. Après un court séjour à Paris, il s’installe à Montréal, au Canada, où il dirige le Ritz-Carlton.

Au bout de deux ans, je m’ennuie. C’est un milieu très masculin, très machiste et donc il n’y avait pas de place pour la création. Mon rôle était juste d’exécuter les commandes.

Un retour forcé en France à cause du Covid

Il quitte donc le froid de Montréal et passe l’hiver sous le soleil de San Francisco. Là, il a décroché un emploi dans une fromagerie haut de gamme qui vendait des produits français. « A seulement 24 ans, j’ai été promu directeur des trois établissements », se souvient-il. Puis le Covid a sonné le glas de l’aventure californienne.

Le patron ferme deux de ses magasins et résilie le contrat de Tom Tarsiguel. Obligé de rentrer en France, le retour est brutal. « C’était en avril 2020, en plein confinement. Tout était fermé et j’ai dû repartir à zéro, c’était horrible », se souvient-il.

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Il laisse des CV partout et vit grâce à ses économies. « C’est alors que l’idée de créer Tableaux Paris a germé. »

Soigner l’effet waouh 

C’est alors qu’il importe le concept de « boîte de pâturage » et de « table de pâturage », des compositions où tous les éléments d’un brunch sont dans la même boîte, aussi bien salés que sucrés, et où l’esthétique prime. . Le chef dicte seul la direction artistique de ces toiles, « je les peins selon la couleur ou le produit ». Les recettes changent tous les trois mois.

« Le but est que le client ouvre le coffret, lise et prenne en photo son tableau », explique le Parisien. Quant aux produits, l’assure Tom Tarsiguel, « ils viennent majoritairement de France, je choisis le meilleur de nos régions, et d’Europe. Vous ne voyez jamais un avocat ou un fruit de la passion par exemple. »

Au menu donc, Brie de Meaux (Seine-et-Marne), charcuterie issue de l’agriculture extensive, pain d’épices signé Meilleur Ouvrier de France…

Entre 6 000 et 7 000 plateaux vendus par an

Lancé en septembre 2020, c’est l’intervention d’un influenceur aux plus de huit millions d’abonnés qui pousse Tableaux Paris. « J’étais très anxieux au début, j’avais peur que les Parisiens arrêtent de rester », raconte-t-il.

Mais la magie opère et les commandes arrivent, ses planches brunch et apéro circulent sur le réseau social à toute vitesse. « Nous n’avons rien annoncé », sourit Tom Tarsiguel.

Les Parisiens avaient de l’argent après s’être vu refuser la sortie pendant des mois à cause du Covid. Et puis on leur a apporté quelque chose de sympa qu’ils ne trouvaient plus au restaurant à cause des mesures de restriction.

Aujourd’hui, il vend entre 6 000 et 7 000 tableaux par an et gère une équipe de 12 salariés.

Chanel et Dior conquis par le concept

Une fois le confinement levé, les Parisiens se sont remis au restaurant. « Les grandes entreprises ont pris le contrôle de nos carnets de commandes », dit-il. « On se différencie en proposant aux clients autre chose que des petites verrines dans des contenants en plastique, cassant les codes de la cuisine française », plaide le vingtenaire.

« Quand on arrive à concevoir le buffet, on est considéré comme des artistes et ça change tout », confie celui pour qui travailler pour Dior ou Chanel était « un rêve ».

Fin 2022, Tom Tarsiguel exaucera d’autres voeux. Après avoir ouvert un commerce éphémère rue de Turenne (ouvert jusqu’au samedi 24 décembre), il compte bien ouvrir une boutique dans le 17e arrondissement. Le chef envisage également d’ouvrir un commerce à Londres, Genève et New York.

Peintures de Paris

Pop-up store au 78 rue de Turenne, ouvert jusqu’au samedi 24 décembre 2022