Posté le 10 février. 2022 à 11:18

En novembre dernier, le Crédit Mutuel a provoqué un petit tremblement de terre dans le monde opaque de l’assurance de prêt en supprimant les questionnaires de santé pour ses clients fidèles (depuis au moins 7 ans dans le réseau). Cette initiative semble avoir inspiré le législateur. Députés et Sénateurs viennent de se mettre d’accord, en commission paritaire, sur la suppression de ce questionnaire pour certains emprunteurs, quelle que soit leur banque ! C’est un grand pas en avant, car les réponses pourraient entraîner des primes supplémentaires et augmenter le taux d’endettement en conséquence. Seul l’âge influe sur le taux d’assurance : plus l’emprunteur est âgé, plus il est susceptible de souffrir de maladie ou d’invalidité.

La moitié des emprunteurs concernée

Il faudra tout de même remplir deux conditions pour être exempté de ce fameux questionnaire : le crédit immobilier doit être inférieur à 200.000 euros – le Sénat avait voté 350.000 euros, mais cela concernerait la quasi-totalité des crédits, aussi -certainement aux yeux du public . députés – et leur mandat doit être antérieur au 60e anniversaire de l’emprunteur. « Cette mesure s’applique à la majorité des emprunteurs chez Vousfinancer [et chez les concurrents], se félicite-t-il le courtier en crédit. 52% des dossiers accordés en 2021 portent sur des montants de prêts inférieurs à 200 000 euros. Le montant moyen du crédit de financement est de 196 870 euros (pour un âge moyen de 37 ans), mais il descend à 173 630 euros chez les primo-accédants, dont l’âge moyen est de 33 ans ».

Assurance de prêt : la fin du questionnaire médical pour les crédits inférieurs à 200 000 eurosYoufinance

Droit à l’oubli ramené à 5 ans

Dans le même temps, le droit à l’oubli est divisé par deux et réduit à 5 ans. Elle permet aux personnes ayant souffert d’un cancer ou d’une pathologie hépatique de ne pas le mentionner dans le questionnaire de santé, et donc de ne pas être pénalisées par des surprimes ou une exclusion de la couverture. Instauré en 2015 avec la Convention Aeras (Assurance et crédit avec un risque accru pour la santé), le droit à l’oubli existe depuis 10 ans.

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Ainsi, les candidats au prêt en bénéficieront si le protocole thérapeutique est achevé depuis plus de cinq ans. « Les progrès qui ont été réalisés au profit des assurés, et notamment des personnes ayant souffert de pathologies ou luttant encore contre la maladie, sont historiques et viennent à bout d’un grand nombre de cas injustes. Nous pouvons être fiers du travail qui a été accompli, qui profitera à des millions d’emprunteurs », s’est réjouie la sénatrice Sophie Primas (CD), présidente de la commission des affaires économiques. Le texte sera de nouveau discuté à l’Assemblée et au Sénat la semaine prochaine, mais il devrait être accepté tel quel, la loi étant soutenue par le gouvernement.

La résiliation « à tout moment » également adoptée

Autre point clé, très attendu et qui profitera à tous : l’Assemblée nationale a enfin consacré le droit de résilier à tout moment une assurance de prêt. Il ne sera plus nécessaire, pour ceux qui obtiennent des prêts après la publication de la loi, de renégocier leur assurance de prêt dans les 12 mois suivant la réception de leur crédit, ou à la date anniversaire. Désormais, l’option de résiliation s’aligne sur les autres assurances du quotidien (auto, habitation, etc.) « Seule la concurrence entre les acteurs bancaires traditionnels, qui pratiquent des tarifs deux ou trois fois plus chers, avec des assureurs externes peut être favorable à la Conséquence, les emprunteurs peuvent espérer des économies de plusieurs milliers d’euros selon leur profil », précise Olivier Moustacakis, co-fondateur d’Assurland.com. D’après les exemples fournis par le comparateur, c’est possible avec un emprunt de 50 ans. vieux couple, fonctionnaires qui veulent emprunter 300 000 euros, économisent au total près de 17 500 euros avec une délégation d’assurance.