Assurance auto : ce que l'assureur fait vraiment de mon argent

Chaque année, le montant de la prime d’assurance auto augmente. En cause, des sinistres plus coûteux, des pièces détachées et des réparations toujours plus chères, expliquent les assureurs. Mais concrètement, comment est utilisé l’argent que vous leur versez ? MoneyVox vous aide à y voir plus clair.

Année après année, le montant moyen de la prime d’assurance automobile augmente : 437 euros HT en 2020, soit 17 euros de plus qu’en 2012 selon France Assureurs (FA), qui représente les grands acteurs du secteur. Une augmentation justifiée, selon eux, par le coût des sinistres qui ne cesse d’augmenter malgré la diminution du nombre d’accidents, et par l’augmentation du prix des pièces détachées et des réparations. Aujourd’hui, les primes d’assurance automobile représentent un chiffre d’affaires annuel de 20 milliards d’euros. Un marché colossal dans lequel il n’est pas toujours facile de savoir exactement ce que font les assureurs des primes versées par les conducteurs.

Lorsqu’une personne assure son véhicule et paie 100 euros de prime à son assureur, une partie non négligeable de ce coût sert à payer des sinistres mais aussi des impôts et autres cotisations obligatoires. Une extrémité sert également à recruter de nouveaux clients. Explications.

Prime pure et charge de risque

Prime pure et charge de risque

Premièrement, nous voulons garder la prime pure. Elle couvre le risque pris par l’assureur pour vous couvrir. À cela s’ajoutent les frais de sécurité qui permettent à l’assureur de faire face à des sinistres plus importants que prévu. Le compte de sinistres ne cesse d’augmenter, à l’exception de 2020 qui a été caractérisée par le confinement. Ce dernier a coûté 14,6 milliards d’euros en 2010 et 18,4 milliards d’euros en 2019. Dans le même temps, les primes acquises sont passées de 18,3 à 22,8 milliards d’euros pour 38 millions de véhicules assurés selon les chiffres publiés par la police du secteur des assurances, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Le prix des pièces détachées ne cesse d’augmenter : selon Sécurité et Réparation Automobile (SRA), organisme proche des assureurs, il a augmenté de 5,8% en 2020 (+7% pour Peugeot, +2% pour Renault et +7% pour Citroën . par exemple).

Ces deux postes de dépenses, la prime pure et le coût du risque, représentent environ 60 % de l’utilisation des sommes perçues par les compagnies d’assurance. Selon les estimations de France Assureurs pour MoneyVox, cela correspond en moyenne à 59,30 euros, qui serviront donc à indemniser l’assuré des dommages matériels ou corporels que lui-même ou un tiers pourrait subir.

Frais de gestion et frais d’acquisition

Frais de gestion et frais d'acquisition

Viennent ensuite les frais de gestion qui comprennent la partie administrative de la gestion du sinistre, de l’ouverture du dossier au paiement de l’indemnité, en passant par l’analyse des pièces, les expertises ou rendez-vous techniques et les -en relation avec un réseau de réparateurs. . Ils couvrent également les salaires des téléconseillers, par exemple, des immeubles ou des agences… En effet, des acteurs historiques comme les mutualistes Maif, Macif, Maaf, GMF, qui pèsent un contrat sur deux dans le secteur, ont souvent de fortes la gestion. .

Il y a aussi les coûts dits d’acquisition, c’est-à-dire les offres commerciales ou marketing déployées pour attirer les clients, mais aussi la rémunération des courtiers ou agents d’assurance. Les néoassureurs, par exemple, s’appuient sur le marketing, la publicité en ligne, la data, les réseaux sociaux. C’est aussi dans cette case que les néo-assureurs limitent les coûts grâce à un parcours 100% digital sur une application mobile.

FA estime que les frais de gestion et d’acquisition représentent en moyenne 12,40 euros pour 100 euros versés. Un personnage interrogateur. Selon le comparateur Assurland, l’ensemble de ces frais représente pas mal de 20% du coût de la prime d’assurance auto. C’est ce que confirment les chiffres de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). De plus, selon elle, les frais de gestion et d’acquisition sont passés de 3,3 milliards à 4,6 milliards par an, entre 2010 et 2020, soit une augmentation de 39% en 10 ans, pour tous les assureurs.

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Il reste cependant difficile de les dissocier car « la répartition des frais de gestion et des frais d’acquisition varie selon le modèle économique de l’assureur », analyse Olivier Moustacakis, co-fondateur d’Assurland.

Les taxes

Les taxes

Le niveau d’imposition varie selon les garanties détenues : 35 % sur la responsabilité civile et environ 20 % pour un contrat tous risques par exemple. « L’application des taxes est assez complexe car certaines ne s’appliquent qu’à certaines garanties et d’autres à la prime totale, souligne Olivier Moustacakis. En général, l’assureur indique un montant global HT et TTC qui varie d’un contrat à l’autre et n’indique pas le détail de chaque garantie. »

C’est ce qu’on appelle la TSCA (Taxe Spéciale sur les Conventions d’Assurance). Il ne représente que 18,30 euros de prime. Comprend les cotisations complémentaires : Fonds de garantie de l’assurance obligatoire de dommages, Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et autres infractions (5,90 euros par contrat et par an) et autres infractions, Fonds de prévention des risques naturels majeurs (dit « Fonds Barnier »).

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A ces 18,30 euros de taxes, il faut ajouter 10 euros de taxes supportées par l’assureur du fait de son activité : la contribution sociale de solidarité des entreprises, la TVA intégrée dans les sinistres… Selon l’évaluation de France Assureurs, sur 100 euros de prime payée par un assuré, 28,30 euros au total servent à financer diverses taxes et prélèvements.

Mon assureur auto fait-il des bénéfices ?

Mon assureur auto fait-il des bénéfices ?

Mais au bout du compte, que gagnent les compagnies d’assurance sur les contrats automobiles ? Le secret est bien gardé semble-t-il et les données fournies par les organismes de contrôle n’offrent qu’une réponse théorique. Avec l’assurance automobile, « nous sommes sur un marché très concurrentiel, pointe Alexis Merkling, responsable du département marché des particuliers chez France Assureurs. Par conséquent, le ratio combiné et le résultat technique sont utilisés pour analyser le marché. »

La première exprime le rapport entre le coût des sinistres et les frais de gestion supportés par l’assureur d’une part, et les cotisations perçues par l’assuré d’autre part. Mais ces dernières années, le ratio combiné était en moyenne de 101,3 sur 6 ans selon les données fournies par les assureurs à l’ACPR, la police du sceteur. Seule l’année 2020, et le long confinement, a fait exception avec un ratio combiné inférieur à 100. « Si le total est supérieur à 100, cela signifie que l’assurance n’est pas rentable et que ses coûts sont supérieurs à ses revenus », explique Pierre Thérond, maître de conférences à l’Institut des sciences financières et des assurances (ISFA) de Lyon.

A cela, il faut ajouter le résultat technique qui comprend aussi une partie des produits des placements financiers des assureurs, décrypte Arnaud Chneiweiss, le médiateur des assurances. Celle-ci est cependant positive avec +7,4% en 2020 et une moyenne de +3,2% par an depuis 2012.

Mais malgré les profits dégagés par les investissements sur les marchés financiers (entre 900 millions et 1,4 milliard par an sur la période 2012-2020), les assureurs dégagent des marges négatives (surtout chez les grands acteurs du marché où la sinistralité est aggravée) ou proches à zéro. Ce manque à gagner est principalement dû à l’augmentation du coût des sinistres et du coût des réparations. « L’assurance auto est un produit d’appel », conclut Olivier Moustacakis du comparateur Assurland.com. Il est utilisé pour recruter de nouveaux clients. « Et, dans la foulée, de leur vendre des contrats – logement, accident de la vie, protection juridique ou assurance-vie – jugés plus rémunérateurs par les entreprises.

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