Accident de parapente à Quittebeuf : pilote libéré, les organisateurs interviennent

En mai 2019, une femme est décédée à Quittebeuf (Eure) lors d’un vol en parapente. Poursuivi pour homicide involontaire, le pilote a été libéré le jeudi 8 septembre 2022.

Par Thomas Gilbert

Publié le 14 sept. 22 à 11:26

Poursuivi pour homicide involontaire, le pilote, qui a miraculeusement survécu, a finalement été relaxé au tribunal d’Évreux jeudi 8 septembre, en raison des multiples manquements des organisateurs. Le 5 mai 2019, une femme de 46 ans est décédée à Quittebeuf, près du Neubourg (Eure) après avoir fait une chute de 30 mètres lors d’un vol en parapente.

Les faits se sont déroulés vers 15 heures lors d’une journée consacrée aux baptêmes. Le relief étant plat, la voile était tirée par un véhicule qui utilisait un câble, comme un cerf-volant qui, une fois lâché, pouvait voler. Le starter a donné le feu vert et Sonia, 46 ans, de Sotteville, a quitté le terrain en compagnie de Luc H., un pilote expérimenté de 67 ans avec plus de vingt ans de licence au compteur.

Malgré deux faux départs précédents, le vol s’est d’abord bien déroulé. Puis soudain, à 30 mètres du sol, le parapente dévie à gauche et le câble à droite à cause d’une rafale transversale. La partie gauche de la verrière s’est donc effondrée et a provoqué la chute mortelle.

Selon les premières constatations, l’hypothèse du mauvais temps pourrait être écartée. Le vice-président de l’association organisatrice de parapente a également confié aux gendarmes avoir entendu « Arrêtez de treuiller ! « quatre fois ». Cela a été confirmé par le starter chargé de donner le feu vert. Un starter qui a pourtant « appris » que le pilote avait tenté de « tourner un frein » (chute chute) pour résoudre un problème. Enfin, un spécialiste de la Fédération française de vol libre a déclaré que « Luc H. avait lâché le contrôle à cause d’un coup de frein ». D’où son défi.

« Le treuilleur aurait dû sectionner le câble »

« Le treuilleur aurait dû sectionner le câble »

Pourtant, le 13 janvier de cette année, alors que rien n’était encore clair, le tribunal a renvoyé l’affaire à septembre et a demandé un expert. D’autant plus que le célèbre spécialiste s’est basé sur ce qu’on voulait lui dire.

Là, rebondissement, l’expert reconnu, basé en Savoie, a clairement acquitté le pilote et débordé les organisateurs, car selon lui « tout est jeté sur le pilote pour réduire la responsabilité des autres participants ». Manque de radios (le deuxième démarreur n’en avait pas et celle de disponible était sur la mauvaise fréquence), vents erratiques, pas de briefing pré-vol du treuilliste, ruée sur les retards successifs et les dix-sept autres vols à faire sans les solos.. .

À Lire  Musculation : 6 conseils d'expert pour sculpter un dos fort et volumineux

La liste des plaintes est longue, très longue. Concrètement, l’expert blâme donc les starters qui n’ont rien vu sur le moment, aussi et surtout le treuilliste, qui aurait dû couper le câble. « En tant que pilote, vous devez treuiller. Il suffit de couper le câble pour reprendre le contrôle du parapente », confirme Luc H. à la barre avant qu’il ne s’effondre réellement. « J’ai passé 3 mois à l’hôpital avec beaucoup de déchets dans l’estomac et personne n’a entendu parler de moi ! Je ne pouvais pas marcher et je ne pouvais même pas me souvenir de mon numéro de carte de crédit. Quand tu penses à tous ces gens qui veulent te pousser ! cria-t-il d’une voix pleine d’émotion.

Réorientation des poursuites ?

Réorientation des poursuites ?

Et de se rappeler qu’il n’oubliera jamais la victime et les moments qui ont précédé sa mort en tant que pilote.

« Il y a quelque chose d’inachevé. Nous espérons qu’un jour justice sera rendue aux responsables du barreau », a déclaré l’avocat du compagnon de la victime, Me Auckbur, dans un communiqué. Egalement surpris de constater que les parties en cause et l’association n’étaient pas poursuivies, Me Dezellus, conseil des proches et proches, a néanmoins ajouté : « L’accusé n’est pas entièrement responsable, mais il fait partie du problème. Il a connu les pannes et a persévéré. malgré les deux départs ratés.

Quant au parquet, il a demandé ni plus ni moins la libération, exhortant le parquet à faire le point pour réorienter le parquet.

Enfin, l’avocat de la défense, Me de la Grange, lui-même parapentiste, a notamment plaidé : « Mon confrère est d’avis que le prévenu aurait dû se rendre compte de la situation. Cependant, quand on est sanglé dans le mouvement d’horlogerie et qu’on vous demande de vous dépêcher avec un véhicule à 350 mètres, ce n’est pas si facile. Ça va très vite et l’accident s’est produit en 40 secondes. Le représentant de la Fédération de vol libre, qui n’a pas vu l’enregistrement vidéo lors de l’incident et n’a pas entendu le pilote, a néanmoins envoyé un signalement aux gendarmes. Il n’est en aucun cas un expert, mais un technicien. Si le treuil avait été poursuivi par le ministère public, il ne peut être exclu que le pilote soit du côté des victimes. A l’issue des débats, Luc H. a été relaxé.