L’abstinence sexuelle ou l’arrêt de toute relation sexuelle, pour des raisons médicales ou non, a de nombreux effets sur notre corps. Quelles sont les conséquences physiques et psychologiques ? Y a-t-il des avantages ? Explications avec Anne-Marie Lazartigues, sexologue.

Définition : qu’appelle-t-on « abstinence sexuelle » ?

L’abstinence sexuelle consiste à interrompre toute relation sexuelle pendant une période plus ou moins longue. Plusieurs raisons peuvent conduire à la pratique : des raisons religieuses, sociales ou simplement de santé (en cas d’infection). Elle peut également être recommandée cliniquement, par exemple avant une FIV chez l’homme. Mais ce n’est pas sans conséquences sur notre corps et notre couple.

Conséquences sur le corps

Chez les hommes, pour commencer, « il y a des conséquences sur la qualité du système érectile si l’abstinence se prolonge », explique Anne-Marie Lazartigues, sexologue à Paris. L’homme aura plus de mal à maintenir des érections. Ceci est encore plus important si l’homme est âgé. De plus, une étude du réseau JAMA publiée en 2004 indique que le risque de cancer de la prostate diminue chez les hommes qui éjaculent fréquemment et régulièrement par rapport à ceux qui éjaculent rarement, en particulier chez les hommes plus âgés. Chez les femmes, aucune conséquence n’a été observée sur le corps, sauf psychologique. En effet, chez les hommes comme chez les femmes, le sevrage entraîne une diminution de la libido et augmente le stress et la tension artérielle.

Conséquences sur le couple

« D’habitude, l’abstinence qui s’installe dans le couple est un mauvais signe », explique la sexologue. Selon elle, faire l’amour augmente la bienveillance et le lien entre les deux partenaires : « si l’acte sexuel mène au plaisir, c’est parce que nous sécrétons de l’ocytocine, de la dopamine et des endorphines », explique-t-elle. Ce cocktail entraîne une sensation de bien-être et donc des effets très positifs sur le couple. « S’il n’y a plus de relation, petit à petit, la bienveillance entre les deux partenaires va disparaître », explique-t-il. De plus, sans ces sécrétions hormonales, on tolérera moins de stress, la tension artérielle augmentera. « Si l’abstinence s’installe, une baisse de libido s’ensuit, et c’est un cercle vicieux », explique Anne Marie Lazartigues. Pour les femmes, se sentir moins désirable a plus de conséquences. Je marche dans le regard de l’autre », se souvient la sexologue.

À Lire  Naturopathie : Bien écrit pour mieux prendre soin de soi !

En cas d’infection, mieux vaut pratiquer l’abstinence.

Bienfaits chez la femme

En cas d’infection, l’abstinence est évidemment « souhaitable, voire obligatoire pour bien se remettre d’une infection grave », rappelle la sexologue. C’est également le cas après un accouchement difficile qui s’est soldé par une déchirure : les rapports sexuels sont déconseillés tant que la cicatrisation n’est pas complète. En cas de fausse couche, il est également indispensable de ne pas faire de rapport tant que le saignement persiste, pour éviter une infection. Cela peut prendre entre deux semaines et un mois après la fausse couche. « Mais toutes ces situations sont exceptionnelles », rappelle la sexologue. « Dans la vie de tous les jours, je ne vois aucun avantage autre que de s’assurer de ne pas tomber enceinte si on ne le veut pas et d’éviter les infections sexuellement transmissibles. »

Bienfaits chez l’homme

Chez les hommes, il n’y a pas de bénéfices reconnus de l’abstinence, au contraire, il est important d’éjaculer régulièrement. Bien sûr, en cas d’infection ou de maladie sexuellement transmissible, l’abstinence reste indispensable en attendant la guérison.

Abstinence avant FIV

Avant une FIV ou un don de sperme, il est recommandé de ne pas avoir de rapport sexuel quelques jours avant. Grâce à cela, le sperme est disponible et de bonne qualité lors du prélèvement. Chez les femmes également, l’abstinence sexuelle est recommandée dans les trois jours précédant le prélèvement des ovocytes. Mais il est inutile de s’abstenir plus longtemps.

Merci à Anne-Marie Lazartigues, sexologue à Paris.