L’évolution des pratiques et la sensibilisation au bien-être animal, la lutte contre l’agriculture intensive et l’abattage des animaux nécessitent parfois un signalement. Preuve en est avec cette histoire racontée par Les Pieds sur Terre, l’émission phare de France Culture qui explique la France comme personne ne le fait sur les ondes. Trois ans après avoir diffusé un reportage sur la lactation de longue durée du chevrier Jean-Yves Ruelloux, la journaliste Inès Léraud revient le voir pour voir comment son témoignage a inspiré ceux qui ont croisé sa route.

Comment faire du fromage de chèvre, sans imposer des gestations à répétition à ses chèvres, sans envoyer ses enfants à l’abattoir, et gagner quand même assez d’argent pour vivre ? Jean-Yves Ruelloux a trouvé la solution : c’est la lactation longue, une méthode qui permet de traire les chèvres toute l’année, sans donner naissance à des chevreaux.

La journaliste Inès Léraud a mis en avant cette méthode dans l’émission de France Culture, Les Pieds sur Terre, après avoir rencontré le chevrier en plein hiver sur un marché de Rostrenen, en centre Bretagne. Puis, ce dernier explique, au micro, comment il pratique la lactation longue avec ses 17 chèvres et les avantages qu’il retire de cette méthode : frais vétérinaires quasi inexistants, chèvres qui ne sont plus envoyées à l’abattoir, chèvres qui meurent dans la sa ferme et un revenu faible mais suffisant pour vivre.

Après la diffusion de son témoignage, 120 personnes se sont approchées du fin fond de la Bretagne pour s’entraîner avec cet éleveur, dont des végétaliens. Cela a changé sa vie, celle de oient.gels et de nombreuses chèvres. On vous explique tout dans un nouveau podcast. https://t.co/4hW9WfSM3a

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« On n’a plus l’impression de produire, on a l’impression de partager la vie avec des animaux et d’échanger des services les uns avec les autres », explique le chevrier au micro de France Culture.

Éleveurs, chercheurs et véganes : tous conquis par la méthode du chevrier

3 ans plus tard, Jean-Yves Ruelloux est toujours chevrier. Mais en plus de son troupeau de chèvres, il y a un troupeau d’humains sur sa ferme. Car après la diffusion du reportage, environ 120 personnes l’ont contacté pour en savoir plus sur cette méthode. De futurs agriculteurs, des éleveurs qui veulent adopter cette méthode, des journalistes, des chercheurs, des curieux et curieuses, voire des végétaliens, disent aux Bretons qu’ils seraient prêts à manger du fromage s’il était fabriqué dans ces conditions.

Jean-Yves Ruelloux a également bénéficié de cette exposition médiatique. « En 2019, j’ai vu pas mal de monde. Il attendait tranquillement sa retraite définitive. J’avais tendance à être un peu sans voix, j’avais littéralement du mal à m’exprimer car je ne m’exprimais plus. Il aurait pu bêler plus facilement », confie le chevrier qui a depuis accueilli trois nouvelles chèvres dans son troupeau.

Si la lactation prolongée reste une forme d’exploitation des animaux pour la consommation humaine, elle offre néanmoins de nouvelles voies pour sauver les chèvres et les chevreaux d’un abattage systématique et de conditions de vie bien plus difficiles.

Pour écouter le reportage d’Inès Léraud, diffusé dans l’émission Les Pieds sur Terre, cliquez ici.