Correction en ligne des copies du baccalauréat : Santorin et l'illusion du "progrès"

Comme en 2021, les événements spéciaux des 11, 12 et 13 mai seront corrigés sur la plateforme de Santorin. Les élèves écrivent sur des copies imprimées, qui sont ensuite numérisées. Les enseignants n’ont pas accès aux copies imprimées.

Détérioration des conditions de travail

Pour les lecteurs, Santorin entraîne une détérioration des conditions de travail. Les collègues doivent passer plusieurs heures par jour, plusieurs jours d’affilée, devant leurs écrans, ce qui présente un risque pour la santé et un stress au travail. La mise à jour numérisée rend également difficile le classement des copies pour comparer et ajuster les cotes.

Supervision et incapacité à planifier les travaux d’assainissement

Le choix du numérique permet de mettre en œuvre la logique managériale de suivi des enseignants dans le travail de correction. La collecte de statistiques sur les scripts corrigés, en temps réel, vise à suivre le travail. Les groupes sont parfois réaffectés lors d’une correction.

La numérisation des copies les rend souvent inutilisables dans un premier temps, ce qui nécessite un premier travail préliminaire et complémentaire de certification des copies au début de la correction.

C’est aussi un obstacle au droit de grève car les copies des grévistes peuvent être directement redistribuées à d’autres correcteurs.

Coût économique et environnemental

Ce système de correction numérique a un coût environnemental important : la production des machines nécessaires, la numérisation de millions de pages de copies de candidats, les consultations en ligne, le stockage des données, et la réimpression éventuelle des copies. La numérisation, et notamment l’archivage en ligne des copies, nécessite une quantité importante d’électricité, consommation d’énergie incompatible avec la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

– interrompre le logiciel Santorini et les procédures associées dès que possible ;

– jusqu’à cet abandon, la possibilité pour les collaborateurs d’accéder aux originaux imprimés s’ils en font la demande, dès leur numérisation ;

– répartition individuelle de tous les lots dès le début de la période de correction, sans modifications ultérieures (hors absence de collègues ou correction d’erreurs de répartition par la direction), afin d’organiser leur travail ; le nombre d’exemplaires à corriger doit être indiqué sur convocation du correcteur et relecteur sans rajout au cours de la procédure ;

– retrait de la réforme de Blanker de la Matura.

SUD éducation recommande aux relecteurs de ne pas enregistrer de notes sur la plateforme avant la réalisation des travaux correctifs (donc : ils ne les marquent pas à l’endroit prévu mais, par exemple, temporairement dans le texte de remerciement). C’est l’enregistrement des notes qui permet de considérer la copie comme corrigée et de collecter les données sur le taux de correction. Les professeurs de philosophie ont décidé ensemble de cette ligne de conduite en juin 2021 : imprimer des copies et prendre des notes en gros le dernier jour.

Sur l’usage du numérique dans l’éducation nationale, SUD Education revendique :

– diffusion de l’ensemble numérique pour une utilisation raisonnable des outils informatiques ;

– généraliser l’utilisation de systèmes d’exploitation et de logiciels économes en énergie et pérennes sur vos équipements informatiques, favoriser la gratuité des logiciels et des réparations, embaucher du personnel formé à la maintenance et à la maintenance des outils informatiques ;

– mise en place de la collecte et du tri numérique des déchets ;

– l’intégration des enjeux environnementaux numériques dans les programmes scolaires.

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