Comment pouvons-nous inciter notre cerveau à développer des habitudes alimentaires plus saines ?

Au moment des repas, êtes-vous pleinement conscient que vous mangez ? A l’heure où il n’est pas rare de manger vite, derrière son écran ou en réunion, l’alimentation consciente nous apprend que non, manger sur le pouce n’est pas bon.

Depuis plusieurs années, une tendance semble s’implanter de plus en plus dans le paysage du bien-être. C’est une alimentation consciente. On vous explique ce que c’est et vous donne 5 clés pour l’adopter au quotidien et renouer avec un rapport plus positif à la nourriture.

Le mindful eating, kesako ?

Le mindful eating, kesako ?

Ainsi, manger en pleine conscience, c’est manger en pleine conscience. A mi-chemin entre méditation et régime, le but de cette pratique est de ralentir, de prendre le temps de savourer chaque bouchée. Son objectif n’est absolument pas de perdre du poids, mais de trouver un moyen de faire la paix avec notre rapport à la nourriture et à notre propre corps.

Isabelle Taquin, experte en alimentation consciente, s’est exprimée sur le sujet au micro de la RTBF : « On ne promet jamais aux gens qu’ils vont maigrir, même si ça s’accompagne parfois d’une perte de poids ». . »

5 manières de piéger notre cerveau

Dans une interview accordée au journal britannique The Guardian, Charles Spence explore et donne 5 astuces pour reprogrammer notre cerveau afin de développer de meilleures habitudes alimentaires. Il est professeur de psychologie à l’Université d’Oxford et est un expert dans la recherche sur nos comportements alimentaires. Il étudie comment nos choix et comportements alimentaires sont liés à la façon dont nous voyons la nourriture et comment son apparence, son odeur, sa consommation et plus encore peuvent influencer les décisions que nous prenons à son sujet.

Utiliser des couverts plus lourds, voire même s’en passer

Si l’astuce consistant à servir les repas dans une assiette plus petite pour donner l’impression de manger plus est connue, il s’avère que les couverts ont aussi leur rôle à jouer. Utiliser des couverts plus lourds, voire s’en passer, nous rendrait plus conscients que nous mangeons. « Avec une fourchette, l’acte est automatique, tandis qu’avec nos mains, nous devenons beaucoup plus conscients des actions que nous effectuons. » C’est ce qu’a fait le chef espagnol Adoni Aduriz, où les couverts ont disparu pour que ses clients puissent « réfléchir plus profondément à la façon dont ils interagissent avec la nourriture ».

Rendre le repas le plus sensoriel possible

En prenant le temps de vraiment savourer chaque bouchée, chaque odeur, en touchant les aliments pendant la cuisson ou même en mangeant, on prend conscience de ce que l’on mange  » En plus de jouer avec notre sensation de satiété, considérer tous ces détails peut réellement améliorer notre relation avec de la nourriture » explique le professeur Spence « Nous pouvons, grâce à cela, améliorer nos sensations et donc nous contenter de moins ».

Par ailleurs, il rappelle l’importance de l’odorat dans le goût « 75 % à 95 % de ce que l’on goûte vient de l’odorat ! L’odorat est donc d’une importance primordiale dans notre rapport à la nourriture. Mais nos habitudes n’en tiennent pas compte. », si vous prenez un café à emporter, le couvercle empêche les arômes et les odeurs du café de vous parvenir et vous manquez tout un pan de l’expérience », déplore-t-il.

On mange avec les yeux

Si l’odorat occupe une place importante dans notre expérience gustative, la vision n’est pas en reste ! C’est pourquoi nous mettons tout dans la présentation et la sauce, car la simple vue d’un plat bien servi ouvre l’appétit et augmente donc notre plaisir à l’heure du repas.

De l’importance de la première bouchée

La première bouchée de notre repas s’avère être de la plus haute importance ! C’est elle qui va d’abord exciter nos papilles et donner le ton. « Et même si les suivants sont légèrement différents, notre cerveau ne distinguera pas les changements significatifs et donc tout nous semble similaire », explique le psychologue. Dans cette idée, encore une fois, profiter du temps entre chaque bouchée, savourer chaque ingrédient permet de recréer en permanence cette sensation de la première bouchée.

Et d’un point de vue diététique, on peut aussi remplir ce morceau d’aliments « malsains » au maximum et ainsi enfermer notre cerveau.

Une ambiance sonore soignée

Enfin, vous l’aurez compris, nos sens guident inconsciemment nos repas. L’ouïe joue également un rôle dans nos choix alimentaires. « Sur le plan marketing, il a été prouvé que vous pouvez influencer les consommateurs avec de la musique. » dit Charles Spencer. Nous avons tendance à boire jusqu’à 30 % de plus si nous étions exposés à de la musique forte. Il est de plus en plus évident que le bruit fort déclenche des comportements alimentaires moins sains « ce qui pourrait être dû au fait qu’il y a tellement de bruit que vous ne pouvez pas vraiment goûter ce que vous mangez », suggère Spencer. Le genre musical compte aussi : écouter du jazz et de la musique classique augmenterait les préférences des gens pour des aliments sains, tandis que le rock américain, par exemple, nous dirigerait davantage vers un hamburger et des frites.

Une modification de nos comportements d’achats ?

Une modification de nos comportements d’achats ?

Dans ce contexte, la psychologue se demande si cela peut également influencer la manière dont nous effectuons nos achats. Dans une étude menée par des chercheurs portugais, un supermarché a reproduit des sons marins (bruits de vagues, de mouettes, etc.) près du comptoir de poisson et a constaté que les ventes de poisson augmentaient considérablement. « Nous savons qu’être exposé à la nature est bon pour le bien-être mental, et je ne peux m’empêcher de me demander si toucher à ces paysages sonores changerait notre façon de magasiner », demande Charles Spencer.

Et selon sa théorie et la logique marketing qui la sous-tend, un magasin véhiculant des atmosphères ou des sons de la nature amènerait ses clients à faire des choix alimentaires plus sains. Cela pourrait donc résoudre le problème à la source elle-même. A l’heure où l’obésité est la première cause de décès dans le monde, ces solutions pourraient changer la donne…

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