Comment mettre votre imagination au service de votre prière

L’imagination n’est pas un obstacle pour prier, au contraire ! Le frère Baptiste de l’Assomption, rédacteur en chef de la revue “Carmel”, nous donne trois conseils pour faire de son imagination un canal de la grâce de Dieu.

L’imagination n’est pas un obstacle pour prier, au contraire ! Le frère Baptiste de l’Assomption, rédacteur en chef de la revue “Carmel”, nous donne trois conseils pour faire de son imagination un canal de la grâce de Dieu.

L’imagination des saints, loin de les aliéner de la réalité, les y ancre de manière plus radicale pour y répandre la charité. Jean-Paul II a eu besoin d’une imagination particulièrement docile à l’Esprit pour « imaginer » les JMJ avec Lui et les concrétiser. Il a fallu à Mère Teresa une imagination complètement purifiée par la grâce pour entendre le cri de soif de Jésus résonner dans le cœur des pauvres de Calcutta.

L’imagination, parfois méprisée, est une zone de notre humanité qui, travaillée et purifiée par la prière, devient le canal par lequel la grâce de Dieu se déverse dans le monde. C’est la première faculté que la lumière et les ténèbres se disputent dans notre âme. C’est par elle que Jésus nous attire à lui — par des rencontres significatives, des films chrétiens, des paroles qui nous touchent, une liturgie priante, etc. C’est par elle que le diable cherche à nous abattre — par des fantasmes délirants, des images qui nous souillent. , etc. L’imagination est aussi le dernier rempart qui résiste à l’œuvre de la grâce dans notre chemin de sanctification. Thérèse d’Avila, tout en avançant sur le chemin de la sainteté, continue de souffrir des « distractions » de son imagination pendant les temps de prière. Mais il arrive un moment, au moins transitoire, où l’imagination se calme. Elle s’adapte progressivement à Dieu. Les rayons de sa gloire commencent à briller à travers elle. Comment y faire face? En l’amadouant, en le mortifiant et en l’utilisant dans la foi.

1Amadouer l’imagination par une bonne détente

La première tâche du chrétien, à l’égard de son imagination, consiste à en prendre soin. Elle est un jardin dans lequel diverses graines peuvent être plantées. Ou des plantes de la mort, qui la feront périr. Ou des plantes de vie qui la conduiront à Dieu. C’est par un déclencheur illusoire — vidéos stériles, publicité, animosité, etc. — que bien souvent des graines mortelles sont plantées dans notre imaginaire. Le premier combat spirituel, pour le soin de notre imaginaire, consiste donc à bien le nourrir, à bien le détendre. L’image merveilleuse de la Création divine, par une balade en forêt par exemple, la lecture d’un excellent livre ou le visionnage d’un beau film, comme le Seigneur des Anneaux, sont autant de victoires remportées sur les ténèbres au service de notre imagination et notre sanctification.

2Mortifier l’imagination par les Écritures

Mais l’imagination ne peut devenir sainte sans passer aussi par le goulot d’étranglement de la Croix. Il est douloureux pour notre imagination d’être travaillée, modelée, pétrie par la puissance divine. Elle doit cependant y consentir. Pour cela, le meilleur exercice consiste à lire avec persévérance les Saintes Ecritures. L’imagination y trouve moins d’aliments facilement comestibles. Un obscur travail de digestion ne lui est pas épargné. On ne dira peut-être jamais assez que la méditation quotidienne de la Parole de Dieu est un exercice difficile et parfois douloureux. Mais sans elle, Mère Teresa n’aurait jamais pu reconnaître la présence de Jésus dans les pauvres, la petite Thérèse n’aurait jamais pu comprendre sa vocation qui est d’être amour au cœur de l’Église. Les Écritures sont inspirées de telle manière que celui qui les lit devra laisser son imagination être façonnée par l’Esprit pour lui permettre d’imaginer le monde à la manière de Dieu. Aucun commentaire, aucune écriture spirituelle ne peut remplacer ce travail.

3Utiliser l’imagination comme icône de la vérité

Enfin, l’imagination nous fait parfois souffrir, lors des moments de prière, parce que nous ne la mobilisons pas assez. Il s’agit de l’utiliser, dans la foi, pour l’empêcher d’errer. Cet exercice est d’autant plus important que l’imagination nous permet de nous représenter les réalités célestes afin de nous les rendre plus accessibles. Lorsque, pendant mon temps de prière, j’imagine que la Vierge Marie jette sur moi le même regard d’amour qu’elle portait sur sainte Bernadette, mon imagination me représente — bien qu’imparfaitement — la stricte réalité de la foi. Cette foi devient alors plus tangible, plus concrète. Elle m’aide à grandir dans la charité. Quand, par l’imagination, j’imagine la présence d’un ange gardien à côté de celui que je ne peux plus supporter, cela me présente une icône de vérité, et m’encourage à grandir dans la charité.

Prenons donc soin de notre imagination par de saines relaxations, mortifions-la par l’exercice de la lectio divina et utilisons-la dans les temps de prière. Elle s’adaptera alors progressivement au monde de Dieu. Elle profitera, à sa manière, de ses lumières. Elle nous incitera alors à le louer, à l’aimer et à aimer nos frères avec lui.

Numéro 179 de la revue Carmel : « Imaginaire et vie intérieure ». Pour vous abonner au magazine, cliquez ici

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